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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 16:31

(CRP/Syfia) A Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, à près de 450 km au nord de Brazzaville, des femmes rurales associent petits commerces et travaux champêtres pour sortir de la pauvreté. 

« Je ne veux pas avoir une seule activité. Je commence d’abord à vendre les divers (condiments, oignons, ail, huile, riz, poissons salés) au marché. Après, je vais aux champs. Je tire donc profit de ces deux activités. Au marché, je réalise des recettes allant de 30 000 à 35 000 Fcfa (45 à 53 €) la matinée. Aux champs, j’ai gratuitement l’arachide, les légumes, le foufou et les tubercules de manioc », énumère Serveze Blanche Edia, 57 ans, mère de six enfants, agricultrice et vendeuse au marché de Djambala.

Dans le chef-lieu du département des Plateaux, à près de 450 km au nord de Brazzaville, Serveze Blanche Edia fait partie de ces femmes qui exercent simultanément commerce, agriculture, ou encore élevage pour maximiser leurs revenus. Serveze a ainsi pu « construire une maison mise en location ici à Djambala. Et, quand mon mari n’a pas encore perçu son salaire, je soutiens parfois les études de mes enfants qui fréquentent à Brazzaville. »

Emploi du temps chargé

Les époux ne restent heureusement pas bras croisés et aident leurs femmes aux champs (défrichage, labour, etc.). Mais, le quotidien de ces femmes reste difficile. Martine Nguekou, la cinquantaine, célibataire, mère de trois enfants et vendeuse de vivres frais (poissons d’eau douce) vend au marché de Djambala jusqu’à 9h30. Et, à partir de 10 heures, elle se rend aux champs. Un emploi du temps bien chargé… « Nous parcourons 10 à 15 km à pieds, donc c’est pénible. Certaines femmes empruntent des motos pour aller aux champs, moyennant 600 Fcfa (0,90 €) aller-retour », fait encore savoir Martine.

Pour Alvie Joline Ondziri, une cliente de Djambala, « ce système n’est pas mauvais, car une vendeuse dont le fonds de commerce est minable, doit travailler la terre pour renforcer son petit commerce. C’est ce qui les pousse à être vendeuses le matin et cultivatrices la mi-journée. Aussi, les champs leur permettent d’avoir gratuitement le foufou, l’oseille, les légumes et de réduire les dépenses », pense-t-elle.

D’autres habitants de Djambala estiment qu’il n’est pas bien que dans le chef-lieu du département des Plateaux, le marché ferme avant midi. Rares sont en effet les vendeuses à rester jusqu’à 12h-13h. Selon Martial Andzono, agent du Conseil département des Plateaux, « nous voulons que le marché commence au moins à 6 heures et se prolonge jusqu’à 15 heures. » Tsina, une autre cliente, mariée et mère d’un enfant, pense que, « la vendeuse doit aussi se reposer ! Si tout allait bien au marché, elle ne torturerait pas son corps en allant cultiver la terre ! »

Femmes actives

Si hier, le marché de Djambala ne fonctionnait que de 5h00 à 6h00 du matin, Armand Mampouya, président dudit marché, pense qu’aujourd’hui, il y a eu un léger changement du fait que ce marché fonctionne jusqu’à midi. Chaque vendeur paye 50 Fcfa/jour (moins de 10 centimes d’euro), taxe de la mairie pour le droit de place occupée et une somme de 500 Fcfa (0,75 €) à payer par mois auprès du comité du marché pour son entretien. Selon Armand Mampouya, « concernant les femmes qui vendent la mi-journée et après partent aux champs, je ne peux rien leur imposer, car sans les travaux champêtres, ce serait dur pour ces dernières

Il faut dire qu’à côté de cette catégorie des femmes, il y a certaines vendeuses qui ferment une bonne fois, d’autres par contre quittent le marché pour aller vendre le long du goudron jusqu’à au moins 7 heures du soir.

Pour Germaine Inko, directrice départementale de l’Intégration de la femme au développement des Plateaux : « Ce n’est pas trop mal de vendre le matin et de cultiver l’après-midi. Ces femmes ont besoin d’argent pour s’acheter d’autres choses, car elles ne peuvent pas manger que du manioc et des légumes toute la journée. »

Natacha Thècle Kaba & Jean Thibaut Ngoyi

Octobre 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com