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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:44

(Syfia/CRP) Depuis mars dernier à Brazzaville, une dizaine d’enfants de la rue de 9 à 16 ans, formés par des professionnels et suivis par des éducateurs, apprennent à fabriquer des marionnettes. L’objectif de cette initiative qui vient de Kinshasa est double : leur faire oublier la violence et leur fournir un petit revenu, voire un métier demain.

 

"Avant, je demandais de l’argent aux gens aux arrêts de bus. Aujourd’hui, grâce aux marionnettes, j’achète mon pain sans tendre la main. Au départ, je prenais pourtant cet apprentissage comme un divertissement", lance Alino, un gamin de la rue devenu marionnettiste itinérant, qui fait ses spectacles aux arrêts de bus et dans des bistrots de Brazzaville. Selon Dorient Kaly, marionnettiste professionnel et formateur, dans des pays comme le Congo et la RD Congo, qui sortent de conflits, l’art de la marionnette est un moyen idéal pour détourner les plus jeunes de la violence et les réinsérer dans la société. Il en est persuadé, les gamins changent ainsi de vocabulaire et adoptent celui du rire, de l’amour et du respect de l’autre.

Depuis mars dernier, une dizaine d’enfants de la rue de 9 à 16 ans, formés par des professionnels et suivis par des éducateurs, découvrent l’art de la marionnette et du conte à l’Espace Tiné, une ONG congolaise. L’idée de cet apprentissage est née de l’autre côté du fleuve Congo, à Kinshasa, où, pendant deux mois, Dorient a encadré en 2007, à l’ONG Espace Masolo, de jeunes ex-combattants. Aujourd’hui, à l’Espace Tiné, à partir de tissu et de papier, les jeunes confectionnent d’autres marionnettes qui font en général 50 cm de haut. Mâ marie we na nzenga (Madame Marie au gros derrière), est sans aucun doute celle qui attire le plus de spectateurs lorsqu’ils la font danser sur de la musique bembé (un peuple de la Bouenza, au sud du Congo, où les femmes sont réputées pour leur imposant arrière-train).

 

Se prendre en charge

Et si, en plus de se divertir et de divertir les autres, les enfants de la rue avaient trouvé un gagne-pain ? Dorient, espère bien que son exemple va faire tâche d’huile : "Nous en avons fait un métier. Pourquoi ne pas le partager avec ces enfants délaissés ?" En juin, avant son départ pour le Festival panafricain d’Alger en compagnie de Dorient, Wijo Muyombo, originaire de Kinshasa, assurait : "J’étais un enfant de la rue ; je suis devenu un marionnettiste professionnel qui commence à gagner dignement sa vie." Ceux qui évoluent en compagnie, touchent des cachets pour des spectacles à l’intérieur (500 000 Fcfa, plus de 760 €) et à l’extérieur (655 000 Fcfa, près de 1 000 €) du pays. Ils utilisent 25 % des recettes pour faire fonctionner la compagnie et partagent le reste entre eux.

A Brazzaville, nos apprentis marionnettistes n’en sont pas encore là. Pour le moment, ils vendent leurs marionnettes entre 5 000 et 6 000 Fcfa (entre 7,5 et 9 €). Les spectacles en public (arrêts de bus, bars, entrées de marchés) leur rapportent aussi un peu d’argent. À chaque représentation, les passants déboursent 100 Fcfa. Certains gamins touchent ainsi 2 500 à 3 000 Fcfa par jour et, au final, parviennent à louer un modeste studio et à se prendre en charge.

 

Scolarité et apprentissage

Pour certaines Organisations de la société civile (OSC), les faire travailler c’est leur permettre de ne plus se sentir rejetés, de faire des économies et, à long terme, d’apprendre le métier de leur choix, même si tous ne deviendront pas marionnettistes professionnels. Un conseiller au ministère de l’Enseignement primaire et secondaire chargé à l’alphabétisation n’est pas du même avis : "La scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans. Il est inconcevable qu’on fasse travailler des enfants plus jeunes, même si c’est une façon de les réintégrer dans la société." Problème : il manque aujourd’hui des structures où ces derniers pourraient suivre à la fois un enseignement classique et un apprentissage pratique comme celui des marionnettes. Il est par ailleurs très difficile de travailler sur le long terme avec les enfants de la rue, qui restent rarement très longtemps à la même place.

L’an prochain, l’Espace Tiné et Dorient Kaly participeront à un projet pilote en la matière. Des marionnettistes professionnels français travailleront avec des ONG qui logent et stabilisent les gamins de la rue. Marionnette en cité réunira quinze de ces enfants et quinze autres du quartier Mpissa (Bacongo) particulièrement touché en 1999 et 2000 lors des incursions des miliciens du pasteur Ntumi. Aussi homogène que possible, l’équipe fabriquera des marionnettes et imaginera des spectacles. Demain, certains apprentis deviendront peut-être conteurs ou marionnettistes professionnels.

 

 

Marien Nzikou-Massala

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com