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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 16:00

(CRP/Syfia) Manger, étudier, travailler, voire même se marier ensemble. A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, Bantous et autochtones commencent à dépasser les barrières ethniques. Un débat communautaire a été organisé dernièrement pour évaluer ces avancées.

« A l’église, nous ne refusons plus la nourriture des autochtones. Nous mangeons ensemble. Nous ne les fuyons plus comme avant. Avec eux, nous sommes même devenus un ! », a assuré Monique Ngamouelé, présidente du groupement femmes de Mapindi. C'était en janvier dernier, à l'occasion d'un débat communautaire à Sibiti, chef lieu du département de la Lékoumou, à environ 400 km à l'ouest de Brazzaville.

Débat organisé sur le thème : "Intégration des autochtones, quelles évolutions concrètes dans la Lékoumou ?" Ces échanges entraient dans le cadre du projet "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté". Un projet financé par l’Union européenne et piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP), en partenariat avec Syfia international.

Le débat a été animé en langues kituba et yaka, par Ruth Kokolo et Victor Bivihou, deux journalistes dudit projet, sous la coordination de Gaston Elbi Enkari, coordonnateur, assisté d’Emmanuel de Solère Stintzy, formateur de Syfia international et de Marien Nzikou-Massala, coordonnateur-adjoint. Une quarantaine de participants, d'associations et groupements de femmes de la Lékoumou, des peuples autochtones et des autorités locales, ont évoqué l’intégration des autochtones après l’adoption par le gouvernement congolais de la loi n°5-2011 du 25/02/2011, portant promotion et protection des droits des peuples autochtones.

Education et évolutions

Plusieurs participants au débat ont souligné des avancées, comme l'augmentation du nombre de mariages mixtes Bantous-autochtones. Autre avancée significative selon eux, la progression du niveau d'instruction : « Dans mon groupement, certains autochtones ont le bac. D'autres sont à l’Université. Certains sont même devenus des enseignants ! », relève Joseph Mavoungou, de l’Association de lutte contre la pauvreté à Komono (65 km au nord-ouest de Sibiti) et Sibiti. Autre exemple, toujours dans le département de la Lékoumou, cette fois dans le district de Bambama (250 km environ au nord de Sibiti). « Les femmes autochtones font et vendent désormais le manioc, comme les Bantoues », observe Marguerite Ngouono, présidente de l’association des femmes de Bambama.

De son côté, Thérèse Souaka, présidente de l’association Unité des femmes de Komono, souligne : « Chez nous, les autochtones ont des maisons construites en matériaux durables. Ils dorment dans des lits. Mais, ceux de Sibiti ne font pas d’efforts pour intégrer les milieux bantous. » Un avis partagé par Patricia Bouanga, présidente de l’association Debout Femme Autochtone du Congo à Sibiti et chef de bloc au quartier 6 Indo à Sibiti : « Depuis que la loi a été promulguée, les autochtones instruits ont un peu changé de mentalité. Par contre, les autres, dorment encore à même le sol et repartent vivre en forêt tous les trois à quatre mois... »

Prince Mouanda, un jeune autochtone ayant pris part au débat, a nuancé, observant, lui, « un léger progrès », même s'il reste à résoudre la question des « maîtres-Bantous », qui font travailler dans les champs ou ailleurs des autochtones à leur profit. Pourtant, la loi de 2011 (article 29 alinéa 2), affirme que « les populations autochtones ne peuvent être soumises à aucune forme d’esclavage. » Cette même loi condamne de 2 à 36 mois de prison et des amendes allant de 500 000 à 1 million de Fcfa (de 750 à 1 500 €) ceux qui pratiquent encore l’esclavage. Toutefois, cette loi manquant de textes d’application, les « maîtres-Bantous » ne sont jusqu'ici pas inquiétés et aucune plainte contre eux n’a été enregistrée...

Pour clôturer le débat de janvier dernier, Jean Denis Toutou Ngamiye, président de l’Association pour la promotion socio-culturelle des populations autochtones du Congo (Apsac) a résumé les progrès contrastés : « A Sibiti, l’intégration des autochtones est retardée par les maîtres-Bantous qui les dominent, mais dans d’autres villages, les mentalités évoluent. Aujourd’hui, dans la Lékoumou, on ne parle plus de l’intégration des autochtones, puisqu'ils vivent déjà avec les Bantous, mais plutôt de leur émancipation, qui reste à concrétiser. »

Victor Bivihou

Février 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com