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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:11

(CRP/Syfia) A Mboukou, à environ 50 kilomètres de Pointe-Noire, autorités locales, habitants et journalistes ont discuté fin octobre dernier des violences que subissent les femmes dans leurs foyers.

Un thème on ne peut plus clair : « Mboukou : violences faites aux femmes ». Ce débat communautaire a été organisé le 29 octobre dernier dans la localité du même nom, située à une cinquantaine de kilomètres de Pointe-Noire (district de Hinda). Il a été réalisé dans le cadre du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un projet financé par l’Union européenne et piloté par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP), en partenariat avec Syfia International.

Haircy Mbimi et John Ndinga Ngoma, deux journalistes membres du CRP, ont animé les échanges, sous la supervision de Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet. Présente également : Mergeline Dombi Bouya, chef de service à la direction de la Promotion de la femme du Kouilou. Trente personnes (dont trois hommes) ont participé à ces discussions.

D’entrée de jeu, John Ndinga Ngoma a justifié le choix du thème, motivé par la commémoration, chaque année le 25 novembre, de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Plusieurs d’entre elles ont, sans langue de bois, dénoncé les violences dont elles sont victimes de la part de leurs époux. « Mon mari n’hésite pas à me battre, surtout quand je lui demande de l’argent pour la ration alimentaire quotidienne... », a expliqué par exemple Brigitte.

Maris violents : 2 ans de prison et 48 000 Fcfa d’amende

Des sévices condamnés par les hommes participants à ce débat. A l'image de Mbiala Tangui, la trentaine, qui a affirmé vivre en harmonie avec sa femme. Des propos soutenus d’ailleurs par celle-ci. Au cours des échanges, Tangui a estimé que les hommes se comportaient en fonction de leur niveau d’instruction. Au quotidien, il prodigue donc des conseils à ses amis sur l’attitude à adopter dans leurs foyers.

Le chef de village de Mboukou, François Makosso, joue lui aussi un rôle d’éducation de premier plan : « J’ai plusieurs fois reçu des femmes battues par leurs maris. Certaines portaient encore les stigmates de leurs coups... » Cependant, le chef de village s’étonne du refus de ces victimes de dénoncer leurs bourreaux : « J’ai voulu envoyer au poste de police de Hinda un homme qui avait battu son épouse, mais celle-ci s’y est opposée par la suite. Les femmes ne veulent pas divulguer ce qui se passe dans leurs foyers. »

« Nous n'avons pas le droit de parler. Nos parents nous l’interdisent. Nous supportons donc dans la douleur », a expliqué Brigitte. « Votre silence vous rend en partie responsables de ce que vous vivez ! », a estimé Mergeline Dombi  Bouya, de la direction de la Promotion de la femme du Kouilou, avant de présenter aux participantes au débat quelques extraits des textes juridiques sur leurs droits. Rappelons notamment l’article 311 du Code pénal qui prévoit à l'encontre de tout auteur de violences une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 48 000 Fcfa (75 € environ) d’amende et dommages et intérêts à payer à la victime.

Rites de veuvage sanctionnés par le Code pénal

A Mboukou, une des périodes les plus douloureuses pour les femmes reste le veuvage. « La veuve est maltraitée, très souvent parce que la belle-famille gardait une rancœur du vivant du mari », a affirmé Odette Goma, une participante au débat. François Makosso voit lui aussi dans ces rites archaïques « une vengeance de la belle-famille sur la veuve. »

Parmi les sévices endurés : l’obligation faite aux veuves de verser jusqu’à 500 000 Fcfa (plus de 760 €) à la famille de son défunt mari pour les funérailles... « Une vraie punition pour des femmes sans revenus considérables. Si elles ne payent pas, elles n'ont pas droit aux rites que la belle-famille doit accomplir pour les éloigner de l’esprit de leurs défunts maris », a publiquement regretté le chef de Mboukou.

François Makosso a toutefois souligné que certains rites, comme ceux d'obliger la veuve à ne manger qu’à des heures précises ou de rester la tête baissée, tendent à disparaitre. Saturnin Tchimanga, un proche du chef de village, a de son côté observé : « Souvent, nous obtenons une baisse des sommes demandées après l’intervention des responsables du village. » Une avancée réduite quand on sait que le Code de la famille congolaise (articles 800 et 801) précise : « Les rites coutumiers de deuil sont volontaires. Ils ne peuvent être imposés au veuf ou à la veuve (…). Les sévices ou mauvais traitements exercés sur la veuve ou le veuf à l’occasion des cérémonies de deuil sont réprimés, conformément aux dispositions du Code pénal. »

Patrick de Mangoubi

Novembre 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com