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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:18

(Syfia/CRP) Sécurité renforcée à Brazzaville. En prévision de l’élection présidentielle du 12 juillet prochain, une nouvelle unité spéciale d'une centaine de policiers, les "nuitards", sélectionnés pour leur sérieux, veillent de 18 heures à l’aube sur la ville. Dans un climat tendu, bon nombre de citoyens se disent rassurés par ce déploiement.

 

La nuit est tombée sur l’arrondissement Ouenzé, un quartier nord de Brazzaville. Sur l’avenue Miadéka, dans leur Toyota corolla XL appelée familièrement "cuisse de poulet" par les Congolais pour son arrière-train imposant, six policiers, pistolets mitrailleurs automatiques kalachnikov (PMAK) en main, courtois, mais fermes, demandent à des jeunes qui se disputent à la sortie d’un vidéo club de se disperser.

À Brazzaville, depuis début mai et jusqu’après la prestation de serment du nouveau président élu, 140 "nuitards" patrouillent dans les limites de leurs arrondissements respectifs de 18 heures à l’aube. En prévision de l’élection du 12 juillet prochain, ils font des rondes toutes les 30 minutes, se placent sur les voies publiques et dans les quartiers "chauds" et interviennent quand ils sont appelés, par exemple pour un cambriolage. Un numéro vert (538 58 77) a été mis à la disposition des habitants. "Notre objectif est d’accompagner l’organisation de l’élection présidentielle, afin de permettre aux citoyens de choisir librement celui qu’ils jugeront apte à conduire les destinées de notre pays", résume le directeur général de la police nationale, le général Jean-François Ndenguet.

 

Calmer les esprits

À la veille du scrutin, le climat est en effet tendu. Fin janvier, des hommes non identifiés ont ainsi tenté d’incendier le siège du candidat opposant Mathias Dzon, qui a ensuite accusé le pouvoir en place. Malgré, la concertation citoyenne d’avril dernier, organisée en vue de la tenue d'une élection présidentielle apaisée, bon nombre d’hommes politiques jettent de l’huile sur le feu. "Notre candidat passera dès le premier tour", assure le Rassemblement pour la majorité présidentielle (RMP). "Si nos recommandations ne sont pas acceptées, il n’y aura pas d’élections", martèle Mathias Dzon et le Front des partis de l’opposition dite radicale. "L’élection présidentielle est le moment de tous les dangers au Congo", résume Claudine Munari, membre de l’opposition modérée.

Aux propos souvent irresponsables des politiques s’ajoutent les dérapages inadmissibles de la presse. "Le pouvoir interdit l’opposition de s’exprimer : Honoré Paka, préfet de Pointe-Noire, a failli brûler la ville de Pointe-Noire", titrait ainsi le 12 mai dernier le journal La Griffe. "Présidentielle 2009 : si on ne fait pas attention la Cour constitutionnelle risque de dynamiter le pays", a surenchéri l'hebdomadaire Talassa, quelques jours plus tard.

Pour tenter de calmer les esprits, les confessions religieuses multiplient ces dernières semaines les messages de paix. Début avril, l’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, a célébré une messe devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Dans son homélie, il a adressé cette prière aux hommes politiques : "Que notre intelligence et notre cœur s’abandonnent à l’amour infini de Dieu, pour que nous apprenions la sagesse et que nous ne revenions pas à notre folie destructrice."

 

 

Premiers échos positifs

Une sorte de psychose s’installe chez certains Brazzavillois qui ont encore en mémoire les violences passées. "Dès que les enfants auront terminé leurs examens en juin, nous irons nous reposer à Pointe-Noire (ville économique en général épargnée par les crises politico-militaires, Ndlr). Histoire de laisser passer le scrutin", confie Bertille. Bon nombre de gens semblent cependant rassurés par les nuitards. "Dans notre quartier, les braquages se font presque chaque semaine. Dernièrement, un professeur de l’Université Marien Ngouabi a été assassiné la nuit par des hommes en armes non identifiés. Si ces policiers multiplient leurs patrouilles dans notre zone, nous dormirons tranquillement", soutient Blaise. Même si aucun bilan complet officiel n’a encore été tiré, les premiers échos du terrain semblent donner raison à cet habitant du centre de Brazza. Depuis que les nuitards sont déployés, certains postes de sécurité de police (PSP) recevraient moins de plaintes pour vol, bagarre ou escroquerie. "Dans la semaine, nous en enregistrions 30 en moyenne, contre cinq à huit aujourd'hui", assure un sergent-chef, lui-même nuitard.

Roger Bouka Owoko, directeur général de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH), se félicite de ces premiers résultats : "Nous devons travailler main dans la main avec la police pour l’aider à bien remplir sa mission. Ainsi, nous aurons la sécurité partout où nous serons." Il s’interroge cependant sur les limites de ce dispositif : "A la fin du scrutin, cette unité va disparaître..." Selon lui, il faudrait mettre plus l’accent sur la formation des policiers, pour que ces derniers soient en permanence opérationnels et mieux formés aux droits humains pour éviter les dérapages de certaines unités dans le passé. À ce jour, aucune plainte n’a en tout cas été enregistrée contre les nuitards, sélectionnés, contrairement à leurs prédécesseurs, pour leur assiduité, leur discipline et leur efficacité.

Leur sérieux semble faire tâche d’huile. Début juin, les officiers supérieurs de la force publique congolaise se sont réunis pour faire en sorte que chaque corps de l'armée veille à son niveau au bon déroulement des élections.

 

 

Marien Nzikou-Massala

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com