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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 19:04

(CRP/Syfia) A Brazzaville, Pierrette Nsondé a appris à confectionner des fauteuils pour libérer son fils emprisonné. Aujourd'hui, son fils est libre et elle gagne en plus correctement sa vie grâce à ce métier.

"Mon fils avait reçu l’argent de six commandes de salons de la part de ses clients. Des commandes qu’il n’a pas pu livrer à temps... Ses clients l’ont donc fait arrêter. Pour le libérer, j’ai appris ce métier auprès de monsieur Batsimba, un autre garnisseur", explique Pierrette Nsondé.

Par amour pour son enfant incarcéré sans procès ni condamnation préalable, cette mère célibataire de Kinsoudi (1er arrondissement de Brazzaville), a appris le métier pendant deux mois : "J'ai ensuite fini en un mois la fabrication des fauteuils que mon fils avait commencé à faire. Je les ai livrés aux intéressés. Mon fils a alors été relâché."

Cette aventure, commencée en 2000, permet aujourd’hui à Pierrette, 49 ans, de vivre dignement : "Grâce à ce métier, je prends en charge 9 personnes (ses trois enfants, son père, ses sœurs et frères, Ndlr)." Un dévouement apprécié par Jean Nsondé, le père de Pierrette : "Vraiment, j’encourage ma fille dans son activité de garnisseuse. Elle s’occupe ainsi de moi qui suis veuf et d'autres membres de la famille."

Travailleuse et rigoureuse dans son métier, Pierrette, appelée "Mâ-ngoudi" par ses clients ("mère de jumeaux", en langue kongo ou kituba) affirme fabriquer dans le mois trois à quatre salons de sept fauteuils : "Un salon peut-être vendu entre 200 000 et 250 000 Fcfa (entre 300 et 380 €), cela dépend du tissu et de la qualité des fauteuils." Soit une recette mensuelle comprise entre 600 000 et 1 million de Fcfa (entre 900 et 1 500 €). Pierrette ne court cependant pas après le gain rapide : "Grâce à ma bravoure et ma détermination, j’ai pu gagner une notoriété et beaucoup de clients dans Kinsoudi."

"Mieux que les hommes !"

Revy Malonga est l'un d'entre eux. Il confirme : "'Mâ-ngoudi' fait du bon travail. Lorsque ses fauteuils sont arrivés dans notre parcelle, tout le monde les a appréciés ! C’est vraiment bien de voir une femme faire un métier d'hommes. Elle fait même mieux qu'eux ! Elle met plus de finesse dans la conception de ses fauteuils." Bifouma Julie Aline Floresta, une autre cliente, partage le même enthousiasme : "Mon mari a été étonné d'apprendre que nos fauteuils avaient été fabriqués par une femme !"

Une activité certes valorisante pour Pierrette, mais qui lui a aussi attiré des ennuis une fois : "Un Parisien venu au Congo a un jour voulu m’emmener en France pour que j’exerce le garnissage là-bas. Le peu d’argent que j’avais gardé, 3 millions de Fcfa, je le lui ai donné pour qu’il me fournisse le billet, le visa et les autres papiers pour voyager, mais il m’a escroquée..."

Malgré cette mésaventure, Pierrette continue de partager son amour du métier. Elle a déjà formé 6 apprenantes. Certaines sont déjà propriétaires de leurs ateliers. "J’apprends depuis quatre mois le métier chez 'Mâ-ngoudi'. Avant, je faisais la coiffure, mais comme ce n’était plus rentable, j’ai opté pour le garnissage. J'aime bien ce métier", explique par exemple Séraphine Nzoumba

Plus que jamais passionnée, Pierrette rêve d'ouvrir "dans 5 ans" un grand atelier : "Les gens parleront de la femme congolaise garnisseuse !" Son futur grand atelier, 'Mâ-ngoudi' l’imagine avec des machines pour mécaniser son travail et de nombreuses apprenantes autour d’elle.

Viviane Nkoua

Décembre 2015

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com