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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 12:59

(CRP/Syfia) Même si elles sont douées, plusieurs écrivaines de Pointe-Noire déchirent leurs manuscrits littéraires, empêchées par leurs conjoints de les publier. Huguette Nganga Massanga est, elle, encouragée par son mari.

« Moi aussi, je parlerai dans un film » (pièce de théâtre). « Thérapie aux abords du quai » (pièce de théâtre). « L’envers du décor » (roman)… En dix ans de carrière, la bibliographie d’Huguette Nganga Massanga est déjà féconde. Les migrations, la perversion des mœurs, l’égoïsme des hommes… Ses ouvrages parlent de plusieurs thèmes. « J’écris pour partager ce que je vois dans la société », résume Huguette.

Le sort réservé aux femmes est au centre de ses préoccupations. Dans « L’envers du décor » par exemple, Huguette relate les malheurs de Pulutsolo, une orpheline déshéritée par ses parents paternels. Un roman apprécié par ses collègues écrivains, dont Hugues Éta, qui félicite Huguette « pour sa finesse et sa capacité à nous faire voir nos vices par le biais de l’imagination ». Ces ouvrages ont déjà valu à Huguette des prix littéraires locaux, comme « Tchikounda » (« Maracas », en vili, meilleur écrivain 2010 et 2013) et « Sanza de Mfoa » (catégorie théâtre cette année).

Huguette Nganga Massanga est dans le cercle très restreint des écrivaines. À Pointe-Noire, on en compte à peine quatre, alors que les écrivains sont au moins une dizaine. En dehors du désintéressement pour l’écriture, d’autres pesanteurs, davantage d’ordre familial, expliquent cette pénurie. « Je connais des femmes qui ont de bons manuscrits, mais elles n’ont pas la possibilité de les publier, parce que leurs conjoints les en empêchent ! », s’insurge Alphonse Nkala, directeur départemental du livre et de la lecture publique à Pointe-Noire. Il explique que ce genre de cas sont toutefois difficiles à traiter, car « relevant de la vie privée ». Toutefois, assure-t-il, sa structure, dont l’une des missions est de promouvoir des talents littéraires, négocie avec des maisons d’édition locales ou étrangères pourvu que « ce soit des productions consistantes et des écrivains connus officiellement par l’administration ».

« Montrer son amour »

Pourtant, exprimer sa pensée est un des droits fondamentaux garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Un droit que connaît parfaitement Huguette qui, depuis son enfance, avait déjà des prédispositions littéraires. « À l’âge de 6 ans, j’écrivais des poèmes que je partageais avec des amis. Petit à petit, je prenais conscience de l’importance de l’écriture. Je fréquentais des milieux où cette dernière était valorisée. J’ai intégré la troupe théâtrale de notre paroisse. Là-bas, on nous poussait à écrire, car les pièces que nous interprétions étaient écrites par d’autres personnes », se souvient Huguette.

Déterminée, elle estime que pour une femme, écrire est « un droit inaliénable. Je ne vois pas quelles raisons un homme peut avancer pour dire à sa conjointe de ne pas écrire ! C’est inconcevable ! » Heureusement, sa famille est loin de violer ce droit. « Pour moi et mes parents, c’est un honneur de voir ma sœur publier des ouvrages. Son activité littéraire immortalise notre famille ! », se réjouit Bernadette Nganga-Manza, journaliste à la retraite et grande-sœur d’Huguette.

Même fierté du côté de l’époux de l’écrivaine. « S’il n’était pas d’accord, je n’aurais pas mis sur le marché cinq ouvrages ! Souvent, quand je lui fais part d’un projet de roman ou de recueil de poèmes, il est le premier à m’y encourager », se félicite Huguette Nganga Massanga. Non sans émettre quelques propositions : « Dans un couple, il faut éviter les frustrations et rassurer son conjoint. Celui-ci doit comprendre que la meilleure manière de montrer son amour, c’est d’admettre que l’autre fasse ce qu’il aime. »

Mais, les écrivaines de Pointe-Noire font face à d’autres difficultés, parmi lesquelles le manque de moyens financiers pour se rendre chez un éditeur. « Quand tu aimes quelque chose, tu te donnes à fond. Là aussi, le rôle du conjoint est de mise. Si tu aides ta femme à partager sa vision du monde, tu auras contribué à la bonne marche du monde. Imaginez-vous ce dont l’Humanité serait privée si l’on n’avait pas publié certains ouvrages ! »

John Ndinga-Ngoma

Janvier 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com