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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:11

(CRP/Syfia) A Dolisie, dans le département du Niari, la veuve Patricia Moukoko revend des plantes médicinales au marché. Elle subvient ainsi à ses besoins et à ceux de ses enfants.

Des racines. Des écorces. Des feuilles comme loukaya lua lota (en langue lari, "feuille qui guérit les dartres", petites plaques sur la peau). Des colas (stimulants tirant leurs propriétés de la caféine)… Au marché du quartier Gaïa dans le 2e arrondissement de Dolisie (Niari), sur l'étalage ou plutôt l''herbo-pharmacie' de Patricia Moukoko, les plantes médicinales sont variées. Dans la quarantaine, cette veuve assume courageusement seule la charge de ses trois enfants depuis 1999.

Les plantes qu'elle vend soigneraient des maux aussi divers que le paludisme, les hémorroïdes, la faiblesse sexuelle, les fractures, etc. Mais, c'est par nécessité que Patricia s'est lancée dans cette activité : "Après le décès de mon mari, abandonnée par ma belle-famille, j'ai été obligée d’entreprendre quelque chose afin de faire face aux besoins de mes enfants. Avec un maigre capital, j’ai commencé à acheter quelques plantes pour les revendre." Les débuts n'ont pas été trop compliqués, car Patricia n'était pas débutante dans le métier : "J'ai suivi l’exemple de ma mère, qui, elle aussi, vendait des plantes médicinales. Petite, je l’aidais à vendre des colas et le boganda (whisky local, obtenu par distillation d’un mélange fermenté de farine de manioc et de maïs, Ndlr)."

Ses plantes, Patricia les achète elle-même auprès de fournisseurs qui reviennent de la forêt du Mayombe, dans certains villages comme Lefoutou (département de la Lékoumou) ou Moungoundou (département du Niari) : "Parfois, les fournisseurs viennent me les vendre ici, à Dolisie. J'achète le paquet de plantes à 500 Fcfa (0,75 €) et, en fin de journée, après revente, je me retrouve avec 10 000 à 30 000 Fcfa de bénéfices (15 à 45 €)."

Aucun effet indésirable ?

Une bonne affaire aussi pour les consommateurs, selon Jean Rosant Leciret, tradi-thérapeute : "Ceux qui vendent ces plantes nous aident beaucoup. Grâce à eux, nous pouvons les acheter ici, dans le marché, sans aller en brousse." Dieudonné Milandou, retraité de la boulangerie Sar de Dolisie, est devenu un client fidèle : "Quand je sens les manifestations du paludisme, je morcèle les racines de moutoubi ou ntienga (sarcocephalus latifolius ou rubiaceae, Ndlr) que je mélange avec de l’eau dans des bouteilles. Chaque jour, je consomme un verre. Voila pourquoi, mes enfants et moi, nous ne sommes jamais menacés par cette maladie."

Serge Simplice Bignounguila, enseignant en sciences physiques dans un lycée de Dolisie, en est lui aussi persuadé, "au Congo, plusieurs médicaments traditionnels ont beaucoup de vertus thérapeutiques et ont déjà montré leur efficacité à traiter de nombreuses maladies." Ce n'est pas Gilbert Mouanda, le secrétaire général des Tradi-thérapeutes du Congo (association basée à Brazzaville, mais avec des représentants à Dolisie), qui dira le contraire... "Nos remèdes traditionnels sont utilisés depuis plus de trois générations. Par ailleurs, leur consommation est dosée à base d’une cuillerée, un demi-verre, ou un verre. Il n’y a donc aucun effet indésirable."

Edmond Sylvestre Miabagnana, chercheur à l’Institut national de recherche en sciences exactes et naturelles de Brazzaville, nuance : "Pour que les résultats soient concluants, quand on coupe une plante pour bénéficier de sa substance médicinale, on doit d'abord connaitre l’étape de son cycle qui convient (floraison, germination, etc.). Attention aussi à l’administration de ces tisanes qui pose un problème de mode d’emploi et de dosage, la posologie n'étant pas scientifiquement déterminée. A la longue, ces médicaments peuvent ainsi provoquer des effets indésirables (vomissements, maux de tête ou de ventre, etc.)."

Nécessité oblige, au-delà de ces observations contradictoires des pratiquants de la médecine traditionnelle et moderne, Patricia continue d’exercer ses activités rentables : "Grâce à ce commerce, je participe aux ristournes. Ces dernières m’ont permis d’acheter une parcelle. Il ne me reste plus qu'à y construire." L'indépendance : une vertu insoupçonnée des plantes médicinales...

Max Ferhynel Poudi

Mars 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com