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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:45

(CRP/Syfia) L’abandon des engrais chimiques et la promotion d’une agriculture bio a dernièrement fait débattre près de 200 maraîchères et associations à Mbouono (arrondissement n°8 Madibou, à Brazzaville).

« Nous sommes en train de nous battre pour que les maraîchères abandonnent l’usage des engrais chimiques, car ces derniers rendent les gens malades », a immédiatement interpellé Rodia Bahakoula, membre de l’association Œuvre Notre dame des veuves & Orphelins du Congo (ONDV&OC). C’était lors d’un débat communautaire organisé en octobre dernier à Mbouono, un quartier au sud de Brazzaville (8ème arrondissement Madibou).

Organisé dans le cadre du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté », financé par l’Union européenne et piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP), en partenariat avec Syfia International, ce débat était animé en langue française et kituba par Flaure Elysée Tchicaya et Annette Kouamba Matondo. Son thème : « Comment promouvoir le maraîchage bio ? ».

Près de 200 maraîchères et maraîchers ont pris part à ce débat. Tous ont dénoncé d’une même voix l’utilisation des engrais chimiques. De son côté, l’ONDV&OC a expliqué avoir mis au point en 2009 un fumier dit « agri bio ». Celui-ci est composé, entre autres, de déjections de porcs et de poules, de feuilles, etc. Cette OSC a encouragé les maraîchers à l’utiliser afin de préserver leur santé et celle des consommateurs.

Vite vendre

Au cours du débat, certains ont affirmé avoir déjà testé ce fumier organique. « Je l’ai expérimenté sur des plants de tomates, dans des bouteilles en plastiques vides. Quand les gens ont vu cela, ils se sont intéressés. Certains ont trouvé cela extraordinaire. Depuis lors, des maraîchers font des commandes de ce fumier », a témoigné Edgard Koubemba, un taximan intéressé au jardinage.

Germaine Zala, maraîchère, se méfie également des engrais chimiques. Elle a raconté sa technique personnelle : « J’enfouis de l’herbe dans le sol et j’en étale d’autres sur les plants. Une fois secs, je les brûle. Je remue à nouveau mes sillions avant de repiquer des plants. Cette technique permet d’avoir des légumes bio. » Des légumes naturels appréciés par des acheteurs, a-t-elle assuré.

Mais, au cours des discussions, d’autres maraîchers ont reconnu utiliser les engrais chimiques NPK (azote, phosphore et potassium, les trois principaux éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes). Ces maraîchers ont parlé de leurs difficultés à obtenir des semences, de l’appauvrissement du sol et de la cherté du fumier bio : 35 000 Fcfa (près de 55 €) le sac de 25 kg (soit 1 400 Fcfa/kilo) contre seulement 800 à 1 000 Fcfa (1,20 à 1,50 €) le kilo de NPK, presque deux fois moins cher ! « J’utilise le NPK pour que mes légumes poussent vite. Je peux ainsi aller les vendre rapidement. Se nourrir, supporter la scolarité des enfants… C’est difficile, s’il faut attendre un mois sans vendre ! », a par exemple avoué, impuissante, Béatrice Banzouzi, maraîchère et mère de cinq enfants.

Béatrice Huguette Makoumbou, une autre jardinière, a elle aussi parlé de la croissance rapide des légumes favorisée par les engrais chimiques (deux semaines contre trois semaines pour les engrais bios) : « Entre celui qui achète le fumier bio et moi qui achète l’urée (engrais à base d’azote, Ndlr) à moindre coût, je vais vendre deux fois mes récoltes avant lui ! »

Fumier bio à développer

Les maraîchères de Massissia et Mbouono ont toutefois convenu que cette course au gain rapide avait des conséquences sur leur santé et celle des consommateurs. « Ce que nous faisons là, c’est du poison. Ce débat vient de nous éclairer. Nous devons maintenant voir comment cultiver bio…», admet Béatrice Banzouzi. Le message de François Xavier Mayouya, président de l’ONDV&OC, semble être passé. Lui, qui au cours du débat a raconté avoir commencé à fabriquer du fumier bio, après la confidence d’un médecin à propos d’un maraîcher mort d’une maladie pulmonaire causée par l’utilisation d’engrais chimiques... Des maladies constatées aussi chez certains consommateurs de légumes produits avec ses engrais...

De son côté, Samuel Kivoua, Secrétaire général du quartier Madibou, après avoir apprécié l’initiative d’organiser des débats avec les maraîchères, a suggéré aux journalistes « d’aller plus loin auprès des autorités compétentes (ministère de l’Agriculture, Ndlr) pour aider ces mamans dans la souffrance à obtenir plus facilement des fumiers bios ».

François Xavier Mayouya a lui fait savoir que si la production de l’ONDV&OC était mécanisée, cette association pourrait produire 1 000 sacs d’engrais bio par semaine.

Jean Thibaut Ngoyi

Décembre 2015

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com