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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 07:59

(CRP/Syfia) Conseillées par diverses associations, les Brazzavilloises analphabètes séropositives suivent généralement mieux leur traitement que les femmes lettrées. Ces dernières ont davantage tendance à se replier sur elles-mêmes.

"J’ai demandé aux enfants de régler la sonnerie de la pendule à mes heures de prises de médicaments : le matin à 8 heures et le soir à 20 heures. Je ne peux pas sortir de chez moi à ces heures sans prendre mon traitement", explique à ses consœurs malades Auguy*, la quarantaine, analphabète et séropositive depuis 2004.

Auguy, comme une soixantaine d’autres femmes, partage son expérience lors d'échanges interactifs organisés une fois par semaine par l’association Aide de Vie (A2V), sur le site de l’Eglise évangélique du Congo (EEC), dans le 2e arrondissement de Brazzaville. "J'observe le traitement, car je veux voir grandir mes petits-fils que je garde en absence de leur mère. J'ai peur de les quitter si je ne prends pas correctement mes médicaments", confie encore Auguy.

Au Congo, les analphabètes sont nombreuses à utiliser des moyens simples pour se souvenir des heures de leur prise de traitement. Une autre séropositive, âgée de 75 ans, qui a requis l’anonymat, se réfère quant à elle à l’horloge de l'église : "Lorsqu'elle sonne à 5 heures du matin, je prends ma première prise. La sonnerie du soir, à 17 heures, correspond à l’heure de la sortie des élèves des classes."

Eric Zinga, président d'A2V, précise : "Au cours des groupes de parole entre séropositives, nous leur parlons, entre autres, de la manière de vivre avec le VIH/Sida". Des discussions selon lui libératrices, puisqu'il observe un changement de comportement. "Pendant les échanges, nous sommes informées de toujours prendre les médicaments à des heures fixes pour ne pas donner de force au virus. Dès le réveil matinal, chacune de nous doit mettre sur sa table de chevet deux comprimés, pour les avoir en évidence", résume une participante à ces échanges.

"Peur d'être rejetées"

Résultat, selon Emeraude Bonheur, chargée de la prise en charge au sein d'A2V, les analphabètes séropositives observent mieux leur traitement que les séropositives lettrées : "Les femmes instruites oublient parfois le jour du rendez-vous. Elles nous disent qu'elles étaient 'occupées' ou 'en réunion'. Elles ont peur d'être rejetées et se replient sur elles-mêmes, ce qui freine l'observance thérapeutique."

De leur coté, les 45 membres (dont 4/5 sont analphabètes) de l'Association Femmes Plus du Congo (AFPC) utilisent des montres-bracelets réglés à des heures précises pour la prise des médicaments plutôt que des méthodes 'traditionnelles'. "Le coq peut aussi se tromper d'heure ! Cette façon de faire n'est donc pas très fiable... Bien qu'analphabètes, avec l'habitude, les femmes observent le sens des aiguilles de la montre et s'y retrouvent", indique Blandine Sita. La présidente de l'AFPC a elle aussi plus de mal à fidéliser les intellectuelles : "Elles se disent instruites et ont peur d'élargir le cercle de ceux qui connaissent leur état sérologique. Il n'y a pas un être aussi orgueilleux que la femme ! Celles qui subissent des échecs thérapeutiques ne reviennent plus..."

Le Réseau national des positifs du Congo (RENAPC), une plateforme de 25 associations des personnes vivant avec le VIH/Sida, observe cette même attitude : "Les intellectuelles pensent mieux connaître leur maladie que les analphabètes. Elles ne viennent pas aux groupes de parole", remarque Benoit Moudi. Directeur exécutif de ce réseau, il reste toutefois persuadé que "la plus grande éducation thérapeutique passe par les associations", ces dernières étant "au milieu des populations."

Une Enquête de séroprévalence et sur les indicateurs du sida au Congo, menée en 2009 par le Centre national de la statistique et des études économiques (CNSEE) en collaboration avec le Laboratoire national de santé publique (LNSP) semble confirmer ces impressions de terrain. Elle révèle que la séroprévalence est nettement plus élevée parmi les femmes ayant fréquenté l'école (5,3 %) que chez celles qui n'y ont jamais été (3,6%).

Flore Michele Makoumbou

Avril 2015

*Nom d’emprunt

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com