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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 15:55

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, plusieurs Bantous ont des relations sexuelles nocturnes avec des femmes autochtones. Le jour venu, rares sont ceux qui osent s'afficher avec leurs compagnes d'une autre ethnie...

« Mon ex-ami Bantou m’a mise enceinte, puis il m’a demandé de ne pas le trahir (ne pas donner son nom, Ndlr), me menaçant même de me tuer ! Effrayée, j'ai été obligée d’évacuer cette grossesse... Sans l’intervention de mes parents, je serais morte ! Depuis ce jour, j’ai juré ne plus avoir pour ami un Bantou ! », se rappelle, pleine de regrets, Sylvie Tsala, une autochtone d’une trentaine d’années.

A Sibiti, chef lieu du département de la Lékoumou, à environ 400 km à l'ouest de Brazzaville, plusieurs autochtones connaissent diverses mésaventures avec des Bantous : abandon avec ou sans bébé à charge, contamination par une infection sexuellement transmissible, etc. Fallone Ikouara a elle compromis son avenir d'une autre façon : « Il y a deux ans, j'avais 14 ans, j’étais en classe de 6e. Je vivais avec un jeune Bantou qui m’a obligée à abandonner mes études pour devenir son épouse (au Congo Brazza, l'âge légal pour se marier officiellement est pourtant fixé à 18 ans, l'âge de la majorité, Ndlr). Il m’a ensuite aussitôt chassée de chez lui. Il ne voulait même plus me voir... »

L'époux de Fallone n'a sans doute pas supporté les moqueries de son entourage. Bilan : une perte de temps pour cette jeune femme, qui n'a depuis pas repris ses études et habite à présent avec un autochtone. Une mésaventure loin d'être isolée... « Certaines entretiennent des rapports sexuels avec les Bantous sachant que ces derniers ne pourront pas les prendre officiellement en mariage. Elles évoquent comme seule raison la tendresse de ces hommes pendant l’acte sexuel. Mais, au finish, ces derniers ne donnent rien à leurs 'amies' autochtones. C'est à peine s'ils leur achètent la bière ou l’alcool frelaté... », regrette Franck Madounga un jeune Bantou, officiellement en couple avec Odette Pembé, une autochtone.

Aimer au grand jour

Franck dénonce l'hypocrisie d'autres jeunes de sa communauté : « Certains entretiennent des rapports sexuels avec des femmes autochtones. Ils se battent même entre eux pour elles, car ils apprécient leur savoir-faire au lit. Mais, une fois la nuit passée, ils ne veulent pas s’afficher avec elles. Avec mon épouse, cela fait déjà plusieurs années que nous sommes ensemble. Je l’aime comme au premier jour de notre rencontre. Résultat : je suis devenu comme le président de tous les Bantous qui ont des femmes autochtones et qui s’affichent sans gêne. »

Toutefois, à l'heure actuelle, seule une minorité ose agir de la sorte... Au grand regret de Jean Denis Toutou Ngamiye, président de l’Association pour la promotion socio-culturelle des populations autochtones du Congo (Apsac) : « Depuis que notre association a été créée, en 1991, nous avons identifié plusieurs unions mixtes, mais les choses se compliquent quand ces Bantous abandonnent les femmes autochtones après leurs grossesses où ne veulent même plus les regarder après avoir satisfait leurs appétits sexuels. Nous devons tous êtres humains en aimant la femme autochtone comme nous aimons la femme bantoue ! »

Le président de l’Apsac estime à cinq ou six seulement le nombre de couples mixtes qui osent pour le moment s'afficher en public à Sibiti et environs...

Emmanuel Libondo

Février 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com