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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 15:46

(Syfia/CRP) Lycéens ou étudiants, des jeunes se lancent sans aucune formation dans la restauration le temps de gagner un peu d’argent. Leurs gargotes ne respectent généralement pas les règles les plus élémentaires d’hygiène et font courir des risques à leurs nombreux habitués.

 

Une odeur de cuisine emplit les narines des passants. Bienvenue à Moza grillade ! À Brazzaville, au quartier Kinsoudi, trois jeunes sortis de la Faculté de lettres ont créé, il y a deux ans, leur gargote. Wilfred, Roland et Daniel, débordés, s’empressent de servir leur clientèle qui, entre 13 et 15 heures, ne fait qu’augmenter. Poulets, poissons, haricot, feuille de manioc, riz…. Tels sont quelques-uns des mets exposés sur une table qui tient à peine sur ses pieds. "À la fin de notre licence, nous voulions continuer nos études en Europe. Cela n’a pas marché. Après une étude de marché, nous nous sommes lancés dans ce commerce. Les bénéfices que nous faisons nous permettent de subvenir aux besoins basiques de nos familles", résume Wilfred. Daniel ajoute : "Au campus, nous avons commencé à nous faire la cuisine nous-mêmes. Aujourd’hui, nous voulons rendre notre espace fréquentable, même si, ces derniers temps, la conservation des aliments est un véritable casse-tête chinois avec les coupures d’électricité interminables."

À Total, un des marchés les plus fréquentés de Brazzaville, chaque soir depuis un an environ, de 18 heures à minuit, Roc Bonga, aidé par ses sœurs, installe son barbecue traditionnel. "Je fais ce travail pour ne pas déranger mes parents qui ont déjà du mal à payer mes études", témoigne Roc, 22 ans, élève de première, qui a longtemps assisté son oncle dans un restaurant. Il précise : "Je me perfectionne jour après jour, mais je n’ai pas les moyens de m’inscrire aux cours d’hôtellerie. J’essaye de mettre la propreté autour de moi pour éviter que les mouches et la poussière ne soient les premiers consommateurs de mes mets !" Brochettes de viande, poulets et poissons braisés... Adultes et enfants s’impatientent autour de sa petite table en attendant d’être servis. Ceux qui partent finissent généralement par revenir malgré la fumée qui imprègne leurs vêtements et leur pique les yeux. "Avec 500 Fcfa (0,75 €), je mange bien, même si ce n’est pas exquis et que l’hygiène est parfois douteuse", explique Virginie.

 

Hospitalisée aux urgences

Ces derniers temps, avec la hausse des prix des produits alimentaires et le manque de temps des travailleurs qui terminent de plus en plus tard, les Congolais sont devenus accros de ces gargotes bon marché qui fleurissent sur les grandes artères comme dans les petites ruelles de Brazzaville. Le manque d’hygiène qui caractérise le plus souvent ces fast-foods ne semble pas effrayer outre mesure les clients. À l’image de Bibish Mouanza, qui a dernièrement été hospitalisée en observation aux urgences de Makélékélé après avoir consommé du haricot et du poulet braisé. Cette fidèle consommatrice a depuis juré de ne plus toucher à cette nourriture. Un défi difficile à relever, avoue-t-elle : "Quand on a l’habitude de ces plats, consommer, on devient comme dépendant."

Des médecins s’inquiètent des conséquences pour la santé de la consommation régulière de ces repas, qui "peut être à l’origine de troubles digestifs (ballonnements, vomissements), notamment chez les enfants". "Par ailleurs, poursuit le docteur Norbert N’doki, chef des urgences de l’hôpital de Makélékélé, la conservation de ces aliments, recouverts de sacs plastiques pose problème. Quand il fait très chaud, ils dégagent des substances toxiques qui peuvent à la longue être nocives pour l’organisme."

Les services d’hygiène semblent débordés face à des apprentis restaurateurs qui ne mesurent pas toujours les risques qu’ils font courir à leurs clients. "Nous faisons des descentes. Nous leur conseillons de veiller à la propreté autour de leurs installations, de bien conserver les aliments et de nettoyer comme il faut leur vaisselle. Si nous constatons qu’ils ne respectent pas ces notions élémentaires, nous les faisons fermer. Mais, une fois chassés d’un endroit, vous les retrouvez dans une autre ruelle", déclare un agent de ces services.

La plupart des jeunes s’improvisent cuisiniers faute de mieux et ne souhaitent pas rester toute leur vie dans cette activité. "C’est un tremplin pour moi. Je compte repartir étudier, mais il me faut pour cela un peu d’argent", explique Roland, de Moza grillade. C’est la même chose pour Roc : "Les soirs où je vends bien, j’ai entre 4 000 et 8 000 Fcfa (entre 6 et 12 €) de bénéfice. Mais ce n’est pas une garantie pour ma vie professionnelle. Et puis, il y a trop de monde aujourd’hui dans ce business."

 

 

Annette Kouamba Matondo

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com