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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 10:55

(CRP/Syfia) Être donnée en héritage à un frère de son défunt mari, avoir tous ses biens confisqués, se laver à une heure imposée par sa belle-famille… Autant de sévices (« Le Ngo ») infligés aux veuves dans la Lékoumou. Associations, autorités locales et journalistes ont dernièrement débattu de cette pratique rétrograde.

« ‘’Le Ngo’’, une pratique avilissante privant la veuve de ses droits élémentaires » : tel était le thème du débat communautaire organisé le 8 septembre dernier à Sibiti, dans le département de la Lékoumou.

Un débat animé en kituba et yaka par les journalistes Ruth Kokolo et Clarisse Nzoussi, sous la supervision de Marien Nzikou Massala, coordonnateur adjoint du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté". Projet piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia international et avec l’appui financier de l’Union européenne.

Environ une vingtaine de participantes (et deux participants) de Sibiti et des villages environnants, membres d’associations de femmes, une directrice départementale de la Promotion de la femme, trois femmes chefs de quartiers de Sibiti et des représentantes des peuples autochtones ont dénoncé d’une seule voix cette pratique « dégradante pour la veuve de la Lékoumou.»

« Dès le premier jour du décès de son époux, elle ne peut ni regarder son entourage, ni se tailler les ongles, ni même se coiffer pendant plus d’un an. Elle ne mange qu’aux heures fixées par ses beaux-parents et doit porter son pagne au niveau des genoux au lieu de pouvoir le laisser aller jusqu’aux chevilles…», a énuméré, au début du débat, Marie Florence Minengué, présidente du comité de quartier n°5 Moussanda (Sibiti). Elle y voit une façon d’accuser les veuves d’être à l’origine de la mort de leurs époux.

Sanctionnés par le Code pénal

De son côté, la veuve Catherine a témoigné avoir été victime de ces tenaces préjugés : « Mon époux avait été blessé à la machette par ses propres parents qui prétendaient qu’il était sorcier. Il a succombé à ses blessures à l’hôpital. Ses parents m’ont abandonnée avec son corps et se sont accaparés tous ses biens. Ils ont même pris mes propres cabris, moutons et bœufs, me laissant seule avec les enfants. » Des mauvais traitements qu’endurent aussi les veuves autochtones. « Non seulement on leur couvre le corps d’un simple tissu en raphia ou d’un pagne ordinaire, mais elles ne peuvent boire qu’avec la permission de la belle-famille », a cité comme exemples de violences Patricia, une autochtone.

Pour Angelique Mouandza-Ndossa, présidente de la coopérative Femme et production, ces mauvais traitements « doivent être pris comme une violence faite à la femme et sanctionnés comme tels. » Le Code de la famille congolaise (articles 800 et 801) précise en effet : « Les rites coutumiers de deuil sont volontaires. Ils ne peuvent être imposés au veuf ou à la veuve (…). Les sévices ou mauvais traitements exercés sur la veuve ou le veuf à l’occasion des cérémonies de deuil sont réprimés, conformément aux dispositions du Code pénal. »

Ce qui a fait dire lors du débat à Catherine Nkoué Ngoulou, directrice départementale de la Promotion de la femme : « Les autorités à tous les niveaux doivent tout faire pour lutter contre ces pratiques d’une autre époque. Notre département considère les mauvais traitements dont sont victimes les veuves comme des violences faites aux femmes, en attendant l’adoption par les parlementaires d’une loi qui protège les veuves. »

Pour l’heure, certaines participantes au débat ont tout de même souligné ça et là quelques avancées. A l’image du quartier 3 Mapindi, où le comité du village veille à ce que les veuves ne soient plus marginalisées lorsqu’elles perdent leurs maris. Le bureau de ce quartier assiste même désormais au partage des biens.

Emmanuel Libondo

Septembre 2015

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com