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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 15:48

(Syfia/CRP) À l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, l’application rapide du nouveau programme éducatif Licence-Master-Doctorat (LMD) divise. Bon nombre d’étudiants estiment que leurs Facultés ne sont pas prêtes. Professeurs, syndicats, administrateurs, souhaitent, eux, aller de l’avant et demandent à l’État les moyens d’améliorer leurs infrastructures, leur organisation et la qualité des enseignements.

 

"Les conditions ne sont pas réunies pour bien apprendre grâce au LMD (nouveau programme Licence-Master-Doctorat, Ndlr) à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville. Nous manquons de salles de classe et les enseignants ne sont pas bien préparés. Certains ne viennent pas. D’autres bâclent leurs cours. La plupart sont des généralistes, alors que certaines disciplines nécessitent des spécialistes." Ces propos, d’un étudiant de Master I en économie, résument ce que disent la plupart des jeunes, notamment ceux des établissements où ce système est déjà appliqué. Ainsi, cette étudiante en Master I de droit s’interroge : "Comment peut-on prendre le risque d’adopter un système aussi contraignant et exigeant, alors que les grèves des étudiants et des enseignants se répètent ?"

Le LMD est un programme d’enseignements universitaires aujourd’hui appliqué dans bon nombre d’universités de la planète. Il implique l’augmentation des disciplines et nécessite plus de salles de classe et d’enseignants, de façon à répartir les étudiants en groupes de travail ou de recherche. Par ailleurs, la structuration des cours en semestres exige le strict respect des calendriers universitaires. Gabriel Mvoula Aleka, vice-doyen de la Faculté de droit, résume : "Le LMD est la fusion des systèmes francophone et anglo-saxon. C’est en quelque sorte l’uniformisation de l’enseignement au niveau mondial." Satisfait de son application dans son établissement, Gabriel Aleka estime que les résultats ne sont pas encore visibles parce que le système en est encore à sa phase expérimentale.

À l’Université Marien Ngouabi, unique université publique au Congo, le LMD en est à sa deuxième année d’application à la Faculté de droit et à l’Institut supérieur de gestion et, à la première à la Faculté des sciences économiques et à l’École supérieure polytechnique. D’autres, comme la Faculté des lettres et des sciences humaines s’y préparent tant bien que mal, et comptent s’y mettre dès la prochaine rentrée. Jean Ngoma Maniongui, vice-recteur de l’Université, comprend les craintes des étudiants, mais se veut rassurant : "Des professionnels viendront enseigner. Les étudiants iront dans les entreprises, et, à la fin de leur formation, seront embauchés par ces sociétés ou auront les rudiments nécessaires pour créer leur propre affaire."

 

Nouvelles exigences, nouveau budget

Tous ne sont pas convaincus et certains quittent l’Université pour aller vers les écoles professionnelles privées où ils payent plus cher, mais espèrent étudier dans de meilleures conditions. Sans avancer de chiffres, le vice-recteur reconnaît que des étudiants en droit abandonnent. Brice, titulaire, lui, d’une maîtrise en économie, a ainsi arrêté ses études. "Je voulais m’inscrire en Master I, mais les enseignements portaient sur les mêmes programmes, assurés par les mêmes enseignants, que ceux que j’avais suivis en maîtrise. De plus, les droits risquent d’augmenter."

De son côté, Jean Ngoma Maniongui estime : "Tous les autres pays de la Communauté économique monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) y ont déjà adhéré. Nous ne pouvons pas arrêter au risque de nous isoler. Nous faisons avec le peu de moyens que nous avons." Avis que soutiennent Fidèle Moukamba et Jean Ngouabi, respectivement secrétaire général du Syndicat des enseignants du supérieur et du SyNaLu (Syndicat national de l’Université, regroupant tous les travailleurs) : "Les établissements s’engagent pour arrimer l’Université à la modernité. Ils le font dans l’espoir d’amener le gouvernement à soutenir leur action. Malheureusement, l’appui financier et matériel espéré ne vient pas.

Ce manque de soutien n’est pas forcément une fatalité. "Le ministère, révèle François Sita, conseiller du ministre de l’Enseignement supérieur, a élaboré un nouveau budget de fonctionnement de l’Université qui tient compte de l’incidence financière de l’application du LMD, avec ses exigences, notamment en matière de recrutement de travailleurs. Il l’a soumis au gouvernement et il sera naturellement pris en compte dans le cadre du budget de l’État en 2010."

 

 

Dieudonné Moukouamou Mouendo

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com