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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 16:02

(CRP/Syfia) Sous informées sur les méthodes contraceptives, à Tchiamba-Nzassi (département de Pointe-Noire), des femmes peinent à limiter les naissances. Un débat communautaire a permis de faire tomber quelques préjugés et de prendre de bonnes résolutions.

« Ici, au village, les femmes font beaucoup d’enfants. La plupart d'entre elles ne savent ni lire, ni écrire. Du coup, elles ont peur de la pilule », a réagi Béatrice*. C'était fin 2015, lors d'un débat communautaire sur le thème : « Droit de la femme à l’information sur le planning familial ». Débat organisé par le Centre de Ressources pour la Presse, dans le cadre du projet financé par l’Union européenne et piloté en partenariat avec Syfia international : « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté. »

Animé en langue kituba par John Ndinga-Ngoma et Haircy Mbimi, deux journalistes dudit projet sous la supervision de Solange Kibelolo, coordonnatrice départementale, ce débat a connu la participation d’une trentaine de participants (deux hommes seulement parmi eux), rassemblés dans la salle des conférences de la communauté urbaine de Tchiamba-Nzassi, une localité de 3 000 habitants environ, située à 25 km au sud de Pointe-Noire.

Les participantes ont dans l'ensemble reconnu peu maîtriser les méthodes contraceptives les plus efficaces. Henriette, 43 ans, mère de 6 enfants dont deux âgées de 21 et 20 ans, a par exemple exprimé avec insistance sa peur de la pilule et du préservatif : « Je prenais la pilule avec l’accord de mon mari, mais mon cycle était perturbé. Je passais des mois sans voir mes menstrues, tant que la sage femme ne les déclenchait pas. J'ai aussi arrêté, parce que j'ai entendu dire que la pilule rendait stérile. Concernant le préservatif, une sœur est tombée enceinte, car au moment de l’éjaculation, la capote s’est rompue... »

Pilule et préservatif : les plus sûrs

Lors des discussions, Germaine Boudimbou, membre de l’Association congolaise pour le bien-être familial (ACBF), a vite apaisé les inquiétudes d’Henriette et des autres femmes : « La contraception, en particulier la pilule et la capote, est le moyen le plus sûr de contrôler les naissances. A l'inverse, le contrôle du cycle mensuel et le coït interrompu exposent aux grossesses non désirées, a-t-elle expliqué, avant de continuer à rassurer. Tous les médicaments ont des effets secondaires, chaque personne réagit différemment. Mais, vous devez reprendre la pilule, car, en l'arrêtant, vous vous exposez à une nouvelle grossesse. Quant au préservatif, s'il casse, c'est dû à une mauvaise utilisation ou à sa mauvaise qualité. »

Pour sa part, Silvia, 35 ans, déjà mère de trois enfants et qui désire en ajouter deux de plus, s’est questionnée sur « l’âge auquel une femme doit arrêter les grossesses ». Germaine lui a répondu : « Entre 18 et 35 ans, vous pouvez faire des enfants sans problème. Après 35 ans, si vous décidez d’avoir des enfants, vous devez être suivie de près par un spécialiste, car les grossesses deviennent à risques. »

Rose Pambou, mère de quatre enfants, a quant à elle estimé : « Si les femmes tombent souvent enceintes, c’est la faute de leurs conjoints, qui aiment trop l’acte sexuel. Certaines n'ont pas le droit de refuser quand leur mari veut faire l’amour, même lorsqu'elles sont fatiguées ! » A ce sujet, Hermann Malanda, président du Cercle des jeunes pour l’éducation sexuelle et à la santé (CJESS), a recommandé aux femmes de faire preuve de diplomatie avec leurs époux. « Vous ne devez pas faire l’amour à contre-cœur, sous prétexte que c’est le lit d’autrui. Il faut négocier. Expliquez à votre partenaire que vous êtes fatiguée, qu’il vous permette de vous reposer et que vous serez en pleine forme la prochaine fois ! »

Parler sexualité en famille

Un contrôle des relations sexuelles qui, associé aux moyens contraceptifs, aurait le mérite de limiter les naissances. Lors du débat, la directrice départementale de l’Intégration de la femme au développement à Pointe-Noire, Madeleine Paka-Zoulouka a, en effet, indiqué que les grossesses multiples constituent un frein à l’autonomisation des femmes, qui n’ont ensuite plus le même rendement : « Elles ont trop dépensé leur énergie dans la maternité... » Par ailleurs, les grossesses incontrôlées ou précoces « provoquent des césariennes, causent des fistules et conduisent parfois même à la mort de la mère », a mis en garde Mme Boudimbou.

Attentives, les femmes ont alors pris la résolution de contrôler désormais les naissances pour le bien être de leur famille. Résolution semble-t-il suivie les semaines suivantes. Toutefois, la contraception doit s'installer dans les couples sur la durée. Pour une sensibilisation efficace dans les foyers, Hermann Malanda a conseillé : « Les mères doivent parler de sexualité, du risque de grossesses précoces et d'infections sexuellement transmissibles avec leurs filles. Eduquer sa fille sur la sexualité signifie que vous êtes sa confidente. »

*Prénom d'emprunt

Blanche Simona

Février 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com