Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:13

(Syfia/CRP) Mal informés sur les multiples taxes qui pèsent sur eux, commerçants et vendeuses des marchés de Brazzaville sont souvent victimes d'abus, en particulier des policiers. Pour changer cette situation, le Comptoir juridique junior mène un projet en partenariat avec la direction des marchés.

 

"Quand il est question de payer les taxes, nous ne cherchons pas à vérifier si elles sont régulières ou non. Nous nous contentons de les payer parce que nous en avons l'habitude", explique, l'air triste Aurélie, une vendeuse d'aliments au marché Total de Brazzaville. Comme Aurélie, bon nombre des commerçants méconnaissent les taxes à payer.

Selon la Direction générale des marchés de Brazzaville, il existe neuf taxes légales qui varient de 50 Fcfa à 4000 Fcfa, perçues majoritairement par les mairies. Sans compter la patente, les impôts et parfois même les taxes sur l'environnement sans oublier celles sur les droits d'auteurs, pour ceux qui diffusent de la musique dans leurs boutiques (12 500 Fcfa par mois).

Il y a de quoi s'y perdre d'autant que selon que les vendeurs ont une boutique, un étal ou vendent au bord des rues, le nombre et le montant des taxes à payer varie. Parmi celles les plus connues des commerçants : les droits de place, la taxe de balayage, les taxes sur les baraques, la taxe d'occupation du domaine public (1200 Fcfa par mois), le renouvellement d'occupation du domaine public (3600 Fcfa par an), la taxe sur les colis quand on décharge un camion….

"Par rapport à ce que je vends, je pense qu'il y a trop de taxes et qu'elles sont trop élevées", se plaint M., un commerçant de Poto-Poto 1 qui tient une table de produits alimentaires. Les bénéfices des vendeurs et vendeuses de ces étals tournent en effet autour de 2000 à 10 000 Fcfa par jour. M. ajoute que "chaque semaine, les policiers passent une ou deux fois, en différents groupes. Parfois, deux fois le même jour pour demander 200 ou 500 Fcfa". Ce que confirme M. Coulibaly, secrétaire chargé à la sécurité et à l'assainissement de l'Association des vendeurs du marché de Poto-Poto 1. Selon lui, certains viennent aussi demander sans raison les papiers d'identité des clients. Pourtant la présence des policiers est normalement interdite dans les marchés.

"Une fois, ajoute-t-il, nous avons chassé les agents de l'environnement qui voulaient prélever des taxes sur tout le monde alors qu'ils ne peuvent le faire que sur ceux qui vendent du charbon et du bois de chauffe. On ne s'est pas laissé faire, sachant qu'ils n'ont pas de taxes à prélever ici".

 

Les commerçants impuissants

Face à cette multiplicité des taxes légales ou non, les vendeurs des marchés se sentent perdus et ne savent pas à quel saint se vouer. Ils préfèrent payer pour ne pas avoir d'amendes ou voir leurs marchandises confisquées faute d'avoir payé, parfois, quelques 100 Fcfa.

Les associations de marché qui sont censées les défendre ne les aident pas mais les contraignent plutôt à payer ces taxes. Elles-mêmes prélèvent un pourcentage sur, par exemple, la taxe de gardiennage : 200 Fcfa sur les 4000 Fcfa que déboursent chaque mois les commerçants qui ont une boutique.

Selon une enquête menée début 2009 par le Comptoir juridique junior (CJJ), près des deux tiers des 400 femmes enquêtées estiment que "les comités de marché sont impuissants (s'ils ne sont pas complices) devant les taxes dites non régulières car ils ne font rien." D'ailleurs, poursuit le rapport "certains membres de ces comités affirment ne pas avoir la maîtrise du nombre de toutes les taxes".

Ceux qui sont les plus taxés, en particulier par les policiers, sont les petits vendeurs des bords de route et les commerçants étrangers, ouest africains surtout, qu'ils aient ou non leurs papiers en règle. Jusqu'il y a trois mois, explique l'un d'eux, "ils venaient pour demander les fiches de gendarmerie et les fiches de boutique. Ils vérifiaient aussi la patente… On devient comme des parents, quand ils viennent on leur donne 1000 Fcfa et le lendemain ils reviennent…"

Pour améliorer cette situation le Comptoir Juridique Junior a lancé le projet Promotion et Protection des Droits des femmes des taxations frauduleuses. Leur action consiste à informer les vendeurs, les femmes notamment, sur les taxes qu'elles doivent légalement payer et les organismes auxquels elles peuvent avoir recours en cas d'abus. Leur objectif est d'essayer de réduire de moitié en deux ans le montant des taxes. Selon la coordonnatrice du Projet, Inès Mvoukani "le Comptoir juridique Junior travaille avec la Direction des marchés qui est l'organe de gestion des marchés de la mairie centrale. C'est avec elle que nous essayons de mettre en place des stratégies pour les informer et les sensibiliser". Le projet a récemment organisé un atelier qui a réuni la Direction des marchés, consciente de ces problèmes, et les dirigeants des associations des vendeurs et commerçants, pour faire l'état des lieux de la question et étudier les mesures à prendre.

 

Marien Nzikou-Massala, Solange Kibelolo, Dieudonné Moukouamou Mouendo

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com