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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 16:33

(CRP/Syfia) A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux et ancienne capitale de la pomme de terre, cultivatrices et cultivateurs peinent à relancer cette culture. 

« Plusieurs fois j'ai eu des pommes de terre pourries ! Lorsque j'en ai parlé au chef de secteur agricole, il m'a indiqué que la variété avait vieilli par manque de traitement », déplore Jean Paul Kiénankié, agriculteur et président du groupement Espoir. Depuis environ trois ans, à Djambala, à près de 450 km au nord de Brazzaville, des agriculteurs ne parviennent plus à renouveler leurs semences, ce qui provoque baisse de production et pénurie. Un paradoxe, dans cette ville considérée dans les années 80-90 comme la « capitale de la pomme de terre » au Congo.

Selon Joëlle Martine Gabio, présidente du groupement Jeunesse Onari d'Abala Ndolo, « en 2013-2014, notre groupement a enregistré une perte de près de 500 kg de pommes de terre. De mauvaise qualité, la semence avait pourri », se souvient-elle. Elle poursuit : « Nous avons cultivé un champ de près de 5 hectares qui nous a donné quatre tonnes et demi de pommes de terre. Alors qu'un hectare peut produire deux tonnes et demi quand la semence est bonne. »

Nostalgique, Jean Paul Kiénankié se remémore l'époque de l'Office des cultures vivrières (OCV), quand les agriculteurs recevaient des variétés résistantes pendant près de 10 ans : « A l'époque, les semences étaient surveillées pendant trois ans. L’OCV achetait aux paysans toute leur production. Après le stockage et la conservation dans les hangars et les chambres froides, les plus petites pommes de terre servaient de semences et revenaient aux paysans pour la prochaine récolte. Aujourd’hui cet Office a fait faillite… Le paysan est abandonné. Certes, nous recevons des dons, mais il n'y a pas de suivi…»

Dans son groupement et dans d’autres, Jean Paul Kiénankié veille à partager ses connaissances : « Le paysan vend toute sa production et ignore le triage. Les gros et les moyens calibres sont destinés à la consommation. Par contre, les petits servent de semences. » Membre du groupement Espoir, Claire Ngandobi semble, elle aussi, bien s’y connaître : « Certaines semences données par le Conseil départemental des Plateaux en 2014 n’ont tenu qu’une seule fois. Une semence bien traitée va au-delà de six ans, à l'instar de la semence ‘’Zaïre’’ (en provenance de l’actuelle RD Congo, Ndlr), résistante aux maladies. »

 

Diversifier les cultures

Pour Martine, ces contre-performances seraient aussi dues au changement climatique : « Nous cultivons la pomme de terre deux fois par an. Le 1er cycle va de juillet à décembre et le 2ème de janvier à juin. La récolte intervient après deux à trois mois. Mais, les cycles ont changé. Le 1e débute dorénavant  en mai et le second  en décembre. Sur les sept variétés de semences que le ministère de l'Agriculture nous a données, quatre seulement ont survécu…»

Aujourd’hui, de nombreuses femmes rurales ont donc opté pour les cultures mixtes, « Sur un même champ, je plante les ngapara (sorte de légumes, Ndlr), la patate douce, le manioc. De telle sorte que, si une culture pourrie, je pourrais me rattraper avec d'autres. Je ne cultive plus la pomme de terre à cause de la rareté des semences », explique encore Claire.

Il en faudrait plus également pour décourager Mme Gabio surnommée localement ‘’reine de la pomme de terre’’. Elle se dit même gagnante au bout du compte : « J’ai  une plantation de 75 sillons grâce à une semence du Cameroun et je peux fixer les prix comme je l'entends ! Pourquoi pas 2 500 Fcfa (3,80 €) le kg ! » Faute de contrôle de l'Etat, le prix du sac de 50 kg de pommes de terre varie en effet fortement de 18 000 à 40 000 Fcfa (27 à 61 €). A titre de comparaison, dans les années 80, le prix du même sac était de… 2 500 Fcfa ! Pour remettre de l’ordre dans la filière, Mme Gabio demande aux agriculteurs de « passer commande de semences à partir de janvier 2017 au sein de son groupement. En contrepartie, une part leur sera restituée », promet-elle.

Alain Fernand Kébila Mayindou, directeur départemental de l'Agriculture, précise : « Nous n'avons pas les moyens d'acheter les semences. Depuis deux ans, nous sommes en rupture de stock. Jadis, chaque année, notre ministère de tutelle distribuait aux agriculteurs des semences avant les campagnes agricoles… Je lance donc un cri du cœur aux autorités de l'agriculture pour remédier à cette rareté pour que le district de Djambala retrouve sa renommée d'antan. »

Flore Michèle Makoumbou et Magloire Ngampé

Octobre 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com