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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:00

(CRP/Syfia) A Ignié (département du Pool), les femmes rurales mènent de front plusieurs activités : agriculture, fabrication de manioc, élevage, petit commerce, etc. Elles peinent cependant à sortir de la pauvreté.

« J’ai des champs de manioc d’un hectare. Je fais le maraîchage. J'élève des poulets et des canards. Je peux vendre 100 têtes par an. Je vends un poulet 2 000 Fcfa (3 €). Donc, j’ai un bénéfice annuel de 200 000 Fcfa (300 €). Grâce à ces activités, je m'occupe de mes enfants », a expliqué, au cours d'un débat communautaire, Adolphine Ndinga, une veuve de 46 ans, mère de cinq enfants à Ignié.

Ce débat a été organisé dans cette localité à environ 45 km au nord de Brazzaville (département du Pool) par le Centre de Ressources pour la  Presse (CRP) en août dernier, sur le thème : « Lutte contre la pauvreté, comment sont perçues les conditions de vie  de la femme à Ignié ? ». Ces discussions entraient dans le cadre du  projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un projet financé par l’Union européenne et piloté par le CRP en partenariat avec Syfia international.

 

Aux petits soins pour leurs enfants

Vingt-six femmes et deux hommes ont pris part à ce débat animé en lingala par Viviane Nkoua et Nathalie Hortense Ngatsongo, deux journalistes du projet, sous la supervision de Gaston Elbi Enkari et Marien Nzikou-Massala, respectivement  coordonnateur et coordonnateur adjoint dudit projet. Au cours des échanges, les femmes rurales du quartier Ngakouba ont dénoncé le manque d’appui financier et l'absence de tracteurs agricoles des pouvoirs publics. Un abandon de longue date, selon elles.

Combatives, elles ont beau cumuler les travaux, elles restent pauvres. Comme l'a expliqué Bouba Opportune, membre de la coopérative du village de Bambou Mingali, fabricante de maniocs : « Je peux préparer jusqu'à 100 maniocs par jour que je vais vendre à Brazzaville. Mais, je suis consciente de ne pas satisfaire tous mes besoins. L’essentiel est que j’arrive à payer les études de mes quatre enfants. »

De son côté, Thérèse Nguié, vendeuse de poissons au marché PK45 d’Ignié, a raconté : « Je quitte la maison à 5 heures du matin pour aller acheter les poissons d’eau douce à l’île Mbamou (à plus de 45 km de là, Ndlr) et venir les revendre au PK 45. Quand je les achète 30 000 Fcfa (45 €), je gagne 15 000 Fcfa (23 €) de bénéfices par jour en moyenne. Mais, il y a des moments où j'enregistre des pertes. En tout cas, avec cette activité j’aide ma famille. Dernièrement, j'ai pu acheter les médicaments pour mon enfant malade. »

 

Plate-forme locale des organisations paysannes

Au cours du débat, les participantes ont affirmé être souvent abandonnées, même par leurs propres maris. Gérarde Milandou, vendeuse de tomates au marché PK 45, a par exemple interrogé l'assistance : « Si un époux donne 3 000 Fcfa (4,5 €) à sa femme pour acheter les tubercules de manioc, cette dernière peut-elle soutenir sa petite famille avec ça ? » Certains hommes se disent plus généreux. Jules Ntsiba, exploitant agricole participant au débat a témoigné : « J’ai donné 50 000 Fcfa (75 €) à ma femme pour qu’elle fasse son manioc. Mais depuis qu’elle à commencé, son activité n’évolue pas en raison notamment des prix pratiqués à Brazzaville. Elle a donc décidé de faire le maraîchage. Je lui ai donné des semences et du matériel aratoire. Elle s'en sort ainsi mieux qu'avant. » Comme Jules, Pierre Vinzou a affirmé qu’il donnait aussi de l’argent à son épouse pour qu’elle vende au marché, malheureusement, il constate qu'elle manque toujours de clients et de recettes....

Persuadé que l'union fait la force, Jules Ntsiba a décidé en 2014 de créer avec d'autres personnes une plate-forme locale des organisations paysannes pour identifier les besoins des agriculteurs et les relayer aux pouvoirs publics. Pour l’heure, cette structure compte une vingtaine de coopératives et s'affaire dans les préparatifs d’une foire agricole prévue en février 2017.

En conclusion du débat, Adolphine Ndinga a insisté sur l'indispensable appui du gouvernement : « Je demande à l’Etat congolais de penser à nos dix groupements de femmes rurales d'Ignié. Il doit nous encadrer techniquement et mettre à notre disposition des tracteurs pour nous aider à augmenter nos rendements et nos revenus. »

Jean Thibaut Ngoyi

Novembre 2016

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com