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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:21

(Syfia/CRP) Les coupures et les délestages sont très fréquents ces derniers temps à Brazzaville. Avec des conséquences parfois désastreuses pour les hôpitaux et les commerces. Mécontents, les usagers s’entraident et trouvent des solutions de dépannage.

 

Les gamins applaudissent et rient. À Brazza, le retour de l’électricité est un moment de joie pour les habitants qui, ces dernières semaines, vivent au rythme des coupures et des délestages. Les premières durent quelques minutes ou des heures, les seconds plongent les quartiers dans l’obscurité plusieurs jours, voire un mois entier. "Les gens s'étonnent parfois d'avoir la lumière tellement ils sont habitués à être dans le noir !", observe Françoise en contenant difficilement sa colère. "Cela fait un mois que nous n'avons pas d'électricité dans notre quartier. Avant nous l’avions un jour sur deux dans la semaine", regrette Médard Ngollo, un informaticien.

Le retour du courant est souvent une joie de courte durée. La plupart du temps, l’électricité n'est que pour une poignée d’heures et, quand elle revient brutalement avec une intensité trop forte, elle grille souvent les lampes et les appareils ménagers. Autant de motifs de mécontentement pour les usagers… Un responsable de la Société nationale d’électricité (SNE), qui a requis l’anonymat, appelle à la patience : "Des travaux de réfection sont en cours pour que, d'ici un an, Brazzaville soit électrifiée grâce au barrage d'Imboulou (environ 400 km au nord de Brazzaville, Ndlr) d'une puissance de 120 mégawatts. Cela permettra, à défaut d’éradiquer le mal, d’améliorer la desserte en électricité."

 

Inquiétudes dans les hôpitaux et les commerces

En attendant, ces pannes de courant suscitent une vive inquiétude dans les hôpitaux. Les patients venus y passer un scanner sont contraints de revenir un autre jour et les médecins sont régulièrement obligés de reprogrammer des interventions chirurgicales ou d’orienter leurs malades vers des structures dotées de groupes électrogènes. Aux urgences du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU), des agents regrettent ces coupures et ces délestages, mais refusent de parler de leurs conséquences.

Les petites entreprises, qui ne sont pas épargnées non plus, n’ont pas la même réserve. "Cela fait un mois que nous n’avons pas d’électricité. Certaines de nos machines n’ont pu résister aux coupures intempestives. Et nous avons été obligés de refouler des clients. Comment vais-je payer mes travailleurs ?", s’interroge tout haut Valérie Bakouétela, gestionnaire d’un cybercafé. Même inquiétude chez maman Béatrice Laou, propriétaire d’une boucherie et d’un débit de boissons : "Mes clients se plaignent que mes produits ne sont plus aussi frais qu’avant. J’ai utilisé un groupe électrogène, mais il ne peut supporter la puissance de mon congélateur. Heureusement, mes plus fidèles habitués sont restés. Mon magasin, c’est ma bouée de sauvetage. J’ai mis mes économies en jeu…" Peut-être maman Béatrice fera-t-elle bientôt comme d’autres propriétaires de boucherie qui achètent des blocs de glace à des personnes qui ont encore de l’électricité. Avec les "délestages sectoriels", les coupures se font en effet parfois ruelle par ruelle...

Rares sont les commerçants qui arrivent à tirer leur épingle du jeu. Les marchands de bougies, de lampes à piles ou à pétrole et ceux de groupes électrogènes font ainsi figure d’exception. À l’image de Ching Yong, un Chinois, qui dit avoir vendu ces derniers temps un nombre important de lampes à piles. Idem pour Cissé, marchand ouest-africain : "La demande en groupes électrogènes et en moteurs est élevée et nos affaires connaissent une embellie."

 

L’électricité d’abord, le vote ensuite

Tout le monde n’a pas les moyens de s’acheter un groupe électrogène. Les consommateurs s’organisent donc tant bien que mal. Certains apportent leurs provisions chez des parents en attendant que le courant revienne chez eux. D’autres rechargent leur téléphone au boulot. Quant aux ménagères, elles font désormais chaque jour leur marché et celles qui utilisaient un four électrique se rabattent sur le bois de chauffe. Les élèves, eux, font leurs devoirs à la lumière de la bougie ou de la lampe à pétrole.

"Nous demandons au gouvernement de mettre en place une bonne politique énergétique qui permette aux commerçants, aux industries et aux consommateurs en général de bénéficier de l’électricité 24 heures sur 24. L’électricité est un des facteurs du développement", soutient Dieudonné Moussala, président local de l’Association internationale des consommateurs, résumant ainsi le sentiment général.

La colère monte chez les usagers de la SNE. Certains, qui ont fait installer des compteurs affirment que ceux-ci ne reflètent pas leur consommation réelle d’électricité, et refusent de payer les factures. D’autres, à la veille de l’élection présidentielle du 12 juillet prochain, menacent : "On nous demande d’aller voter massivement, mais moi, explique un consommateur qui a requis l’anonymat, tant que nos besoins basiques en électricité ne seront pas respectés, je n’irai pas aux urnes."

 

 

Annette Kouamba Matondo

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com