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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 09:09

(CRP/Syfia) Une perle rare ! Flora Saïra Batetana est une des rares jeunes femmes peintre en bâtiment à Brazzaville. Braver les préjugés lui réussit bien, puisqu’elle gagne correctement sa vie.

Une femme perchée en haut d’une échelle en train de peindre une maison… La scène, peu courante, étonne dans les rues de Brazzaville. Flora Saïra Batetana, la trentaine, fiancée et mère d’un enfant, n’a jamais eu peur de briser les préjugés : « En 2000, j’ai décidé de devenir peintre après mon échec en classe 4eme. J’ai voulu faire la différence par rapport à d’autres filles qui choisissent souvent la coiffure ou la couture. Moi, j’aimais faire les métiers ‘’dits d’hommes’’. Je me suis dit que je m’y sentirais à l’aise ! »

Persuadée qu’elle gagnera mieux sa vie comme peintre en bâtiment que comme mécanicienne par exemple, elle se forme trois mois à Brazza au contact d’un maître du Congo Kinshasa. « J’étais une de ses meilleures élèves. Une amie a approfondi ce travail avec moi. Nous sommes devenues indépendantes et avons crée chacune notre petite entreprise. C’était en 2015. A ce jour, je suis en train d’initier mon cadet à la peinture », confie Flora.

Maketa Ovadio, 26 ans, confirme : « Avant, je faisais la maçonnerie, mais à cause de la rapacité de mon maître, j’ai préféré apprendre la peinture avec ma sœur. C’est un métier qui paye mieux. Certains chantiers nous ont rapporté 500 000 Fcfa (760 €)…» Flora résume : « La peinture me rapporte beaucoup, surtout quand c’est moi qui trouve le marché. Je peux avoir 300 000 Fcfa (près de 460 €) et plus. Ce métier a changé ma vie, car je soutiens maintenant ma mère et mes frères. De son côté, mon fiancé m’aide à trouver des marchés. »

Sur ses chantiers, Flora peint des immeubles ou des maisons. Les recettes varient d’un chantier à un autre, mais elle se souvient encore de celui d’Oyo, en 2014, qui leur a rapporté 1 million de Fcfa (plus de 1 500 €) avec en plus l’admiration de certains habitants locaux comme Lea Lyolo : « Avant, je pensais que la peinture n’était qu’un métier d’hommes. Cela me fait plaisir de voir une fille faire ce travail ! »

Une filière porteuse

D’autres filles regardent avec grand intérêt une des leurs. « Quand je travaille, certaines manifestent le désir de venir apprendre le métier avec moi, mais elles ne reviennent pas, alors que je suis prête à les encadrer… », regrette Flora avec le sourire. Selon elle, certaines filles se découragent, persuadées que son métier est salissant et comporte trop de risques (respirer l’odeur de la peinture, tomber d’un échafaudage, etc.) Pour les convaincre, elle leur dit qu’à ce jour, tout ce qu’un homme fait, une femme peut aussi le faire.

Selon une étude sur les filières porteuses accessibles à des jeunes en difficultés à Brazzaville et Pointe-Noire, étude réalisée en avril 2015 dans le cadre du projet « Formation et insertion des jeunes filles vulnérables » par le Centre d’études et de recherches sur les analyses et politiques économiques (Cerape), la peinture en bâtiment est classée 11eme parmi les 20 filières les plus rentables au Congo.

Être peintre en bâtiment peut cependant, il est vrai, se révéler nocif pour la santé. « L’odeur de la peinture a des conséquences sur les poumons et le thorax, qui peuvent être atteints par diverses maladies respiratoires. Il faut peindre avec un cache-nez », recommande notamment le Dr Denis Botoka, médecin-chirurgien dans une clinique privée de Brazzaville.

Avec les années, Flora a appris à protéger sa santé. Elle qui comprend très vite en regardant quelque chose et n’a peur d’aucun emploi, est surnommée par ses proches « mwasi-mobali » (« femme-homme »). Pour la petite histoire, quand son mari l’a vue, un jour en pleine action sur un chantier, il en est tombé amoureux. « Il s’est intéressé à moi grâce à mon travail ! Je peignais une maison. Il a finalement voulu m’épouser pour m’aider dans mon travail en sa qualité d’opérateur économique ! », rapporte Flora Saïra.

A présent, toujours grâce à son métier de peintre en bâtiment, Flora possède un compte en banque et ambitionne de mettre bientôt un taxi en circulation.

Jean Thibaut Ngoyi

Mai 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com