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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:47

(CRP/Syfia) A Kitengué, sur l’Île M'bamou, près de Brazzaville, des femmes, réunies dans une association, se sont lancées dans le commerce de produits congelés. Certaines deviennent ainsi autonomes financièrement.

"Quand je vais acheter la marchandise à Brazzaville, je me réveille très tôt pour m’occuper de mes trois enfants et des tâches ménagères. Puis, avec une ou deux autres personnes de l’association, nous nous dirigeons vers l’embarcadère du village. Notre destination : Yoro, port fluvial de Brazzaville", informe Rosine Malekanga, présidente d'"Espoir de Kitengué".

En 2012-2013, elles étaient une vingtaine de fondatrices de cette association à se lancer dans le commerce de produits surgelés. "Nous avons d'abord discuté des problèmes dans nos foyers, puis nous avons crée Espoir de Kitengué. Le mois suivant, nous avons lancé des cotisations de 5 000 Fcfa (7,60 €). Un mois plus tard, après les premiers versements, l’association avait 50 000 Fcfa (76 €) en caisse", se souvient Rosine. Une ristourne permettra finalement d'obtenir un fonds de départ de 100 000 Fcfa (152 €).

Les apprenties commerçantes peuvent réaliser leur rêve : "Nous avons commencé avec cinq cartons de surgelés. Comme nous étions les premières à investir, ça marchait plutôt bien. Dans la journée, il arrivait que nous fassions deux tours à Brazzaville pour nous approvisionner", se remémore Prisca Ngeza. Le rythme est presque aussi intense aujourd'hui. "Une fois à Brazzaville, c’est parti pour des folles courses ! Nous ne disposons en effet que de très peu de temps. L’objectif, à notre retour au village, est de tout écouler, car nous n’avons pas d’électricité sur place (pour conserver les surgelés, Ndlr)", précise Micheline Mbolinga.

La journée commence à 4 heures du matin. Après une 1h30 de traversée par pirogue motorisée, les commerçantes débarquent à Brazzaville. Elles se dirigent alors promptement au centre-ville, à Guénin. Ce grossiste, équipée d'une chambre froide, alimente les marchés brazzavillois en produits surgelés. Les membres d'Espoir de Kitengué y achètent le carton de cuisses de poulet 10 000 Fcfa environ (15 €). De retour chez elles, elles revendent les cuisses au détail, 600 Fcfa (presque 1 €) la pièce.

Financièrement indépendantes

L'association n’est pas seulement un groupement de femmes, mais aussi une entreprise qui a donné l’espoir à plusieurs villageoises de devenir autonomes. Une réussite qui se construit dans la difficulté... "Avant, quand nous vendions quatre cartons par exemple, nous avions un bénéfice de 20 000 Fcfa (30 €) par jour. Cette somme était attribuée à une de nos membres pour l’encourager à entreprendre une autre activité (commerce, pêche, agriculture). Cette aide lui permettait d’être financièrement indépendante. Au départ, nos maris nous encourageaient à vendre. Avec le temps, ils ont commencé à manifester leur opposition. Ils veulent maintenir les femmes sous leurs bottes !", déplore Rosine.

Une jalousie que Micheline Mbolinga ne comprend pas. Selon son mari, "les femmes d’Espoir de Kitengué sont uniquement au marché pour se faire draguer et non pour vendre." Des propos qui n’affectent pas la détermination de Micheline pour qui l'association représente sa "survie financière". Une dynamique nouvelle est ainsi à l'oeuvre. A ce jour, la structure compte "une dizaine de nouvelles recrues, encore novices dans le commerce. Nous les accompagnons le temps qu’elles s’acclimatent et qu’elles puissent voler de leurs propres ailes", signale encore la présidente.

Les anciennes comme Rosine en sont persuadées, le commerce des produits congelés reste le meilleur moyen d'acquérir son indépendance financière. "Aujourd’hui, c’est moi qui prends soin de ma mère malade et de mes trois garçons", indique-t-elle. Rosine a pourtant dernièrement été victime d’un vol : "J'’avais réussi à épargner près de 750 000 Fcfa (1 145 €) pour acquérir une parcelle, mais on m'a tout volé au port de Yoro. Je suis donc obligée de tout reprendre à zéro..."

La présidente assure que d’ici peu, elle réunira à nouveau la même somme pour enfin se procurer son lopin de terre. Mère de trois enfants, Micheline, elle, espère récolter assez d'argent pour financer sa formation : "Si mon mari ne s’y oppose pas, je compte bien aller à Brazzaville apprendre la couture."

Annette Kouamba Matondo

Novembre 2015

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com