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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 14:52

(Syfia/CRP) Même s'ils ont passé plusieurs années dans la rue et y ont parfois connu la violence et la drogue, les enfants peuvent reprendre leurs études et retrouver une vie de famille normale. Pour y parvenir, il faut prendre le temps de les écouter et de s'occuper d’eux. Reportage à Brazzaville, à l'Espace Jarrot, une organisation de la société civile, qui les suit et leur sert de tremplin.

 

Avenue de la Paix à Brazzaville, le soleil vient de se coucher. Des enfants regagnent leur "domicile" de fortune : la rue. Quand on va à leur rencontre, instinctivement ils se regroupent comme en famille pour se protéger de l'intrus. La plupart ont fui leur famille biologique avant de se retrouver ici.

Les yeux ahuris, le visage de cet enfant inquiet exprime le manque d'amour et de chaleur familiale. Patrice, 15 ans, orphelin de père, vit depuis 3 ans dans la rue. "Je préfère vivre ici qu'en famille", assure-t-il. Après quelques hésitations, il avoue qu'il a quitté les siens, parce que sa mère ne pouvait plus payer ses études, ni même le nourrir. "On ne mangeait qu'une seule fois la journée", se souvient-il. Daniel, 16 ans, vit lui aussi dans la rue. Il a perdu ses parents biologiques et vivait avec sa grand-mère. Jusqu’au jour où… "Je ne pouvais plus supporter le traitement que m'infligeaient mes oncles, j'étais contraint de me réfugier dans la rue", témoigne-t-il.

Patrice, Daniel et tant d’autres… Les rues des grandes villes congolaises abritent de plus en plus d'enfants. Leur nombre s'est accru à partir de la décennie 1990, avec les conflits armés qu'a connus le pays. D'après les enquêtes menées par une ONG américaine, International Rescue Committee (IRC), en 2003, ils étaient alors déjà 2 000  à vivre dans la rue (1 200 à Brazzaville et 800 à Pointe-Noire). Le directeur général de l'Action sociale et de la famille, Florent Niama, dégage "trois causes principales" pour expliquer cette inquiétante évolution : "la pauvreté des parents, les conflits armés et l'instabilité liée à l'enfant lui-même, qui est plus attiré par la rue que par la famille".


Des centres, passerelles vers les familles

Le gouvernement veut donc prévenir et lutter contre ce problème. Pour lui, les centres d'accueils ne sont qu'un passage avant la réinsertion durable et même définitive en famille. Plusieurs associations oeuvrant dans le domaine partagent le même but. La plupart d'entre elles considèrent ainsi leurs propres centres comme des passerelles. Les enfants qui ont connu la rue doivent en effet passer par un lieu plus hospitalier pour se reconstruire. A l’extérieur, avec les autres gamins, la cohabitation est en effet difficile, à cause des violences dont ils sont victimes. Accueilli dans un centre, l'enfant est soumis à un nouveau mode de vie collectif où chacun doit se soucier de l'autre.

Réinsérer ensuite un enfant dans sa famille biologique prend du temps, car ce dernier, le plus souvent mentalement abattu, doit d’abord se reconstruire psychologiquement. Certains doivent également se défaire de l'emprise de la drogue. Autre difficulté majeure : l’attitude de certaines familles qui n'acceptent plus de reprendre l'enfant, par manque de moyens. "Il faut une relation de confiance pour aider un enfant abattu mentalement à se remettre", résume John Tama, psychologue clinicien, habitué à travailler avec ces gamins de la rue.

Après plusieurs étapes qu'il a tour à tour franchies, Bienvenu, 15 ans, a finalement été réinséré avec succès dans sa famille. Comme sa maman a des problèmes mentaux, il est accueilli par son oncle paternel. Au départ, certains de ses voisins désapprouvaient le choix du tonton. Aujourd’hui, au vu du bon comportement adopté par Bienvenu, ils reviennent peu à peu sur leur position.


Enfant de la rue devenu père exemplaire

Les enfants de la rue sont souvent marginalisés, méprisés et peu considérés par leurs proches. Certains réussissent cependant à créer leur propre foyer. A l’image de Jesse, 19 ans, qui travaille aujourd’hui comme formateur en mécanique dans un garage de la capitale. Jesse a une femme et un enfant. "J'ai été dans la rue pendant au moins 3 ans. L'Espace Jarrot m'a recueilli et m'a orienté vers un métier de mon choix. Aujourd'hui, je prends soin de ma petite famille. Mon enfant ne se retrouvera pas dans la rue. Jamais je ne lèverai la main sur lui. Si je n’arrive plus à l’éduquer, je demanderais de l’aide", promet cet orphelin de mère qui a quitté son foyer à la suite d’une violente dispute avec sa belle-mère et son père.

Malgré la réussite de quelques uns de leurs protégés, certains centres déplorent le manque de soutien et d'attention qu'on leur accorde, en particulier pour la scolarisation des enfants. "Un enfant du centre sur quatre, ne termine pas le cycle primaire", regrette Joseph Bikié Likibi, directeur de l'Espace Jarrot et coordonnateur du REIPER, le Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture.

 

 

El-Staël Enkari et Georgina Ndouengosso

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com