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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 09:33

(CRP/Syfia) A Komono (département de la Lékoumou) à environ 65 km de Sibiti, des femmes sont privées de leurs droits. Des associations spécialisées, des autorités locales et des journalistes en ont récemment débattu.

« Comment sont perçus les droits de la femme à Komono ? » C’est le thème d’un débat communautaire qui a réuni, le 23 juin dernier, dans cette ville d’environ 14 600 habitants, située à 65 km au nord-ouest de Sibiti, une quarantaine de participants : membres d’associations de femmes, journalistes, autochtones et autorités locales.

Débat organisé dans le cadre du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté », piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP), en partenariat avec Syfia international, avec l’appui financier de l’Union européenne.

Animé en kituba par Flaure Elysée Tchicaya et Annette Kouamba Matondo, deux journalistes du projet, sous la supervision de Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet, les échanges ont également rassemblé Daniel N’Galouo et Catherine Nkoué-Ngoulou, respectivement secrétaire général de la communauté urbaine de Komono et directrice départementale de la Promotion de la femme dans la Lékoumou.

« Pondeuse » ou « esclave »

Dès l’entame du débat, certaines participantes ont eu de la peine à énumérer leurs droits dans leurs foyers. Augustine Ayama, présidente de l’association les femmes de Lissengue (un des six quartiers de Komono) a semblé être mieux informée : « La femme a le droit d’être soignée par son mari en cas de maladie, d’être nourrie... Ici à Komono, certains hommes respectent les droits de leurs épouses. D’autres, par contre, ne veulent rien savoir. Comme mon défunt mari. En 1990, quand j’ai déposé mes dossiers pour travailler au district ou intégrer les forces armées congolaises, il s’y est opposé catégoriquement. Je suis donc restée au foyer à faire des enfants et à cultiver le manioc…»

Lors de ce débat, les animatrices ont rappelé quelques droits fondamentaux : être nourrie, soignée, habillée, travailler (article 24 de l’ancienne Constitution de 2002). A la suite de quoi, plusieurs participantes ont dénoncé l’attitude de la plupart des hommes de Komono. « Beaucoup négligent l’éducation et la scolarisation de leurs propres enfants. Ils préfèrent s’occuper de ceux de leurs sœurs. Ils estiment que, conformément à notre culture du matriarcat (régime d’organisation sociale, dans lequel la femme joue un rôle prépondérant, Ndlr) seuls ces enfants leur sont directement liés. La femme n’est considérée que comme une pondeuse à produire les enfants ou des biens et à satisfaire les besoins de l’homme ! J’ai vécu cela pendant plusieurs années. J’ai été obligée de quitter mon foyer conjugal », a révélé Martine Kengué, chef du quartier centre-ville de Komono. Elle ne s’est plus remariée depuis, mais espère le faire bientôt.

Les femmes autochtones endurent elles aussi toutes sortes d’abus. « A l’école, on préfère recaler notre enfant même s’il a bien travaillé, pour favoriser les bantous. Nous n’avons pas le courage de beaucoup produire, car ces derniers ne consomment pas nos produits. Ils disent que nous sommes sales et nous font travailler comme leurs esclaves ! », s’est plaint Véronique Moukouala, une autochtone. Selon cette participante au débat, ces discussions sont à encourager, car elles mettent enfin bantous, autochtones et autorités locales ensemble pour débattre des questions qui minent leur environnement.

« L’implication de tous »

Tentant de se justifier, certains hommes ont pris la parole pour assurer que les femmes étaient « elles-mêmes victimes du non-respect de leurs droits par les hommes de par leurs comportements au foyer. » Tsiba Félix Magellan a ensuite questionné l’assistance : « Qui a dit qu’à Komono, une femme ne pouvait pas construire une maison ou n’avait pas le droit de pratiquer l’élevage ? Nous l’encourageons au contraire à ne pas se limiter à l’agriculture de subsistance. Elle est libre d’entreprendre quelque chose, du moment que cela participe au bien-être du ménage. »

Ce débat, un premier du genre à Komono, a en tout cas permis aux participants de réaliser le chemin à parcourir... Ce qui a fait dire à Catherine Nkoué-Ngoulou : « La question des droits de la femme dans notre district nécessite l’implication de tous, afin de sortir la femme rurale de son statut de simple mère de famille et jeter les bases de son émancipation.»

La directrice départementale espère ainsi organiser, dans les prochaines semaines, des sensibilisations sur les droits et devoirs des femmes, afin de susciter une prise de conscience plus large et durable.

Emmanuel Libondo

Juillet 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com