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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:10

(CRP/Syfia) A Komono (Lékoumou), amputée d'un bras à la suite d'un accident domestique quand elle avait 2 ans, Adèle Souaka, ne s’apitoie plus sur son sort. Sa planche de salut et sa passion : le tissage et la teinture de nattes.

« Mon mari ? C’est mon travail ! Quant à mon enfant, il représente mon seul espoir ! » ne cesse de répéter Adèle Souaka. Artisane et mère célibataire dans la quarantaine visiblement épanouie, elle n'a pourtant plus qu'un seul bras depuis un accident dans son enfance.

Adèle est la seule artiste parmi les artisans vanniers de Komono (ville du département de la Lékoumou, à environ 65 km de Sibiti). Elle a commencé à tisser des nattes, puis à y associer des dessins (Nature, êtres humains, carte du Congo, objets divers, etc.) à la suite d’un rêve prémonitoire : « En 1990 j’ai fait un songe dans lequel un homme m’apprenait le dessin. En 1992, j’ai rencontré une Européenne qui, après avoir découvert mes tissages de nattes, m’a suggéré d’y associer la teinture pour embellir mon travail. » Aujourd'hui, Adèle Souaka s'émerveille des nouvelles formes qu’elle exécute ainsi avec adresse en assemblant ses nattes. Résultat : de magnifiques oeuvres à la fois décoratives et utiles.

Malgré son infirmité, Adèle ne manque ni de courage, ni de volonté. Au quotidien, elle tient à assumer elle-même certaines tâches (ménage, cuisine, vaisselle), même si elle est aidée (coupe de bois, transport d'eau, etc.) par les membres de sa famille habitant dans la même parcelle. « Je me suis longtemps apitoyée sur mon sort... Et puis, je me suis rendue compte que cela ne servait à rien et que je devais aller de l’avant ! Dieu m’a en effet donné un travail, alors que d’autres, pourtant en bonne santé, n’en ont pas... », souligne Adèle avec philosophie.

« Travail apprécié par le président de la République » 

L'artiste passe ainsi des heures dans son atelier, une petite pièce aménagée dans sa maison. Là-bas, on trouve ça et là des fibres naturelles extraites du palmier, une petite brosse à dents qui lui sert de pinceau, de la peinture, des nattes, etc. « Quand je commence un travail, je ne sais pas m’arrêter ! Le tissage des nattes est un ouvrage délicat et long. Il nécessite plusieurs semaines d'ouvrage. » Elle en détaille les principales étapes : « Je trie d'abord les fibres extraites du palmier. Je les range ensuite selon leurs tailles, puis je commence le tissage. Enfin, je termine avec les écrits ou les dessins. »

Un long processus cependant très épanouissant, car ces moments de création lui permettent de s'évader. « Chaque fois que je travaille, de nouvelles idées me viennent. Je ne veux pas que mes nattes se ressemblent. »

Adèle Souaka se plaint toutefois de la cherté du matériel : « J'achète la boîte de teinture à 10 000 Fcfa (15 €) minimum.  Je paye aussi le tas de fibres extraites du palmier entre 1 000 et 1 500 Fcfa (entre 1,5 et 2,30 €). » L'artisane fixe donc le prix de son travail en fonction des heures passées à fabriquer la natte et du montant dépensé pour acheter son matériel : « Les prix de mes nattes varient de 20 000 à 25 000 Fcfa (de 30 à 38 €), voire plus. Mes nattes sont en effet de grandes dimensions. Je les confectionne sur commande. Il m'est donc difficile de savoir combien je gagne d'un mois à l'autre. Ce qui est certain, c'est qu'avec le peu que je gagne, je prends soin de moi ! »

Si sa notoriété se limite pour l'instant à Komono, son travail a toutefois été apprécié lors de la municipalisation accéléré de la Lékoumou en 2015 et, en août dernier, à Madingou (chef-lieu du département voisin de la Bouenza, à environ 170 km de Komono) à l'occasion d’une exposition. « Je n’ai jamais vu un tel travail dans notre district, ni même au-delà ! Adèle combine écriture et dessins qu’elle intègre avec dextérité sur ses nattes. Son travail a été apprécié par le président de la République lors de la municipalisation accélérée ! », souligne, fier et joyeux, Nzinzi Alphonse, secrétaire du quartier Nimbi de Komono, où Adèle a son atelier.

Bientôt un centre d'apprentissage ?

Bassouamina Louzolo Jean Claude, directeur de l’Intégration de la femme au développement dans la Lékoumou, est lui-aussi admiratif : « Quand j'ai visité l’atelier de  Souaka Adèle pour la première fois, j'ai été ému et très impressionné de la voir travailler. Nous avons ensuite fait un état de ses besoins auprès de notre ministère de tutelle. C'est grâce à ce contact qu'elle a été invitée à l’exposition vente lors de la municipalisation accélérée de la Lekoumou. »

Mais, ces opportunités sont ponctuelles. Adèle a donc du mal à prendre son envol. « Elle devait en principe ouvrir un centre d’apprentissage pour développer cet art à Komono et initier des jeunes. Mais, faute de financement, ce projet n’a pas encore vu le jour... », regrette Alphonse. Bassouamina Louzolo Jean Claude semble croire à des jours meilleurs. Il affirme en effet avoir « répertorié un certain nombre de femmes handicapées qui se distinguent dans différents domaines. Adèle Souaka en fait partie, de même qu’Augustine Bati Bimpolo qui a déjà reçu du matériel pour son salon Auguy coiffure. »

D'autres femmes espèrent pouvoir, elles aussi, bientôt recevoir une aide financière ou matérielle de cette même direction départementale. En attendant, Adèle continue de se battre seule et à faire la fierté de sa famille et de ses proches.

Annette Kouamba Matondo

Novembre 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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golf swing mechanics 22/12/2016 17:56

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com