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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 16:04

(CRP/Syfia) A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, grâce à leurs revenus, de plus en plus de femmes gèrent leurs foyers. Généreuses, elles n'oublient jamais d'aider leurs maris, comme autant de "rois nourris par leurs épouses"...

"Lorsque j'ai de l'argent, je fais un programme. J'en parle à mon mari. Je ne lui donne pas de l'argent en tant que tel, mais je contribue tous les jours aux dépenses de la maison, car je suis responsable de mon foyer. Parfois, j'épuise toutes mes économies pour prendre soin de ma famille (en achetant de quoi faire la cuisine, du lait, du sel ou du savon, Ndlr)", explique d'une voix posée Colette Otanko, présidente de l'association les Compagnons du devoir et de l'action (CODAC) à Djambala, chef-lieu du département des Plateaux. "L’homme est comme un bébé, la femme est une maman. Dans mon cas, j'ai aidé pendant deux ans mon mari, le temps qu'il touche sa pension de retraite. Il mangeait matin, midi et soir. Grâce à moi, il ne s'est pas endetté !", ajoute avec joie et fierté Colette.

Comme elle, dans les Plateaux, de plus en plus de femmes viennent à la rescousse de leurs maris, en complétant les revenus du foyer. Elles gagnent ainsi en indépendance et gèrent mieux l'argent, au point, pour certaines, d'être presque considérées comme des chefs de ménage. Mais, des freins culturels demeurent... Tsiba Dianana, 55 ans, cultivatrice et membre du groupement Jeunesse entente de Dziegué, milite pour une stricte transparence dans la gestion des revenus : "Mon mari doit savoir combien me rapporte la récolte, c'est lui le chef ! Si je vends le sac d'arachides à 45 000 Fcfa (près de 70 €), je lui donne 10 000 Fcfa (15 €) pour ses besoins personnels (habits, argent de poche, etc.). Ensuite, j'épargne une partie pour d'éventuelles ordonnances médicales."

Selon un membre du groupement Espoir, qui a requis l’anonymat, "en aidant mon mari, je lui prouve combien de fois je l'aime ! Si la vente de mes produits me rapporte plus de bénéfices, une partie de cet argent sert à nourrir mes enfants et je réserve une autre à mon mari." Osias Cornelie Mfourga, 27 ans, vice-présidente de la Coopérative mères et filles de Kialé, ne fait pas non plus de cachotteries avec son mari : "En matière d'argent, je n'ai aucun secret pour lui ! Dernièrement, après les récoltes dans ma plantation de manioc, j’ai vendu cinq sacs de foufou pour 118 000 Fcfa (180 €). Avec cet argent, j'ai fait diverses dépenses pour la maison (matelas, popote, fournitures scolaires). Nous avons aussi une caisse commune où est thésaurisé l’argent que je gagne au sein du groupement, ce qui nous aide en cas de problème."

Amour et obligations à sens unique ?

Et les hommes dans tout cela, qu'en pensent-ils ? Pour Martin Ofouenini, 45 ans, agriculteur, "une femme qui s'occupe de son mari et de ses enfants avec son revenu, renforce l'amour vis à vis d'eux." Ayoulou-Essous Galem, président de la Coopérative mères et filles de Kialé est du même avis : "Pour qu'il y ait harmonie et bénéfice réciproque, la femme doit aussi contribuer (financièrement, Ndlr) dans son foyer." Pour Jean Pierre Mountali, chef de quartier Gambao, "la femme doit contribuer à la popote avec son argent, c'est un devoir." Prosper Andzono, chef de quartier de Mfoa, estime même qu'elle "a aussi le droit d'acheter une belle chemise, un beau pantalon à son mari..."

Et les femmes, elles, ont-elles le droit de dépenser aussi leur argent pour s'acheter des habits pour elles-mêmes ou de sortir davantage ? Pas forcément évident... La plupart doivent ainsi toujours demander la permission ou signaler à leurs maris la moindre de leur initiative. Dans les foyers polygames, faire évoluer les mentalités semble encore plus compliqué... "La suspicion règne. Chaque femme pense que les autres co-épouses travaillent uniquement pour leurs propres enfants. Elles se jalousent et se demandent si les autres contribuent financièrement autant qu'elles-mêmes. Par contre, si vous n'êtes que deux, il n’y a pas de suspicion, l'amour supporte tout !", estime Bernadette Malouri Bazoua, présidente de la Coopérative chrétienne pour le développement du district de Djambala.

Cette conception généreuse qu'ont les femmes rurales sur l'utilisation de leurs revenus ne date pas d'hier, pense un natif d'Impfondo (département de la Likouala, au nord-est du Congo) âgé de 50 ans environ et habitant aujourd'hui dans les Plateaux : "C'est une morale transmise et inculquée de génération en génération dans chaque famille. L'homme est un 'roi' nourri par son ou ses épouse(s)."

Flore Michèle Makoumbou

Avril 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com