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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 09:30

(CRP/Syfia) A Komono, dans le département de la Lékoumou, rares sont désormais les hommes à honorer et doter sérieusement leurs femmes. Souvent, un bidon de 25 litres de vin de palme leur suffit pour officialiser leur union…

« Ici, les hommes prennent des femmes chez leurs parents sans verser la dot, ni même donner un carton de vin pour la présentation (annonce officielle auprès des parents. La future épouse peut alors rejoindre le domicile de son fiancé, Ndlr). Les femmes font des années dans des foyers sans être dotées par leurs maris. Elles continuent à se terrer de peur d’être ensorcelées par leurs familles », dénonce Martine Kengué, chef de quartier centre-ville de Komono.

Dans cette communauté urbaine d’environ 14 600 habitants, située à 65 km au nord-ouest de Sibiti, certains « considèrent les femmes comme leurs esclaves. Esclaves parce que l’époux ne connaît pas les parents de sa femme. Moi, je ne peux pas accepter qu’un homme vienne me doter avec 25 litres de ntombé (le vin de palme, Ndlr) ! », avance Martine, se référant à plusieurs couples de Komono.

Marceline*, par exemple, 61 ans, vit depuis près de 20 ans en union libre avec son mari. « Il ne m’a pas dotée. Il n’a fait qu’une présentation. Mais, nous sommes unis et ça marche ! Nous sommes déjà habitués à vivre ainsi. Chacun travaille. Quand mon mari a de l’argent, il me le montre et nous le gérons ensemble », témoigne-t-elle.

« J’ai été obligé de la doter »

De son côté, Dominique Nkoua Ngoulou, père de cinq enfants, marié depuis 1982, avoue qu’ici, « les hommes ne dotent pas leurs femmes alors qu’avant, ils les honoraient. On observe cela depuis la guerre de 1997. De nouvelles mœurs sont apparues. » Une entorse manifeste au Code de la famille congolais. « On ne peut contracter le mariage sans avoir auparavant versé la dot ou obtenir des parents une déclaration écrite selon laquelle le mariage sera célébré ultérieurement » (article 123).

Heureusement, certaines femmes ne se laissent pas faire et exigent la dot avant d’intégrer le foyer de leurs fiancés. « Quand j’ai pris ma femme, elle m’a dit qu’elle ne resterait avec moi que si j’allais voir ses parents ... J’ai donc été obligé de la doter. J’ai payé 50 000 Fcfa (76 €, montant légal prévu par le Code de la famille, Ndlr), quatre dames-jeannes de vin rouge, une grosse marmite pour la maman, des pagnes, des machettes, etc. », se souvient Dominique.

La dot : une façon d’honorer son épouse, mais aussi de se protéger en tant que mari, selon Félix Magellan Tsiba, un agent de télé diffusion à la retraite : « S’ils n’agissent pas ainsi, les hommes courent beaucoup de risques. Par exemple, si leur concubine meurt, avant les obsèques, sa famille leur demandera d’épouser son corps (mariage post-mortem avec des inconvénients financiers, Ndlr) ». Félix poursuit et voit dans les pratiques actuelles « une négligence et un manque de motivation.»

« Aller au bout de leur amour »

Des obstacles qui se confirment dans les chiffres, selon Daniel Ngalouo, secrétaire général de la mairie de Komono: « A travers les chefs de quartiers, nous encourageons les couples à célébrer leur mariage officiel à la mairie de Komono. Nous en avons célébré… un courant 2016 et deux en 2015... »

Des chiffres insignifiants, mais Albert Ngouaka, directeur de cabinet du maire de Komono, préfère parler des avancées : « Le mariage ne coûte pas cher ici. C’est souvent une dame-jeanne de vin rouge avec deux ou trois casiers de bière. En dehors du mariage coutumier, le mariage officiel se fait à la mairie et la bénédiction nuptiale à l’église. Cela coûte autour de 50 000 Fcfa. Même si nous copions les mariages de la ville, chez nous, nous n’avons jamais atteint 200 000 Fcfa (plus de 300 €).»

Raison de plus pour Martine Kengué d’interpeller les Komonoises (habitantes de Komono) pour qu’elles comprennent que quand elles restent 3 à 6 mois dans la maison d’un homme, ce dernier doit faire la présentation auprès de la belle-famille et payer la dot.

De son côté, Catherine Nkoué-Ngoulou, directrice départementale de la Promotion de la femme de la Lékoumou, encourage « l’homme et la femme à s’unir et les parents à leur permettre d’aller au bout de leur amour symbolisé par la dot. »

* Prénom d’emprunt

Jean Thibaut Ngoyi

Juillet 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com