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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 18:13

(CRP/Syfia) Manque de soutien financier, absence de formation, grossesses non désirées… A Ewo (Cuvette-Ouest), la plupart des jeunes filles déscolarisées sont dans l’impasse. Un débat communautaire les a récemment réunies avec des associations et des autorités, pour évoquer leurs difficultés quotidiennes.

« J’ai abandonné l’école en 1ere quand j’ai accouché. Je n’avais pas de soutien pour continuer mes études. Ensuite, j’ai commencé à vendre des sandales au marché. C’était en 2013, je n’avais alors que 15 000 Fcfa (moins de 25 €) », a expliqué Francelle Abratina, 20 ans environ. Elle a ajouté : « Aujourd’hui, mon activité a évolué. J’achète la marchandise à 50 000 Fcfa (75 €). Grâce à mon petit commerce, je paye la scolarité de mon fils de 8 ans. »

Cette déclaration de Francelle a été faite en novembre dernier, au cours d’un débat communautaire animé en lingala par Nathalie Ngatsongo et Alain Michel Otieli sur le thème : « L’avenir de la jeune fille déscolarisée à Ewo » (capitale de la Cuvette-Ouest, à 630 km au nord de Brazzaville). Un débat supervisé par Gaston Elbi Enkari, coordonnateur du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contrer la pauvreté », piloté par le Centre de ressources pour la presse, en partenariat avec Syfia international. Un projet financé par l’Union européenne. Près de 50 personnes ont participé à ce débat : jeunes femmes, associations ou groupements et autorités d’Ewo.

Comme Francelle, Ella Lekonzo, bachelière, se résigne également dans le commerce, faute des moyens financiers pour poursuivre ses études à l’université : « Après deux échecs (université et apprentissage de la couture, Ndlr), je me suis lancée de nouveau en 2015 dans le petit commerce. J’ai commencé à vendre des sandales au marché. J’ai débuté avec 50 000 Fcfa (75 €). Actuellement, mon activité bat de l’aile. Personne ne m’aide. »

Pour Jacques Okaka, chef de quartier Ouenzé et parent d’élèves, les grossesses précoces et non désirées sont le principal problème qui empêche les jeunes filles d’évoluer : « J’ai trois filles actuellement au collège ou au lycée. Elles ont eu des enfants et c’est moi qui ai la responsabilité de ce fardeau. Tout ceci est la conséquence de la municipalisation accélérée où des jeunes vendaient leurs corps pour survivre… »

Se prostituer pour survivre

Au cours du débat, Germain Andegué, secrétaire général du quartier centre d’Ewo, a soutenu l’idée de M. Okaka, regrettant l’inactivité des jeunes filles, à la merci des hommes. Il demande en urgence que « l’Etat ait des unités de production pour régler cette situation. »

De son coté, Angélique Kebi, agent de la direction départementale des affaires sociales à Ewo, a reconnu qu’il y avait beaucoup de filles qui tombaient enceinte : « Nous n’avons pas de centres de formation, pas même de routes pour vendre le manioc. Nous avons beaucoup de démunies et nous n’arrivons pas à les aider toutes. En tant qu’Affaires sociales, chargées de la promotion de la femme, ça nous fait même honte au bureau. Aucune aide ici. La population pleure ! »

Pour Germain Andegué, c’est un travail de longue haleine. « Les jeunes filles déscolarisées sont abandonnées à elles-mêmes. Il n’y a pas d’accompagnement de l’Etat. Elles se prostituent pour survivre. Plus elles sont libres, plus elles tombent enceinte… »

Angélique Onounga, directrice départementale de la Promotion de la femme, a conseillé, lors des discussions : « La jeune fille doit être autonome. Celle qui va à l’école doit continuer à suivre ses études. Celle qui ne fréquente plus doit chercher à entreprendre un petit commerce. »

Jean Thibaut Ngoyi

Janvier 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com