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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:22

(CRP/Syfia) Quelles sont les responsabilités de l’homme dans le foyer ? A Mbouli, un village d'environ 100 habitants, à une dizaine de kilomètres d’Ewo, dans la Cuvette-Ouest, femmes, hommes, chef du village et autorités administratives en ont dernièrement débattu.

Ils étaient nombreux sous l'"olebé". 52 participants exactement, sous cette sorte de hangar en bois, lieu de retrouvailles du groupement agricole de Mbouli, un village d'environ 100 habitants, à une dizaine de kilomètres d’Ewo (Cuvette-Ouest). C'était en janvier dernier, à l'occasion d'un débat communautaire organisé par le Centre de ressources pour la presse (CRP), en partenariat avec Syfia international sur le thème : "L’homme chef de famille dans le foyer, quelles responsabilités ?"

Débat animé en lingala par Nathalie Ngatsongo et Alain Michel Otieli, tous deux journalistes du projet financé par l’Union européenne « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un débat supervisé par Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet, Marien Nzikou-Massala, coordonnateur adjoint et Emmanuel de Solère Stintzy, partenaire de Syfia international.

Ces échanges ont réuni des membres des groupements agricoles mixtes des villages Ondouna, Mbou et Mbouli, le chef de ce dernier village et deux directeurs départementaux. Les animateurs ont commencé par rappeler ce que dit le Code de la Famille (article 168) : "Le mari est chef de la famille. Il exerce cette fonction dans l’intérêt commun du mariage et des enfants. La femme concourt avec le mari à assurer la direction morale et matérielle de la famille (...) La femme remplace le mari dans sa fonction de chef de famille s’il est hors d’état de manifester sa volonté, en raison de son incapacité, de son absence, de son éloignement ou s’il abandonne volontairement la vie commune, ou pour toute autre cause."

Femmes et hommes gèrent ensemble

Pour Joseph Ngabia, du groupement Mbouli (11 femmes et 9 hommes), "l’homme nourrit la famille et assure l’éducation des enfants, la santé de la famille. Il a poursuivi en prenant son exemple personnel : Je fais des champs avec ma femme. Quand nous vendons nos récoltes, nous atteignons 100 000 à 150 000 Fcfa (150 à 230 €). Je donne 100 000 Fcfa à madame, y compris pour la popote. Le peu d’argent qui reste, je le garde à la maison pour faire face à l’éducation et à la santé des enfants."

De son coté, Lambert Layi, du groupement Maman Adou (du nom de sa fondatrice Adou Ngapi Cornelie), a affirmé : "J'aide beaucoup ma femme dans les travaux champêtres. Je lui ai récemment remis de l’argent pour qu’elle achète quatre brouettes de tubercules de manioc pour préparer des pains et les vendre." En agissant ainsi, c'est toute la famille qui y gagne.

En ce qui la concerne, Cécile Lewaka du groupement Lengora, a assuré, que son mari s’occupait bien d’elle : "Mon mari m’aide à faire les champs. Il débroussaille et abat les arbres. D'autres femmes m’aident à sarcler." Marianne Babissi, du groupement mixte-Mbouli est, elle aussi, aidée par son époux. D’après elle, quand ils ont par exemple 100 000 Fcfa, son époux lui donne 60 000 F cfa (90 €) et il garde 40 000 Fcfa (60 €) pour acheter notamment des médicaments, en cas de maladie.

Doter, épouser, rester fidèle

Si pour Cécile et Marianne, la vie semble être en rose, d’autres participantes au débat ont au contraire estimé que la femme rurale souffrait dans son foyer. "Certains hommes n’ont même pas doté leur femme. Ils n'ont même pas offert de vin et n'ont aucune reconnaissance pour leur belle-famille. Demain, si ça ne marche plus, ils diront simplement à leur concubine de partir, prétextant ne pas l'avoir épousée", a regretté Angélique Kebi. La vice-présidente du groupement Wemeyi ("Tu es venu de ton gré") a donc suggéré aux hommes de "commencer par honorer leur épouse en la dotant."

Mais la dot ne fait pas tout... Pour les participantes au débat, l’un des devoirs de l’homme dans le foyer est d’être fidèle. Amédé Ondoukaye, un membre du groupement Congo victoire, est d'accord avec elles : "Avoir une femme est un devoir. Nous devons ensuite correctement nous occuper d'elle et éduquer les enfants." Pour sa part, Ernest Ngabouyi, chef de village Mbouli depuis près de 10 ans, avoue "n’avoir jamais traité un problème d’adultère. Quand on épouse une femme, c’est qu’on l'aime !"

A la fin des discussions, Antoine Ngahoulou, directeur départemental de l’Intégration de la femme au développement de la Cuvette-Ouest, a rappelé que l’homme était chef de famille, mais que ses responsabilités dépendaient aussi de l’éducation que son épouse avait reçue dans sa famille d'origine. De son côté, Angélique Onounga, directrice départementale de la Promotion de la femme, a insisté sur un des principes fondamentaux, selon elle, à respecter dans le mariage : "Le couple doit gérer de façon transparente l'argent du foyer."

Jean Thibaut Ngoyi

Mars 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com