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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 15:49

(Syfia/CRP) Sur le site de Mafouta à Brazzaville, une centaine d'enfants, de 8 à 18 ans, cassent des cailloux à longueur de journées, parfois amenés là par leurs parents trop démunis pour les envoyer à l'école. Et ce malgré l'interdiction de la loi et les risques pour leur santé. Reportage.

 

Entouré de blocs de pierre et bordé par le fleuve, le site de Mafouta à Brazzaville, dans le premier arrondissement, ressemble à un camp de travail où s'échinent femmes, hommes et enfants, le dos courbé sous un soleil accablant. Assise dans un coin, un foulard posé sur la tête, une femme casse un bloc de pierre à l'aide d'une pioche. A côté d'elle, un homme dans la quarantaine transpire à grosses gouttes en essayant de morceler un bloc de pierre avec une barre de fortune fabriquée à partir d'un rail. Un peu loin, un enfant d'environ 10 ans, escalade, en respirant difficilement, un gros tas de pierres portant sur sa tête un seau rempli de cailloux. Le travail des uns et des autres est rythmé par les coups de marteau incessants, comme une musique de fond à laquelle se mêlent les bavardages peu audibles des travailleurs absorbés par leurs tâches.

Des regards absents, tristes et parfois durs témoignent de la rudesse du travail que des enfants, comme Yannick, 14 ans, endurent au quotidien pour survivre. "C'est maman qui m'a encouragé à venir ici, car, dit-elle, cela contribuera à faire le marché tous les jours. Je ne vais plus à l'école. De toutes les façons, maman n'a pas les moyens de me scolariser. Donc j'économise pour faire plus tard de la mécanique", souligne-t-il.

Le cas de Yannick est loin d'être unique. Une centaine d'enfants, de 8 à 18 ans, sont contraints de travailler dans cette carrière au détriment de leur santé. Ceux qui les y amènent ne mesurent pas toujours les dangers qu'ils encourent. Ce travail pénible nécessite en effet beaucoup d'attention et de dextérité pour casser les blocs dynamités en cailloux. Les enfants peuvent s'écraser les doigts, se couper, ou se fracturer un membre lors d'une chute. D'autant plus inquiétant qu'à proximité de la carrière, on ne trouve aucune infirmerie. Le docteur Fidel Malonga, généraliste à la clinique COGEMO, évoque d'autres risques pour la santé : "les enfants qui travaillent dans les carrières ou les mines sont souvent victimes de maladies pulmonaires et de problèmes articulaires. Ils souffrent également de fatigue."

 

Dur labeur, salaire insignifiant

Des outils rudimentaires et peu sécurisants constituent l'essentiel de leur matériel : le marteau, la pioche, la massue et bien d'autres objets plus surprenants tels que la barre à mine, des morceaux de rails, etc. Dans ces conditions, le travail avance à pas de tortue. La période de casse des cailloux dure ainsi au moins deux semaines avant que n'intervienne la vente. Difficile par conséquent de réaliser de gros bénéfices. D'autant plus que les travailleurs doivent faire face à toutes sortes de difficultés financières : redevance minière (2000 Fcfa/sac vendu), droit de casser versé aux propriétaires des carrières (3 000 Fcfa). En bout de chaîne les graviers sont vendus par tas de deux mètres entre 15 000 et 20 000 Fcfa au client.

Pour leur dur labeur, les enfants gagnent en moyenne 1 000 Fcfa/tas, à raison d'un à deux tas vendu par mois. Une somme insignifiante, car la plupart de ces enfants viennent de familles démunies et ont besoin de cet argent pour subvenir aux besoins de leurs proches. Toujours mieux que rien, explique en substance le père d'un enfant de 9 ans : "La vie est difficile, mon enfant doit apprendre à se battre pour être mieux armé plus tard."

Au Congo, le travail des enfants est interdit par le Code du travail. Son article 116 stipule que "les enfants ne peuvent être employés dans aucune entreprise avant l'âge de 16 ans sauf dérogation accordée par le ministre de l'Education nationale après avis de l'inspecteur du travail (…)." Le pays a par ailleurs signé la Convention internationale des droits de l'enfant qui dit notamment que l'enfant doit être protégé de l'exploitation économique et n'être astreint à aucun travail comportant des risques, susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

 

Annette Kouamba Matondo

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Published by Syfia Congo Brazza
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commentaires

natty 06/10/2009 15:14


Cet article démontre concrètement qu'au Congo la gouvernance actuelle ne respecte aucun texte en vigueur, de la Constitution aux codes qui régissent les ministères, le constat que l'auteur fait
doit faire réagir la commission européenne pour dénoncer et faire pression sur les autorités congolaises pour trouver une alternative viable à ces enfants. Grand merci à Annette Kouamba


belleafro 06/10/2009 15:04


En général, en Afrique la réalité est très loin des textes, des lois. Au Congo Brazzaville en particulier, les lois sont faites pour la connaissance personnelle et non pour être respectées. On ne
peut s'étonner car, un Congolais sur deux ignore l'existence du code de la famille et à cela s'ajoute la mauvaise gestion des deniers publics qui engendre la pauvreté. La population se trouve face
à un dilemme, les parents à la merci de la nature.


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com