Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 16:34

(CRP/SYFIA) A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, à près de 450 km au nord de Brazzaville, certaines agricultrices préfèrent vendre leurs produits à Brazzaville pour gagner plus.

8 h 30. Gare routière de Djambala, un vendredi du mois d’octobre. Deux véhicules embarquent des sacs de foufou et quelques filets de pommes de terre prêts à être acheminés et vendus dans la capitale Brazzaville, située à près de 450 km plus au sud.

« A Djambala, il n’y a pas beaucoup de clients au marché », lâche d’un ton désespéré Nicha Ngampio. Nicha fait partie de ces commerçantes qui ont décidé d’aller vendre leurs produits à Brazzaville auprès de clients présumés plus riches. « Si tu vends un filet de 50 kilos de pommes de terre, à Djambala les gens n’achètent presque pas. A Brazzaville, je gagne plus d’argent. Surtout le foufou, quand il n’y en a plus sur le marché (octobre-novembre, début de la saison de pluie, quand les femmes sont affairées à ensemencer dans les champs, Ndlr), je vends dans la capitale le sac de foufou à 40 000 Fcfa (61 €). En un seul jour, je peux vendre 30 sacs ! », assure Martine Joëlle Gabio, présidente du groupement Jeunesse Onari d’Abala-Ndolo (village situé à 12 km de Djambala).

Martine Joëlle poursuit son récit : « En 2015, j’avais loué un camion plein de pastèques que j’étais allée vendre à Brazzaville. Une fois retirées les dépenses pour le véhicule et le gardiennage, mon bénéfice était de 500 000 Fcfa (760 €). Cet argent m’a permis de supporter les études de mes deux enfants à l’université à Brazzaville et d’investir pour faire d’autres champs (pommes de terre, pastèques, manioc, etc.) »

Attention à la pénurie

Un commerce facilité depuis la réhabilitation de la route Djambala-Ngo-Brazzaville en 2013 à la faveur de la municipalisation accélérée des Plateaux. « A Djambala, j’ai essayé de vendre un demi sac de foufou, il a fait deux semaines à la maison… Finalement, c’est la femme d’un policier qui me l’a acheté à crédit ! », fait savoir Tatiana Mangomva, membre du groupement Mère et Fille de Kialé (village situé à 50 km de Djambala). « Mais, à Brazzaville ajoute-t-elle, les clients achètent beaucoup. J’avais vendu dernièrement 8 sacs de foufou de 50 kilos à 35 000 Fcfa (53 €) l’unité. J’avais ainsi gagné 280 000 Fcfa (425 €)».

De son côté, Claire Ngandobi membre du groupement ‘’Espoir’’, arrive après vente à faire des économies : « Après avoir vendu mes sacs de foufou, je divise l’argent en trois parties : une pour l’épargne, l’autre pour financer divers travaux champêtres et, avec la troisième, j’achète des cartons de poissons salés, des bidons d’huile d’arachide et du riz pour les revendre ensuite. » Jean Paul Nkiénankié l’époux de Claire, est un homme comblé : « Je suis content quand ma femme revient de Brazzaville après la vente avec tout le bénéfice ! » Un coup de pouce significatif qu’apprécie aussi Jean Galème Ayoulou Essou, l’époux de Tatiana : «  Ma femme rapporte de la capitale des habits et des sous-vêtements pour les revendre chez nous à Djambala. Ces marchandises renforcent son commerce. »

D’autant plus que ces commerçantes sont souvent aidées par des transporteurs. « Si quelqu’un a 5 ou 10 sacs de foufou et n’a pas d’argent, nous transportons gratuitement sa marchandise. Il paie après la vente », témoigne Kayif Ngadzié, contrôleur d’un véhicule qui effectue le trajet Brazzaville-Djambala. Selon lui, généralement,  le prix de transport d’un sac de foufou de 50 kilos est de 5 000 Fcfa (7,60 €) et celui d’un filet de pommes de terre  de 3 000 Fcfa (4,60 €).

Colette Otankon, présidente de l’association Les Compagnons du devoir et de l’action (CODAC), « s’il y a excès de produits, c’est normal que ces femmes partent vendre à Brazzaville, mais en cas de pénurie je souhaiterais qu’elles vendent d’abord ici. » Vendus à Brazza, le foufou et les pommes-de-terre deviennent en effet parfois rares et chers sur les marchés de Djambala...

     Victor Bivihou

Octobre 2016

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com