Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:46

(CRP/Syfia) A Djambala dans le département des Plateaux, bon nombre d’hommes, égoïstes et irresponsables, abandonnent financièrement leurs enfants.

« Si papa s’était occupé de notre scolarité, je ne chômerais pas aujourd’hui ! Je suis allée jusqu’en classe de 1ere. Je suis intelligente de nature ! », explique, avec regret, Joëlle Martine Gabio, 50 ans. Cette agricultrice, présidente du groupement Jeunesse Onari d’Abala Ndolo, un village à 12 km de Djambala, poursuit : « Dans la famille, nous étions neuf enfants. Aucun d’entre nous n’a réussi… Pourtant, mon père fut un grand chasseur. Il pouvait tuer un gibier lui rapportant 30 000 Fcfa (45 €), mais il ne pensait pas à nous acheter ne serait-ce qu’un cahier. Même si l’enfant ne réussit pas à l’école, il doit savoir au moins lire et écrire ! »

Comme Joëlle Martine, dans le département des Plateaux, bon nombre d’enfants doivent arrêter leur scolarité, abandonnés financièrement par leurs pères géniteurs qui laissent tout à la charge de leurs épouses. Bernadette Malouri, présidente de la Coopérative chrétienne pour le développement du district de Djambala, rappelle que le mari est le chef de famille et doit, en principe, tout assumer. Cependant, la réalité est toute autre, selon elle : « La maman souffre pour fabriquer le manioc et fait tout pour scolariser les enfants. Pendant ce temps, papa croise les bras... Tout cela fait partie des violences faites aux femmes ! Ces hommes ont un mauvais cœur. Ils pensent que lorsque leurs enfants réussiront, seules les mamans en bénéficieront. »

« Les enfants, une semence »

Selon Tatiana Mpala, habitante du quartier Ngambao de Djambala, l’une des causes de cette « fuite de responsabilités » des hommes serait due à leur statut de polygame : « Ce sont souvent des hommes qui ont deux foyers qui abandonnent la scolarité de leurs enfants à leurs femmes.» Germaine Inko, directrice départementale de l’Intégration de la femme au développement dans les Plateaux, condamne pour sa part « les mamans qui ne dénoncent pas leur maris refusant à leurs enfants le droit d’aller à l’école ou ceux qui n’assument pas leur scolarité de peur de perdre leur mariage ». Des hommes souvent sous la domination de leur nouvelle épouse. De peur de perdre cette dernière, ils préfèrent sacrifier la scolarité des enfants de leur précédente union…

Quelle que soit la configuration familiale, c’est toujours l’enfant qui est pénalisé… Junior, 20 ans, ressortissant de Djambala et élève en classe de terminale, témoigne : « Depuis que je suis à Brazzaville, papa ne s’occupe plus de ma scolarité. Il m’a dit que c’était par manque de moyens financiers. Maman prend donc en plus en charge mes frais pour le centre d’encadrement et les travaux dirigés (travaux pratiques, Ndlr). ». Camille, étudiant originaire lui aussi de Djambala, est dans la même situation : « Au village, papa et maman assumaient ma scolarité. Depuis que je suis ici à Brazzaville, papa ne répond plus à ses obligations. Il a laissé toute la charge à maman qui ne fait que les travaux champêtres. Elle m’envoie le peu qu’elle trouve et je me débrouille avec…»

Certains papas restent cependant exemplaires. « Je travaille et ma femme est ménagère. Je m’occupe donc de la scolarité de mes enfants. Je ne suis pas le seul ! Nous sommes nombreux à agir ainsi. Ces papas qui négligent les études de leurs enfants sont parfois les vieux dans les villages. D’autres négligent la scolarité, car ils sont pauvres ou ne connaissent pas l’importance de l’école », tente de justifier Jean Pierre Mountali. Ce chef de quartier Ngambao à Djambala en est persuadé : « Les enfants sont comme une semence. Nous semons aujourd’hui pour récolter demain. Donc, le conseil que je peux donner à ces pères est de changer de comportement pour s’occuper de la scolarité de leurs enfants ».

Un avis proche de celui de Bernadette Malouri : « Les enfants sont la retraite des parents. Si cette retraite n’est pas bien préparée, nos jeunes deviendront des délinquants. »

Hortense Nathalie Ngatsongo

Décembre 2015

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com