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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:50

(CRP/Syfia) Battues, trompées, négligées… Des habitants du district de Hinda, dans le département du Kouilou, ont dernièrement débattu avec les journalistes sur les violences subies chaque jour par les femmes dans leurs propres couples.

Salle des conférences de la mairie de la communauté urbaine de Hinda. Cette ville d’environ 25 000 habitants du département du Kouilou, se situe à 25 km à l’est de Pointe-Noire. Plus de 30 participantes d'associations de femmes et plusieurs hommes étaient présents, le 10 octobre dernier à l'occasion d'un débat communautaire initié dans le cadre du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté". Un projet piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia international, avec l'appui financier de l'Union européenne.

Animé en langue kituba par Haircy Mbimi et Serge Patrick Mankou, sous la supervision de Solange Léocadie Kibelolo, coordinatrice départementale du CRP à Pointe-Noire, ce débat portait sur : "Le droit à l’information des femmes de Hinda sur les violences dont elles sont victimes."

Au cours de ce débat, les femmes ont quasiment toutes reconnu subir au quotidien différentes formes de violences. "J’ai passé 13 ans avec mon époux. Au début, c’était l’amour parfait. Puis, il a changé. Il me bastonnait chaque jour. Il me menaçait même avec le couteau. Il n’aimait pas voir l'enfant de mon premier lit. Il le tapait parfois...", a témoigné Rita. D’autres participantes ont parlé des privations de popote, cet argent pour la nourriture de la famille non remis par le mari. D’autres ont dénoncé l’infidélité de leurs époux. "Tout ça fait mal. Ce sont des formes de violences psychologiques", a commenté Jeanne.

Le débat a aussi été l'occasion de discuter des maltraitances infligées aux veuves à cause d'une interprétation erronée des coutumes. "Ici, en milieu vili (ethnie dominante dans le Kouilou, Ndlr), lorsque le mari meurt, la belle-famille rase la tête de la veuve et l'oblige à marcher pieds-nus durant le deuil. Selon certains, si ces pratiques ne sont pas respectées, la veuve sera hantée par le fantôme de son défunt mari. D'où la nécessité de couper les liens avec lui", a presque tenté de justifier Juliette. "Je ne savais pas que la veuve avait des droits : droit à l’héritage laissé par son époux, droit de s’abstenir des rites coutumiers liés au deuil, etc. Normalement, ces pratiques ne devraient alors plus exister...", a-t-elle ajouté.

"Femme ne pleure pas, agis !"

Les femmes de Hinda ont donc encore besoin d’être informées sur les lois garantissant leurs droits. C’est ainsi qu’Alain Didier Cyriaque Louganana, de la Commission diocésaine justice et paix (CDJP), a évoqué les textes interdisant et réprimant les violences faites aux femmes, notamment le Code de la famille qui réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux).

De son coté, Adèle Céline Pinga, présidente de "Femme ne pleure pas, agis !", une ONG basée à Pointe-Noire, mais intervenant dans tout le département du Kouilou, a partagé son expérience de femme battue pendant près de treize ans par son mari, avant de créer son association. Elle a encouragé les participantes à poursuivre leurs maris-bourreaux en justice ou à les quitter. "Arrêtons de nous résigner ! Voici nos contacts pour qu’à l’avenir vous soyez en mesure de nous joindre ou de joindre la direction départementale de la Promotion de la femme", a-t-elle conseillé aux femmes.

Des femmes, qui, au sortir de ce débat, ont notamment pris la résolution de ne plus recourir aux rites traditionnels pendant les deuils. "Beaucoup de familles ont déjà renoncé à ces pratiques. Quant à nous qui sommes venues ici, nous vous promettons de faire de même", a par exemple assuré Jeanne.

Le débat s'est achevé sur une note plus légère avec Fortuné Mavoungou. Ce jeune homme a indiqué subir "beaucoup de violences" de la part de sa femme : "injures, repas servis en retard, etc." Alain Louganana l'a rassuré que "la Loi est faite pour s’appliquer à tout le monde." Le cas de Fortuné semble toutefois bien moins dramatique que les multiples violences endurées au quotidien par la majorité des femmes...

John Ndinga-Ngoma

Novembre 2015

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com