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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 09:04

(CRP/Syfia) Elever de poulets de chair par ici, maraîchage ou agriculture par-là… A Yé, à 47 km au nord de Brazzaville dans le Pool, la veuve Rose Mantsiba multiplie les activités pour nourrir et scolariser ses six enfants.

De taille moyenne, vêtue d’une robe fleurie, nus pied, Rose Mantsiba est une habitante très occupée de Yé, un village du district d’Igné (Pool) à 47 km au nord de Brazzaville. « Je fais l’agriculture, le maraîchage et l’élevage des poulets de chair », énumère cette Congolaise de 49 ans, mère de six enfants.

Veuve depuis 2013, Rose assume depuis seule la charge de sa progéniture, comme en témoigne sa fille aînée, Dorcas Ngavouli, étudiante au Centre de formation en informatique du Centre d’information de la recherche de l’armée et de la sécurité (CFI CIRAS) : « Maman fait maintenant tout ce que papa faisait avant. Elle nous donne de quoi manger, de quoi nous habiller… Elle paye aussi nos frais scolaires. Rien que pour moi, ces derniers coûtent déjà 25 000 Fcfa (près de 40 €) par mois… »

Rose s’est lancée dans les travaux champêtres et l’élevage avec son défunt mari. C’était en 2007, lorsque celui-ci avait perdu son emploi. Elle s’en souvient avec tristesse : « Mon époux fut un agent de l’Office national des postes et télécommunications (ONPT). Il était parmi les agents dont les emplois ont été supprimés pour raisons financières. A la suite de cela, nous avons décidé de quitter Brazzaville pour le village de Yé, afin de nous lancer dans l’agriculture, l’élevage et assumer la scolarité de nos enfants. Six ans après, mon mari est décédé…»

Des activités certes difficiles, mais rentables pour la veuve Mantsiba. « Pour un champ d’un hectare de manioc, j’ai 50 sacs de foufou, vendus à Brazzaville entre 20 000 et 25 000 Fcfa le sac. Nous arrivons parfois à réaliser une fois par an 1 million à 1 250 000 Fcfa (1 500 à 1 900 €) de bénéfices. Par ailleurs, je vends en moyenne 20 poulets par jour entre 2 000 et 2 500 Fcfa chacun (entre 3 et près de 4 €), selon la grosseur », apprécie-t-elle.

« Le travail remplace papa et maman ! »

Félicité Milembé, agricultrice et habitante de Yé, est admirative : « La veuve Rose Mantsiba est un exemple pour nous. Elle est très travailleuse. Elle cultive tellement de légumes, que parfois la population de Yé n’arrive pas à tous les acheter ! Elle ravitaille alors les villages environnants et même le marché de Brazzaville ! »

Jules Ntsiba, ami du défunt mari de Rose, se souvient que tout n’a pourtant pas été facile pour cette veuve au décès de son époux : « Je l’ai encouragée à continuer les mêmes activités, vu tous les efforts qu’ils avaient fournis ensemble, mais au début, elle n’en avait pas envie. Aujourd’hui, grâce au maraîchage, à l’agriculture et à l’élevage des poulets de chair, elle scolarise tous ses enfants. Deux sont à l’université, deux au lycée, un au collège et le dernier à l’école primaire ! »

Malgré tout, les difficultés persistent. Confrontée à des attaques d’insectes sur ses cultures, Rose demande un financement de l’Etat pour éviter de nouvelles pertes, comme l’an dernier : « Mes choux, tomates, poivrons, haricots verts, concombres, etc. ont été attaqués par les grillons. Je n’avais pas assez d’argent pour les éliminer. Si l’Etat m’aide à faire face à une éventuelle autre attaque d’insecte, je réaliserais une bonne récolte. »

Quelles que soient les problèmes, Rose reste en tout cas déterminée à se battre pour continuer à scolariser ses enfants, elle qui rêve de voir ses petits devenir un jour cadres dans la fonction publique. Selon elle, « le travail remplace papa et maman ! »

Hortense Nathalie Ngatsongo

Mai 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com