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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:07

(CRP/Syfia) A Komono dans le département de la Lékoumou à environ 65 km de Sibiti, peu de femmes connaissent leurs droits à travailler. Beaucoup continuent donc de subir les refus arbitraires de leurs époux. Plus tolérants, certains hommes changent toutefois de comportement.

«J’avais déposé un dossier au district de Komono pour un emploi, mais mon mari était alors parti chez le sous-préfet pour retirer ma candidature. Une autre fois, mon époux a refusé que j'intègre l’armée. Il a préféré que je reste à la maison pour faire les travaux champêtres…», témoigne Augustine Ayama, dans la cinquantaine, mère de cinq enfants, aujourd'hui veuve et présidente de l’Association les femmes de Lissengué, un des six quartiers de Komono.

Dans cette localité de la Lékoumou, peu de femmes connaissent leurs droits. L'ancienne Constitution de 2002 (article 24) leur accorde pourtant la possibilité d'être nourries, soignées, habillées, ainsi que le droit de travailler. « En principe, dans le foyer, c’est l’homme qui est responsable. Pourtant, chez nous, la charge des enfants revient à la femme. La majorité des hommes n’aiment pas aider leurs enfants. Ils ne pensent pas au bien de leurs mamans », estime Martine Kengué, chef de quartier centre-ville de Komono. Elle poursuit : « Ici, beaucoup de couples vivent en union libre. Le diplôme de la femme semble être d'avoir beaucoup d’enfants... Il est donc difficile pour un homme de dire à son épouse de faire un petit commerce. En fait, cette dernière n’a pas son mot à dire. … »

Une situation encouragée par de pesanteurs traditionnelles qui voudraient que la femme reste au service de l’homme. Dans cette partie du sud du Congo, la famille est en effet plutôt matriarcale et les enfants ont tendance à être considérés comme du devoir quasi-exclusif des femmes. Ces dernières endurent tout, de peur que leurs enfants soient ensorcelés.

 

« La femme doit travailler comme l’homme !  »

Cependant, avec le développement local du monde associatif, certaines voix s’élèvent, y compris chez les hommes, pour dénoncer ces abus. A l'image de Félix Magellan Tsiba : « Chez nous aussi, la femme doit travailler comme l’homme ! Elle a les mêmes droits que lui et doit donc s’émanciper. » Cet ancien chef du quartier Makélé incite ainsi les femmes à occuper les mêmes fonctions que les hommes  pour éviter d’être manipulées. Il ajoute : « Quand j’étais chef de quartier, je demandais aux femmes. Qui vous a dit de ne pas construire à Komono ? De ne pas faire l’élevage ? De ne pas planter les arbres fruitiers ? C’était pour moi une manière de les encourager. Par exemple, la femme doit construire, car même si elle est dans un foyer conjugal, elle pourra mettre ce logement en location. Elle doit aussi élever des moutons ou des poules. Si elle divorce un jour, son héritage reviendra à se enfants. » Quant aux hommes, quand il était encore chef, Félix leur faisait comprendre que, selon la Bible, la femme a été crée par Dieu à partir de la cote de l’homme. Ce dernier doit donc la considérer comme une partie de lui-même et la respecter.

Alphonse Nzinzi, secrétaire au comité du quartier Nimbi, cite son exemple : « J'ai laissé ma femme se former dans un atelier de couture. Elle est depuis devenue couturière. » L'entourage du couple a ainsi changé de regard sur cette épouse qui participe désormais financièrement aux charges du foyer.

Pour Catherine Nkoue Ngoulou, directrice de la Promotion de la femme au développement dans la Lékoumou, « ces quelques femmes qui ont compris leurs droits dans le foyer doivent agir pour jouir de leur liberté ! » Pour accélérer cette émancipation, Félix Magellan Tsiba  demande « des débats communautaires et des formations, pour expliquer aux femmes ce qu’elles doivent faire pour aboutir à un changement. »

Clarisse  N'zoutsi Milandou

Novembre 2016

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com