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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 13:28

(CRP/Syfia) A Moukondo-Léproserie, à 7 km au sud de Dolisie, les femmes peinent à écouler leurs produits. En cause, l'absence de pistes agricoles entre leurs champs et les grands centres urbains. Un débat communautaire a été organisé récemment autour de cette question.

"Nous parcourons de longues distances pour sortir nos récoltes des champs. Pour accéder au village, les routes sont presque inexistantes. Les véhicules ne peuvent y circuler. Nous transportons donc tous nos produits sur le dos !", s'est plaint Solange Ndelé, lors d'un débat communautaire organisé en septembre dernier à Moukondo-Léproserie. Un village d'environ 180 âmes, situé à 7 km au sud de Dolisie, dans le district de Louvakou, qui accueillait jadis des lépreux.

Sur le thème "faute de pistes agricoles, les femmes de Moukondo peinent à évacuer leurs produits", ce débat a été animé en kituba par Sandrine Ngoma et Max Poudi, deux journalistes du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté". Les échanges ont été supervisés par Marien Nzikou-Massala, coordonateur adjoint de ce projet financé par l’Union européenne et piloté par le Centre de ressources pour la presse (CRP), en partenariat avec Syfia international.

Le débat a réuni une vingtaine de femmes, d'hommes membres du comité du village, des autorités locales et des journalistes. Sans langue de bois, plusieurs participantes ont critiqué le Conseil départemental qui, selon elles, ne pense pas à ouvrir des pistes agricoles dans leur contrée pour leur permettre de "sortir facilement leurs produits des champs vers le village et les grands centres urbains (Dolisie et Pointe-Noire, Ndlr)."

Elus locaux absents

Les femmes ont ensuite énuméré leurs difficultés quotidiennes. "Nous transportons nos produits sur la tête ou au dos pendant 4 à 5 km", a insisté Pauline Niangui. Selon Anastasie Biloubidi, une autre participante au débat, "étant donné ces difficultés, les femmes sont obligées de limiter le poids qu'elles transportent. Par conséquent, le rendement économique est faible." Alphonse Mbama, ancien chef du village Moukondo-Léproserie s'est pour sa part questionné : "Sur sa tête ou son dos, quelle quantité une femme peut-elle porter ? Ses autres produits agricoles se gaspillent donc dans la brousse..."

Selon la loi n°10-2003 portant transfert de compétences aux collectivités locales (article 7) : "Les départements ont compétence pour entretenir les routes départementales", mais Simon Litengo Kongo, secrétaire du Bureau exécutif du Conseil départemental du Niari, a fait savoir qu'il revenait "aux conseillers de chaque district de transmettre les doléances de leurs populations au Conseil, afin que celles-ci soient prises en compte dans le budget."

Ce à quoi les femmes de Moukondo-Léproserie ont répondu "ne pas avoir de contacts avec leurs cinq élus locaux pour recueillir leurs doléances." Une attitude qu'a dénoncé Nicolas Nzengui, secrétaire général du bureau du comité du village : "C'est pendant les élections qu'on voit les politiciens, après ils ne reviennent plus nous voir..."

S'organiser en cantonnage villageois ?

Autrefois, Moukondo disposait de deux pistes agricoles créées dans les années 1960 et 1964 par des sociétés forestières. Aujourd’hui, ces pistes sont devenues impraticables pour les véhicules. L'année 2015 a été décrétée année de réhabilitation des pistes agricoles par le Conseil départemental, mais les subventions ne suivent pas. "Le Conseil a adopté au cours de cette mandature un plan de développement local, mais celui-ci ne peut pas être exécuté, car la subvention de l’Etat sur l'investissement ne tombe pas, à cause de la baisse du prix du baril de pétrole", a regretté Simon Litengo Kongo.

En attendant, le secrétaire du Bureau exécutif du Conseil départemental du Niari a demandé aux populations de prendre des initiatives : "Là où le Conseil ne peut pas travailler, organisez-vous en cantonnage villageois, afin de débroussailler les pistes agricoles comme l'ont fait les habitants du village Moussemi, à 6 km de Dolisie."

Une idée plutôt bien accueillie lors du débat communautaire par les populations et le bureau du comité du village. En l'absence du président en déplacement au même moment à Pointe-Noire, Nicolas Nzengui a promis : "Nous n’avons jamais eu cette idée. Au retour du président, nous allons nous organiser, dire à tout un chacun ce que nous pouvons faire pour nos pistes agricoles."

Victor Bivihou

Octobre 2015

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com