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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 15:22

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, de nombreuses femmes meurent en accouchant ou peu de temps après. Certaines, en particulier les plus jeunes, n’ont pas toujours fait suivre d’assez près leur grossesse. D’autres sont maltraitées par les sages-femmes quand elles arrivent à l’hôpital ou sont victimes d’un système de santé désorganisé.

 

Au Congo Brazzaville, un nombre important de femmes meurent en donnant la vie ou au cours des six semaines qui suivent leur accouchement. Pour 100 000 naissances, le pays enregistre ainsi 781 décès, alors que la moyenne en Afrique est de 425. Malnutrition, hypertension artérielle, hémorragies, anomalies maternelles ou fœtales, infections après l’accouchement, maladies (VIH/sida, paludisme, tuberculose, anémies)… Les causes de ces décès sont multiples. Pourtant, une majorité de Congolaises enceintes sont suivies régulièrement : 86 % d’entre elles vont aux consultations prénatales et 82 % accouchent en milieu hospitalier.

Mais, selon leur âge, toutes ne bénéficient pas du même suivi. L’enquête démographique et de santé au Congo, menée en 2005 par le ministère et de l’Aménagement du territoire, révèle que les plus touchées par la mortalité maternelle sont les plus jeunes : les 20-24 ans (34 %) et les moins de 20 ans (25 %). Ces femmes vivent souvent leur grossesse précoce comme un drame et procèdent à des avortements clandestins dont les complications sont parfois mortelles.

L’Association congolaise pour le bien-être familial (ACBEF) parle aux femmes enceintes des risques de ces avortements, des infections et des maladies mal ou non traitées. Elle évoque aussi les complications relatives aux grossesses précoces, tardives, nombreuses ou non espacées (l’OMS recommande de laisser au moins deux ans d’écart entre deux naissances) et propose des consultations prénatales, de la santé et de la reproduction. Yvonne Lékomba, majore en gynécologie à l’hôpital militaire Pierre Mobengo de Brazzaville, un hôpital ouvert également aux civils, estime qu’il faut montrer aux futures mères "l’intérêt des consultations prénatales et d’aller à l’hôpital dès qu’elles sentent un malaise, au lieu de se rendre dans des cabinets médicaux privés où le personnel n’est pas toujours qualifié". Il est également important, selon elle de "les avertir du danger des médicaments de rue".

 

Négligence et cupidité

Si la sensibilisation a encore des progrès à faire, notamment en direction des plus jeunes, le personnel des hôpitaux publics, qui accueillent un nombre important de femmes enceintes, n’est pas exempt de tout reproche. "Il se pose un problème au niveau du personnel, du cadre dans lequel les femmes accouchent et des conditions dans lesquelles elles sont reçues", détaille Rachel Ngouoni, secrétaire général de l’Association congolaise de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile (ACLMMNI). Une femme, qui a perdu sa sœur à la suite d’un accouchement, en 2008, dans un hôpital de Brazzaville, confirme : "Les sages-femmes insultent les femmes et vont parfois jusqu’à les taper pendant l’accouchement. Elles préfèrent courir vers celles qui leur donneront beaucoup d’argent et laisser mourir les autres. J’ai perdu ma sœur à cause de leur négligence et de leur cupidité." Plusieurs témoignages du même genre contre le personnel des hôpitaux de Brazzaville montrent que ce cas n’est pas rare.

Victorine Nkala, présidente de l’Association des sages-femmes du Congo depuis 20 ans, reconnaît les faits reprochés, mais refuse de généraliser : "Dans la masse, il y a de bonnes sages-femmes et de mauvaises". Le problème, déplore-t-elle, c’est qu'"on n’arrive plus au métier par vocation". "Une sage-femme qui aime son métier ne peut pas maltraiter les femmes ou voler leurs médicaments, affirme-t-elle. C’est le propre des opportunistes qui viennent au métier avec l’ambition de se faire de l’argent." Depuis 1996, Mme Nkala parcourt le pays où elle anime réunions et journées de réflexion pour ramener ordre et "intégrité morale" dans sa profession.

 

Activités mal coordonnées

Dans les dysfonctionnements observés, l’État a sans doute aussi sa part de responsabilité. Pour Mme Nkala, une partie du problème se situe en amont, au niveau de la formation dans les écoles paramédicales : "Un étudiant peut ou ne pas suivre les cours, l’essentiel est qu’il ait de l’argent pour acheter son diplôme de sortie." Plusieurs sages-femmes se disent aussi frustrées et découragées par leur avancement sans avantages financiers supplémentaires et les nominations à des postes de responsabilité d’autres agents qu’elles jugent incompétents.

Elles déplorent enfin le manque de pharmacies dans les hôpitaux, ce qui complique leur tâche et favorise, selon elles, le commerce illégal des médicaments auquel se livrent plusieurs agents, y compris des médecins. Selon un administrateur du CHU de Brazzaville, qui a requis l’anonymat "les activités dans les centres hospitaliers au Congo sont mal coordonnées et les agents, par manque de suivi, font ce que bon leur semble". "L’État, dit-il, doit veiller à la gestion et la qualité des services." Certains hôpitaux, surtout ceux de l’intérieur, manquent en effet de tout. Les agents qui y sont affectés refusent d’y aller.

Un employé de la Direction de la santé de la famille reconnaît la gravité du problème, mais se veut rassurant : "Le ministère de la Santé prépare un programme qui vise à réduire de moitié, d’ici 2015, la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Pour le lancer, nous attendons les kits d’accouchement commandés par le ministère."

 

 

Dieudonné Moukouamou Mouendo

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com