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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 15:54

(Syfia/CRP) Pour attirer du public, les musiciens de Brazzaville comme de Kinshasa, n'hésitent pas à faire monter sur scène, ou à montrer dans les clips, des danseuses très peu vêtues qui dansent sans pudeur. Ces filles qui servent d'appât choquent de nombreux Congolais, surtout les femmes.

 

Vingt-deux heures trente, ce 5 août, la 7ème édition du Festival Panafricain de Musique (Fespam) bat son plein. Sur les planches du stade Eboué, c'est la prestation de l’artiste Ferré Gola de la RD Congo. Quatre danseuses, habillées de jupettes qui s’arrêtent à mi cuisse et de caches cœurs qui laissent le nombril à l'air, dansent au rythme de Qui est derrière toi. "Le port des tenues sexy nous permet de danser tranquillement et de captiver notre public lors des concerts. Il est vrai que ses tenues laissent parfois apparaître nos parties intimes", a lâché Bibi, une danseuse de Ferré Gola, avant de monter sur scène. Danseuses et chanteuses, qui accompagnent presque toujours sur scène les groupes musicaux, sont nombreuses aujourd'hui à s'habiller ainsi. Cette utilisation des femmes, voir de très jeunes filles, en tenue estimée indécente par les femmes congolaises suscite leur indignation.

 

Atteinte aux bonnes mœurs

Certes, dans la musique congolaise, la femme est la principale source d'inspiration des auteurs compositeurs : sur 20 chansons, 18 lui sont consacrées. Ce qui fait dire à Jean Serge Essou, 75 ans, leader des Bantous de la Capitale qu'"il est plus facile de composer sur la femme que sur autre chose. Parce que la femme c’est le quotidien, le passé, le présent et le futur. Sans elle, la chanson va se raréfier et peut-être même disparaître, c’est la femme qui vend la chanson." Selon une étude menée en 2002 par Jean Bruno Mitsoko, journaliste chercheur, et publiée en février 2008, sur plus de 16 000 chansons et clips réalisées entre 1945 et 2002 à Brazzaville et Kinshasa, plus de 14 000 ont été consacrées à la femme.

Sur scène comme dans les clips des chansons des deux rives, les déhanchements et les  contorsions des femmes occupent une place de choix, a-t-il aussi constaté. Dans Alia, l’une des vidéos de Koffi Olimidé, on pouvait voir des jeunes filles presque nues se roulant dans un lit de manière lascive, ce qui, pour les Congolais, est une atteinte aux bonnes mœurs. La tenue de scène des hommes est toujours normale et décente, remarque aussi ce chercheur, alors que ce n'est le cas que pour 20% des danseuses.

Le 5 août, au Palais du Parlement, lors de l’élection Miss Fespam, les candidates ont défilé en caleçon ce qui, selon la culture bantou, est une manière de dénigrer la femme. "La cellule familiale au Congo en a pris un coup, car certains parents ne contrôlent plus les filles. L’autorité parentale n’a plus ses assises dans la famille, d’où nous assistons à ces spectacles où les chefs d’orchestres et certains responsables de la culture congolaise laissent les filles à demi nues", se lamente Madame Bernadette Ebaka, directrice au ministère de la Promotion de la femme.

 

Prostitution déguisée

Non seulement la tenue des filles frise la honte, mais les paroles de certaines chansons sont aussi choquantes, décrivant crûment des scènes érotiques avec de nombreux détails. Pourtant, les autorités ne les interdisent pas toujours par faiblesse dans l’application de la loi, comme l’a reconnu le ministre de la Culture Jean-Claude Gakosso, lors d’un entretien à propos des dérapages des artistes.

La femme n’est pas seulement utilisée pour enrichir le contenu des productions musicales. A moitié nue, elle agrémente aussi les soirées dansantes des orchestres. Aujourd’hui, il est difficile de voir un orchestre sur une estrade, de Brazzaville tout comme de Kinshasa, sans des filles. Deux musiciens sur trois affirment que celles-ci jouent un rôle capital pour leur succès.

Pour autant ces filles, dont on exploite le corps, sont généralement très mal voire pas du tout payées pour leurs prestations. Quatre danseuses sur cinq avouent qu’en marge des soirées dansantes, elles pratiquent une prostitution déguisée pour compléter les maigres sous que leur proposent les chefs d’orchestre. Pas question de salaire, tout juste des perdiem variables selon la tâche demandée et l’ancienneté. "Elles servent également de "coussins nocturnes" aux chefs d’orchestres et à certains chanteurs chevronnés. Pour des missions à l’étranger, ces filles paient de leur charme pour espérer faire partie de l’équipe du voyage. Certaines vont jusqu’à hypothéquer leurs per diem pour obtenir des billets d’avion. Une fois en Europe, révèle Jean Bruno Mitsoko. Elles organisent des joutes sexuelles dans les couloirs sombres des dancings."

 

 

Marien Nzikou-Massala

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com