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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 16:08

(CRP/Syfia) Guillène Bibaya Malonda, journaliste à Pointe-Noire à MCRTV et membre du CRP/Syfia est décédée le 24 mai à Pointe-Noire des suites d'un accouchement difficile. Elle a été conduite en sa dernière demeure le 3 juin dernier.

"Des médicaments peuvent dissiper une douleur physique, mais comment allons-nous guérir de la douleur morale causée par le décès tragique de Guillène ?", s’est interrogé le 3 juin dernier dans son mot de circonstance, Francis Kassa-Boussougou, journaliste et président de Ami Radio, devant plus de 3 000 personnes, dont le préfet de Pointe-Noire Alexandre Honoré Paka, venus rendre un dernier hommage à Guillène Bibaya Malonda.

Guillène Bibaya, journaliste à Média concept radio télévision (MCRTV), chaîne privée de Pointe-Noire et membre du Centre de Ressources pour la Presse (CRP) et de Syfia depuis 2012, est décédée le 24 mai dernier après avoir accouché par césarienne d’une fillette : Georlande.

Dans la trentaine, Guillène était arrivée dans le monde de la presse comme stagiaire à Radio Pointe-Noire après l’obtention de son baccalauréat en 2000. Trois ans plus tard, elle débarquait à Ponton Fm, devenue aujourd’hui MCRTV à la suite de son rachat par un homme d’affaires congolais. "Elle était gentille, douce, toujours joviale, prompte à écouter et lente à la parole, ennemie de la polémique stérile, Guillène forçait l'admiration de ses collègues, tant du point de vue éthique et déontologique, que dans la pratique quotidienne de la profession", a témoigné Francis Kassa-Boussougou.

Reportages citoyens

Directeur général de MCRTV, Euloge Patrick Mvoumbi, l'appréciait, lui aussi : "Elle aimait le travail. Elle a même bravé les malaises de la grossesse et travaillait sans relâche." Même sentiment chez Solange Kibelolo, coordonatrice départementale du CRP dans le cadre d'un projet de l'Union européenne sur les droits des femmes rurales auquel Guillène participait en tant que journaliste. "Peu avant son accouchement, le dernier jour où elle est passée récupérer ses frais de reportage et sa dernière pige, Guillène m’a confié : 'coordo, je dois boucler mes interviews pour avoir des éléments qui me permettront de travailler calmement à la maison pendant mes congés de maternité... Sa disparition laisse un grand vide pour le projet et pour mon équipe de Pointe-Noire", a déploré Solange.

Son travail de journaliste, Guillène le faisait avec amour et opiniâtreté, reconnait Pierre Claver Mabiala, un acteur culturel : "Elle aimait fouiller l’information. C’est dire jusqu’à quel point elle aimait son travail. Dans le monde culturel, elle était aussi présente. Je l’ai d’abord connue comme comédienne." Dans ses reportages radios ou ses articles, Guillène abordait des sujets citoyens, d'utilité publique. "Grâce à elle, j’ai compris le caractère nocif des sacs plastiques. C’est dire qu’elle jouait pleinement son rôle de journaliste, celui de bien informer les populations", certifie Diane Cassandre Ngot, infirmière qu’elle interviewa l’année dernière à Dolisie. De son coté, en 2013, Marie Yolande Oniati, responsable de l’ONG Missionnaire Ami, après avoir lu l’article de Guillène sur la prise en charge des personnes du 3ème âge s’était écrié : "Son article est comme celui des Blancs !"

Virginie Nini, restauratrice basée non loin de MCRTV, avec laquelle elle avait l’habitude de lancer quelques blagues, pour sa part, révèle : "Je lui disais de m’apprendre le kituba. En tout cas, elle avait la maîtrise de notre langue nationale." Modeste, mais déterminée, Guillène ne se contentait pas des éloges dont la couvraient les auditeurs, téléspectateurs et lecteurs.

"Je dois encore apprendre"

A propos de la qualité de ses émissions et articles, Léon Jean Félix Evongo, délégué interdépartemental du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) à Pointe-Noire, a expliqué qu'il voyait en elle "une professionnelle (…). Je n’ai jamais noté un manquement à la déontologie et à l’éthique dans ses papiers." Pour Georges Nguila, responsable local de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (Ocdh), Guillène était même "en pleine ascension."

Ascension mue par le désir de perfection, elle avait refusé les postes de directrice de programmes et de directrice commerciale à MCRTV. "Mon heure n’a pas encore sonné. Je dois encore apprendre", avait-elle répondu à son directeur général. Début 2015, après avoir été reçue a un test à l’École africaine de développement (EAD), elle y suivait ainsi une formation en gestion des ressources humaines.

Guillène a donc tiré sa révérence et se repose pour l’éternité dans son Tchitondi natal à environ 40 km à l’est de Pointe-Noire. Elle vivait en union libre avec un Congolo-camerounais et laisse derrière elle deux enfants : Georlande et son frère ainé, Luca, 9 ans.

John Ndinga-Ngoma

Mai-Juin 2015

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com