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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 13:07

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, à environ 400 km au sud-ouest de Brazzaville, Odette Pembé, une autochtone, et Franck Madounga, un bantou, vivent ensemble depuis 6 ans. Pour eux, peu importe les moqueries, puisqu’ils s’aiment. Une évolution positive vers l’intégration des populations autochtones se félicite Jean Denis Toutou Ngamiyé, président de l’Association pour la promotion socioculturelle des populations autochtones du Congo (APSAC).

Monsieur Franck Madounga, pouvez-vous nous raconter le jour de votre rencontre avec Odette Pembé ?

J’ai rencontré maman Odette Pembé ici à Sibiti, il y a six ans. Depuis, nous vivons ensemble.

Odette Pembé, pouvez-vous nous raconter dans quelles circonstances vous vous êtes rencontrés avec Franck Madounga ?

Nous nous sommes rencontrés d’abord à Indo lors d’une veillée, puis dans un bistro à Sibiti. Après avoir fait davantage connaissance, nous avons décidé de vivre ensemble.

Monsieur Madounga, pourquoi ne pas faire comme d'autres bantous qui sortent secrètement avec des femmes autochtones puis les abandonnent par la suite ?

Quand tu aimes une femme autochtone, il faut le faire ouvertement et vivre avec elle dans une même maison. Mais, les autres hommes bantous sortent la nuit avec les femmes autochtones et les dénigrent la journée... De mon côté, j’avais pris la résolution de vivre avec maman Odette au vu et au su de tout le monde, bien qu’elle soit autochtone.

Pourquoi avez-vous choisi de vivre avec maman Odette ?

La vie est faite ainsi. Je l’aime et elle aussi m’aime. Nous vivons donc ensemble.

Maman Odette, pourquoi avez-vous accepté de vivre avec monsieur Franck ?

Il m’aime et moi aussi je l’aime.

Papa Franck, comment ont réagi vos enfants, mis auparavant au monde par une autres femme ?

Avant de vivre avec Odette, j’ai eu cinq enfants avec une femme bantoue. De son côté, maman Odette aussi a eu cinq enfants d’une première union avec un autochtone. Mais, nous nous aimons, j’ai ainsi accepté ses enfants comme les miens. A la maison, nous avons dix enfants. Tous savent que je suis leur père et Odette leur mère.

Comment réagissent vos parents et la communauté bantoue ?

En ce qui me concerne, les parents ne parlent jamais. Ils savent que je suis toujours avec maman Odette Pembé. C’est le cœur qui parle. J’ai fait mon choix : je reste avec elle. Les gens parlent ou critiquent, je ne fais pas attention à eux.

Il y a quand même des gens qui se sont moqués de vous ?

Il y en a eu beaucoup, surtout les premiers jours de notre vie commune. Il fallait avoir du cœur pour surmonter toutes ses railleries et moqueries, mais j'ai défendu mon couple.

Que disent concrètement les gens qui se moquent de vous ?

Souvent, quand ils me voient, ils disent avec un air moqueur : « Regardez le jeune bantou qui a épousé une femme autochtone ! » Je m'efforce de ne pas s’occuper de ce qu’ils racontent.

Vous avez fait six ans de vie commune avec Odette, avez-vous des regrets ?

Je n’ai aucun regret. Seule la mort pourra nous séparer.

Monsieur Jean Denis Toutou Ngamiyé, que dit la loi 2011 sur les couples discriminés ?

Selon la loi du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones, la personne discriminée peut porter plainte. L'article 1er de ladite loi interdit d’appeler un autochtone "pygmée". En cas de plainte, celui qui emploie ce mot est passible d’un emprisonnement de 30 ans et d'une amende allant de 200 à 500 000 Fcfa (300 à 750 €, Ndlr).

Est-ce qu’au niveau de Sibiti il y a déjà eu des plaintes ?

Il n’y a jamais eu de plaintes d'un couple bantou-autochtone discriminé. Dans la Lékoumou, le couple Franck et Odette n’est pas le premier. Au village Moukassi, une femme bantoue a quitté son mari, bantou lui-aussi, pour rejoindre un homme autochtone. En tant que président de l’Association pour la promotion socioculturelle des populations autochtones du Congo (APSAC), c’est une victoire pour moi de voir ces couples mixtes se former.

Franck, vous subissez des discriminations, pourquoi ne portez-vous pas plainte ?

A cause du manque de moyens financiers.

Et vous, Odette, pourquoi ne portez-vous pas plainte ?

Les gens se moquent souvent de Franck quand ils le voient dans les bars dancings, mais devant moi, ils ne peuvent pas se moquer de lui. Du coup, je ne peux pas les poursuivre.

Franck, quels sont vos projets avec Odette ?

Cette année, nous avons un champ de manioc et d’arachides à maturité que nous comptons vendre. Nous attendons aussi un enfant, premier fruit de notre union commune.

Connaissez-vous d’autres couples mixtes à Sibiti ?

Bien sûr ! À 5km d’ici il y a deux couples mixtes bantou-autochtone. Un de ces couples a même déjà 4 enfants.

Y a-t-il aujourd'hui plus de couples mixtes qu’avant ?

Oui, il en a beaucoup.

A l’avenir, vos enfants épouseront-ils facilement les gens d’une autre communauté ?

Pourquoi pas ? Si nous, les parents, avons commencé à le faire, pourquoi nos enfants ne le pourraient-ils pas ?

Maman Odette, comment voyez-vous l’avenir de votre futur enfant ?

Notre enfant sera libre d'épouser la personne de son choix.

Propos recueillis par Sandrine Ngoma et Ruth Kokolo

Janvier 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com