Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 13:00

(CRP/Syfia) A Yaba la Belle (Cuvette-Ouest), l’agriculture est la principale activité des femmes. L’absence de tracteurs et de routes compromet leur rendement et l’écoulement de leurs produits. Elles en ont dernièrement parlé lors d’un débat communautaire.

« Nous travaillons à la main. Et puis, notre goudron s’est arrêté en chemin. Il ne relie pas Mboundji à Ewo. Dans d’autres villages, les populations exposent leurs produits au bord de la route pour avoir au moins 1 000 Fcfa (1,5 €). Mais chez nous, les produits pourrissent », a déploré Bernadette Bielingo, une paysanne.

Comme elle, plusieurs cultivatrices ont dénoncé « le manque de routes, de tracteurs et de clients…». C’était en novembre dernier à Yaba la Belle, un village de 300 habitants à 27 km d’Ewo, dans la Cuvette-Ouest, lors d’un débat communautaire sur « Les conditions de vie de la femme rurale. » Un débat animé en lingala par deux journalistes du Centre de ressources pour la presse (CRP) : Nathalie Ngatsongo et Alain Michel Otieli, dans le cadre du projet financé par l’Union européenne « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contrer la pauvreté ». Des échanges supervisés par Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet, piloté par le CRP, en partenariat avec Syfia international.

Une cinquantaine de personnes provenant de Yaba la Belle, d’Ewo et d’autres villages environnants, membres des groupements de femmes, une directrice départementale de la Promotion de la femme et le chef dudit village ont pris part à ce débat.

La présidente du groupement Ngondzeli, Albertine Ongaké, a fait part de son découragement : « Nous faisons bien notre travail, mais lorsqu’il s’agit de vendre notre foufou, il n’y a pas de clients. Actuellement, nous avons un champ arrivé à maturité, mais nous hésitons à l’exploiter, faute de clients... » Une angoisse partagée par Adrienne Obali, membre du groupement « Boutou Boutou Akila Makaya » (« Travailler de l’aube à la nuit fait sécher le sang ») : « Les Gabonais venaient acheter notre foufou, mais étant donné l’accès difficile par la route, ils ne viennent plus (la frontière avec le Gabon est à 50km du village, Ndlr). Nous demandons aux pouvoirs publics de terminer la route et de nous fournir des tracteurs pour que nous en finissions avec une agriculture de subsistance. »

L’Etat appelé à l’aide

Dans ces conditions, difficile de faire des économies a confié Albertine : « Nous avions fait un premier champ en 2014 qui nous a rapporté 102 000 Fcfa (plus de 150 €). Nous nous sommes partagés un peu d’argent. Avec le reste, nous avons ouvert un compte à la Mutuelle congolaise d’épargne et du crédit (Mucodec.) »

Au cours de ce débat sur leurs conditions de vie, les femmes ont aussi parlé de leurs droits et de leurs obligations au foyer. Albertine a cité quelques uns de ce qu’elle a estimé être ses devoirs : balayer la maison, laver les assiettes, préparer à manger pour son mari, lui laver ses habits : « Même quand nous nous chamaillons, je lui fais la table ! »

De son côté, Judith Ongandé a assuré que son mari l’aidait à faire des champs, lui achetait des habits et lui donnait de l’argent pour faire les tresses : « Nous travaillons ensemble. En ce qui me concerne, je fais tout pour lui, comme par exemple laver ses habits. »

Pour améliorer les conditions de vie de la femme rurale de Yaba la Belle, Alain Nicodème Anoua a, lui aussi, demandé l’aide des pouvoirs publics pour acheter des tracteurs. Remerciant le CRP pour ce débat communautaire avec les femmes, le chef dudit village, Okeri Pascal a conclu : « Que l’Etat tienne compte des doléances des femmes d’ici, car sans les champs, il est difficile de vivre ici au village…»

Jean Thibaut Ngoyi

Janvier 2016

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com