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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 15:54

(CRP/Syfia) A Kitengué, dans le district de l’Île Mbamou, à environ 9 km de Brazzaville sur le fleuve Congo, Régine Moundouka fait accoucher des femmes dans des conditions rudimentaires. Elle sauve ainsi des vies, mais aimerait davantage se former.

Cheveux en bataille, à moitié défaits. Taille svelte. Régine Moundouka, 42 ans, est la seule accoucheuse traditionnelle à Kitengué. Ce village d’environ 800 habitants du district de l’Île Mbamou situé à environ 9 km au nord de Brazzaville, sur le fleuve Congo, ne possède ni hôpital, ni centre de santé. Aucun médecin, ni même d'infirmier.

"L'art de faire accoucher les femmes", Régine l'a donc appris de sa mère : "Quand une femme enceinte venait, ma mère nous apprenait à effectuer des touchers vaginaux pour savoir si le col était bien dilaté et la femme prête à accoucher. Je m'appliquais à bien vérifier cela. Si le toucher vaginal se limitait à un ou deux doigts, je devais faire faire des marches à la dame, jusqu'à ce qu'elle atteigne le bon niveau. Par contre, si ce toucher vaginal était à trois ou quatre doigts, la femme était prête à accoucher."

Ses premiers cours d'accoucheuse, Régine s'en souvient encore aujourd'hui. Une aventure que deux de ses sœurs ont elles aussi apprise de leur maman, sans pour autant persévérer. Depuis qu'elle a 18 ans, Régine a, elle, gagné la confiance de plusieurs femmes de Kitengué qui préfèrent désormais avoir recours à ses services pour donner la vie sur place plutôt que de s'aventurer sur le fleuve et aller accoucher à Brazzaville moyennant 20 000 Fcfa (30 €), sans compter les frais d'hospitalisation... Selon Xavier Bokondas, président de l’association Cœur de l’Île Mbamou, "chez Régine, le prix d'un accouchement va de 5 000 à 10 000 Fcfa (de 7,5 à 15 €), en fonction des revenus de chacun. Pour les femmes démunies, elle le fait même gratuitement. Par ailleurs, malgré ses instruments rudimentaires, elle n’a pas encore enregistré de décès."

Pas de réelles complications

Mariée, Mme Moundouka est mère de huit enfants, qu'elle a eus sans aucune assistance sanitaire. Malgré son air timide, avec plus d’une vingtaine d’accouchements réussis à son palmarès, c'est une accoucheuse expérimentée et méthodique : "Quand une femme est à terme, je m'assure, au moyen des touchers vaginaux, qu'elle est prête à accoucher. Je l'allonge ensuite sur un lit. Avec mes mains, lavées au préalable au savon, je retire la tête de l'enfant en premier, je l'évacue, puis je coupe le cordon ombilical avec une lame de rasoir", détaille la sage-femme improvisée, qui pratique l'accouchement au domicile de ses patientes, faute d'endroit approprié... Elle poursuit : "Après la naissance du bébé, j'observe bien son état de santé. S’il a absorbé du liquide amniotique, je dois le tenir par les pieds, le secouer, le balancer doucement, puis lui donner des petites tapes aux mains et aux pieds pour lui faire reprendre conscience."

La méthode peut sembler artisanale... Elle se révèle pourtant parfois comme la moins risquée. Annie Ifikaloko a ainsi perdu son enfant. Elle se souvient : "J’avais accouché à la maison. Mon enfant avait bu du liquide amniotique. Nous avons décidé de le faire soigner à Brazzaville dans un centre de santé. Mais, après environ une heure de lente traversée en pirogue, mon bébé est mort... Pour ne pas revivre la même épreuve, pour les accouchements suivants, je me suis faite aider par Régine et tout s’est bien passé." Même soulagement chez Rosine Ngala, présidente de l’association Espoir de Kintegué : "C'est une grâce d'avoir bénéficié des services de Régine pendant la naissance de mon troisième enfant. L’accouchement s'est bien déroulé. Mon enfant à 6 ans aujourd'hui."

Des compliments flatteurs, mais Régine Moundouka sait qu'elle n'a pas eu encore à gérer de réelles complications avec son matériel et ses connaissances rudimentaires... Raison de plus sans doute à ses yeux pour être davantage prête à l'avenir. Elle rêve donc de suivre une formation médicale. "Hélas, je n'ai personne pour m'aider financièrement !", regrette la sage-femme, par moment gagnée par le découragement.

Flore Michèle Makoumbou

Février 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com