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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 16:08

(CRP/Syfia) Dans le département des Plateaux, des agricultrices cultivent sur des terres qui ne leur appartiennent pas légalement. Jusqu’au jour où les vrais propriétaires les chassent ou les obligent à verser diverses contributions pour avoir leur bénédiction et celle des ancêtres.

« A Lékana, une propriétaire foncière a récupéré deux de ‘mes’ champs. C’était en 2002. Le premier était d’un hectare environ. Le deuxième d’un ½ ha. Malgré la médiation du chef de quartier, cette femme a refusé de négocier, brandissant des documents (un permis d’occuper et un titre foncier, Ndlr) comme quoi ces champs étaient sur son terrain », se souvient, avec un pincement au cœur, Dianana Ntsiba, membre du groupement Jeunesse entente de Dziégué.

Comme Dianana, dans le district de Lékana (département des Plateaux), bon nombre de cultivatrices occupent des terrains de façon anarchique, se bornant aux on-dit de la coutume, qui affirment que telle terre appartient aux ancêtres de telle famille. Une pratique qui a pris de l’ampleur à partir de 2002, avec le développement des groupements agricoles et leur quête de terres libres, en apparence, à cultiver.

Dans ce district et les districts environnants, des femmes héritent de terrains de parents qui ont quitté le village pour la ville ou de personnes décédées. La loi n°25-2008 du 22 septembre 2008 portant régime agro-foncier précise (article 3) : « Le patrimoine privé rural des personnes physiques ou morales de droit privé est constitué de tous les terrains et terres immatriculés ainsi que de ceux relevant des droits fonciers coutumiers, dûment constatés. » Reste toutefois à s’accorder entre propriétaires légaux et coutumiers…

« Quelques propriétaires légaux sont compréhensifs, mais d’autres ont un cœur dur et récupèrent leurs terrains », constate Dianana, contrainte depuis son expulsion d’aller à plus de 25 km de chez elle pour faire ses champs. Son cas n’est pas isolé. « En 2013, nous avions sarclé quatre champs. Au moment du labour, le propriétaire est apparu pour récupérer nos champs. Il disait que c’était sa terre. Nous nous sommes excusés, mais il ne voulait rien savoir. Il a fallu l’intervention des chefs des villages Dziégué et Ngabi pour qu’il nous laisse travailler. Ensuite, pendant la récolte, nous avons du lui donner une partie de nos choux et de nos arachides… », se souvient Tatiana Mpala, secrétaire du groupement Jeunesse entente de Dziégué.

« Mieux vaut coopérer… »

Dans le district de Djambala, toujours dans le département des Plateaux, les cultivatrices et cultivateurs collaborent plus régulièrement et facilement avec les propriétaires. « Nous leur donnons toujours 20 000 Fcfa (30 €) pour avoir le droit de cultiver leur terre et obtenir des ancêtres une bénédiction. Si nous ne collaborons pas, la récolte ne sera pas bonne. Donc, mieux vaut coopérer… », assure Ayoulou-Essous Galem, président de la Coopérative mères et filles de Kialé.

Paul Ngami, chef de terre Dziégué confirme : « Même à Brazzaville, c’est le propriétaire foncier qui vend la terre. Si vous ne lui donnez pas d’argent, ni de vin, vos plantations ne produiront pas, même si vous avez mis des engrais ! Nous récupérons les terres quand il n’y a pas eu d’accord. Quand vous venez et que vous travaillez comme si la terre appartenait à l’Etat, ce n’est pas bien. Une terre doit avoir un propriétaire. »

Une comparaison reprise par Emile Ngangoué, chef de terre Oka à Dziégué : « Seul l’Etat peut prendre des terres sans donner de l’argent aux propriétaires, parce qu’il va résoudre un problème d’intérêt public. Mais, ici au village, les gens ont pris l’habitude de travailler sur des terres qui ne leur appartiennent pas, sans donner d’argent aux véritables propriétaires. »

Jean Thibaut Ngoyi

Avril 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com