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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 15:45

(Syfia/CRP) A Brazzaville, devenir chauffeurs de taxi est une des rares possibilités qui s’offrent aux jeunes qui ont abandonné trop tôt leurs études. Certains roulent sans permis ni formation et violent le Code la route sans être sanctionnés par la police. Ils gagnent honnêtement leur vie, mais représentent un danger sur la route.

 

Sur l’avenue de la Paix à Brazzaville, comme chaque jour, l’embouteillage bat son plein. La file impressionnante de véhicules avance à pas de caméléon. Les klaxons retentissent de partout. Certains chauffeurs insultent les autres. D’autres en sourient. Des passagers préfèrent descendre et continuer le reste du trajet à pied. Dans son taxi, bloqué depuis une demi-heure à l’heure la plus chaude de la journée, Guy, 20 ans, transpire à grosses gouttes. N’ayant pas fini ses études primaires faute de moyens, il est devenu chauffeur en 2006. Il n’avait pas alors 18 ans révolus, l’âge requis pour passer son permis. Cyril, 20 ans, est lui aussi chauffeur de taxi. Il exerce cette profession depuis deux ans, mais a commencé à conduire à 16 ans avec son frère, avant de passer son permis en 2008.

La plupart des taxis de Brazzaville sont conduits par des jeunes. Parmi eux : des diplômés, mais aussi des analphabètes. Même si cela est très dangereux, rouler sans permis ni formation est répandu, surtout dans les quartiers périphériques desservis par les mini-cars et les taxis-bus. Être chauffeur est considéré comme un métier facile par les jeunes qui, après trois mois de cours en auto-école parfois mal assimilés, se retrouvent sur la route. Certains ne passent même pas par les écoles de formation et apprennent à conduire dans des garages ou des parkings. "Les jeunes ne sont actuellement pas bien formés. Ils n’ont pas le respect total du Code de la route", regrette Patrick Milandou, secrétaire général du collectif des syndicats des transporteurs en commun du Congo.

Pour la Direction générale des transports terrestres (DGTT), depuis le début de cette année, ils sont au moins 150 à 200 à passer chaque trimestre leurs permis. "Nous constatons un engouement des jeunes vers ce métier depuis 2005. Certains n’ont pas un niveau d’études assez solide pour chercher un emploi ailleurs et sont obligés de travailler le plus tôt possible", analyse un agent de la DGTT. De son côté, le collectif des transporteurs explique ce phénomène par le chômage, mais aussi par la quasi-absence de contrôles des pièces des véhicules depuis 2006. Par ailleurs, le défaut de permis de conduire et les infractions au Code de la route ne sont que rarement sanctionnés par les policiers. "Certains se contentent de nous demander de l’argent (qui ne va pas dans les caisses de l’Etat, Ndlr)", déplore Cyril.

 

Un métier à encadrer

Malgré ces "tracasseries", le métier fait vivre son homme. Orphelin, Guy explique : "J’aime la conduite parce que c’est rentable. Je devais avoir un métier pour m’occuper de mes deux frères et de ma sœur", déclare t-il. Marié et père de deux enfants, Cyril se dit lui aussi heureux : "Je suis à l’aise dans mon travail. Dans la journée, en dehors de la recette, je sors avec 3 500 ou 5 000 Fcfa en poche (5 ou 8 €) et j’épargne un peu chaque fin du mois." En moyenne, un taximan gagne 90 000 Fcfa (135 € environ) par mois. Presque le double du SMIG ! Son salaire est calculé en fonction de la recette journalière sur laquelle le propriétaire du véhicule prélève 20 %.

Grâce à ce métier, même des enfants de la rue, qui vivaient auparavant à l’Espace Jarrot subviennent à leurs besoins et s’intègrent dans la société. Certains ont rejoint leurs proches, d’autres ont créé leur propre famille. "Depuis 2008, nous avons formé 10 à 15 jeunes à la conduite, en les inscrivant dans les auto-écoles. Ils en sortent avec un permis en poche", se félicite Joseph Bikié Likibi, directeur de l’Espace Jarrot et coordonnateur du REIPER, le Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture.

Les besoins et les débouchés sont là, reste à mieux encadrer ce métier. Dans ce but, le collectif des transporteurs, en accord avec la DGTT et la mairie centrale, compte organiser prochainement des séminaires.

 

 

El-Staël Enkari

 

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com