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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:06

(CRP/Syfia) A Djambala et ses environs, les femmes travaillent dur dans les champs et à la maison. Certaines arrivent à bien gagner leur vie. D'autres s'épuisent à la tâche. Un débat communautaire a été organisé récemment sur ce sujet.

"Le travail de la terre, c’est mon bureau ! Je suis fière de l’exercer, car il me nourrit naturellement. Dans mes champs, j’ai du manioc, des pommes de terre, des choux, des aubergines, etc. Grâce à l'agriculture, je ne manque de rien. Je gagne peut-être même plus d'argent qu'un fonctionnaire !", s'est enthousiasmée Martine Joëlle Gabio. La présidente du groupement Jeunesse Onari Abala Ndolo n'a sans doute pas exagéré. Au Congo Brazza, un fonctionnaire moyen gagne autour de 150 000 Fcfa (230 €)/mois, alors qu'une cultivatrice peut toucher jusqu'à 200 000 Fcfa (300 €)/mois, à raison de 1,2 million de Fcfa pour chacune des deux récoltes annuelles. Et ce, sans compter les recettes après ses différentes ventes.

"Les conditions de vie de la femme rurale à Djambala et ses environs" : tel était le sujet d'un débat organisé en janvier dernier à Djambala par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP), en partenariat avec Syfia international. Un débat animé en lingala et français par Viviane Nkoua et Flaure Elysée Tchicaya, toutes deux journalistes du projet financé par l’Union européenne : "Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté".

Les discussions ont été supervisées par Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet, Marien Nzikou-Massala, coordonnateur adjoint et Emmanuel de Solère Stintzy, partenaire de Syfia international. Ce débat a réuni 40 participants des groupements agricoles mixtes de Djambala, Abala Ndolo, Ndziegué, de Kialé, des chefs de quartiers et la directrice départementale de l’Intégration de la femme des Plateaux.

Travail harassant, mais payant

Selon Léon Indoura, chef de quartier centre-ville de Djambala, "l’agriculture est un travail harassant, mais au finish, les cultivatrices récoltent toujours quelque chose. Certaines achètent des parcelles à Brazzaville et y construisent." Des avantages dont profite aussi leur entourage a assuré Martine Joëlle : "A chaque fois que je vais à Brazzaville, après avoir vendu mes récoltes, j'achète un pagne ou des sandales pour moi, mais aussi des chemises pour mon mari. Je fais également un colis à ma mère."

De son coté, Tatiana Mpala, membre du groupement Jeunesse entente de Ndziegué, a plutôt estimé que la femme rurale souffrait au quotidien : "Quand je me réveille le matin, je balaie la cour et la maison. Je m’occupe des enfants et de mon époux. Je parcours ensuite 18 km pour arriver aux champs... J'y travaille pendant quelques heures, puis je m’arrête pour chercher des tubercules à rouir. Je transporte le manioc sur la tête et j'arrive fatiguée à la maison. Je dois alors préparer à manger pour monsieur..."

Un programme journalier que semble partager la majorité des participantes au débat. "Nous vivons dans des conditions difficiles à Abala Ndolo. On se réveille à 5 heures du matin pour aller aux champs, sans rien manger auparavant. Il faut travailler pendant des heures et rentrer le soir avec du bois de chauffe. Et quand on arrive à la maison, il faut encore aller chercher de l’eau sur des montagnes pour faire la cuisine ! Notre quotidien est pénible...", a résumé Blanche Okili, membre du groupement Jeunesse Onari Abala Ndolo.

Maris et tracteurs attendus

Au cours des échanges, Ayoulou-Essous Galem, président de la Coopérative mères et filles de Kialé, a donc encouragé "l’homme à aider son épouse dans les travaux champêtres et ménagers." Il a affirmé épauler sa femme aux champs (débroussailler, planter, récolter), mais aussi à la maison (faire le marché, balayer la maison, s’occuper des enfants).

L'aide des maris serait précieuse, mais Bernadette Malouri, présidente de la Coopérative chrétienne pour le développement du district de Djambala, a surtout demandé au gouvernement "des tracteurs agricoles pour nous permettre d'être moins pauvres. Si nous continuons à travailler à la main, il n’y aura pas de développement !"

Un plaidoyer soutenu par Germaine Inko, directrice départementale de l’Intégration de la femme des Plateaux : "Nous voulons que l’Etat mette à notre disposition des tracteurs. Nous avons de l’argent pour les louer. Avec la mécanisation, les gens travaillerons plus facilement et personne n'enviera plus la fonction publique !"

Jean Thibaut Ngoyi

Mars 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com