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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 09:31

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, Augustine Bati Bimpolo, paraplégique, a construit son salon de coiffure et est autonome grâce à son métier. Elle forme des apprenantes et leur montre la voie de l’indépendance.

Non loin du marché central de Sibiti se dresse un salon de coiffure pour dames, construit en planches, prénommé « Auguy Coiffure ». Auguy n’est autre que le petit nom affectif d’Augustine Bati-Bimpolo, propriétaire dudit salon.

Célibataire et mère de deux enfants, la quarantaine accomplie, Augustine est paraplégique et fière d’être coiffeuse. Paralysée des membres inférieurs depuis sa naissance à la suite d’une maladie, elle a choisi la coiffure pour ne pas dépendre de ses parents. « J’ai été formée pendant six ans à Brazzaville. En 1997, à cause des troubles sociaux-politiques, je suis revenue à Sibiti. J’y ai ouvert en 2005 mon propre salon », se souvient-elle.

Auguy n’avait alors que 50 000 Fcfa (75 €) comme fonds de départ. A ce jour, son métier lui permet de faire face à ses besoins et à ceux de ses deux filles âgées de 15 et 6 ans. Par mois, Augustine gagne en moyenne 50 000 Fcfa. Année après année, à force d’économiser, elle a réussi à construire sa maison en matériaux durables.

Augustine a beau se déplacer en tricycle, son handicap n’est donc pas un frein pour elle. Anne-Christine Mboussi-Bati, sa sœur cadette, confirme : « Enfant, elle voulait déjà se sentir capable de faire tout travail réalisé par un valide. Elle n’acceptait pas qu’on la traite de ‘vaut-rien’. » Auguy n’a pas changé de mentalité avec les années : « Grace à son métier, ma sœur a tourné le dos à l’oisiveté. Chaque jour, elle fait face aux besoins essentiels de la famille sans attendre l’aide d’un parent, d’un ami ou d’une connaissance. »

Apprenantes ravies

Augustine est également déterminée à montrer à d’autres le chemin de l’indépendance en leur apprenant son métier. « Grand merci à maman Augustine ! Grâce à sa formation, j’ai ouvert mon propre salon », souligne Diane Ipouni, une des six premières filles formées par Augustine. Comme Diane, toutes ont ouvert depuis leur salon. Actuellement, huit autres jeunes filles sont en formation chez « Auguy Coiffure ». Parmi elles, Alreiche Bouanga : « Je suis avec maman Augustine depuis bientôt un an. Dans peu de temps, je finirai ma formation. Mon apprentissage se déroule normalement. Il n’y a pas de problèmes entre elle et ses élèves. » Une formation couronnée par une attestation délivrée par la direction départementale de l’Artisanat. Cette direction travaille en partenariat avec « Auguy Coiffure » et lui offre parfois du matériel.

Auguy aime être utile à la société, en donnant du travail aux jeunes femmes. Pourtant, les difficultés ne manquent pas… « En 2014, le ministère de l’Intégration de la femme nous a dotés de kits de coiffure (casques, fauteuils, etc.). Mais, pour éviter les voleurs, je ne peux installer ce matériel dans mon local en planches vétuste... » Habituée à se battre depuis sa naissance, Auguy se dit déterminée à travailler encore davantage pour économiser et construire un salon en briques (matériaux durables). Cela dit, elle apprécierait un petit coup de main des autorités locales...

Ce à quoi Jean Claude Bassouamina Louzolo, directeur de l’Intégration de la femme au développement dans la Lékoumou, répond : « Les femmes devraient évoluer en associations. Il serait ainsi plus facile de les aider. » En attendant, Augustine Bati-Bimpolo continuera à montrer la voie de l’indépendance pour elle, ses filles et ses apprenantes.

Emmanuel Libondo

Juillet 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com