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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 15:58

(Syfia/CRP) Sur le littoral congolais, les tortues marines ne sont plus victimes du braconnage comme il y a quelques années. Les pêcheurs, qui les consommaient ou les vendaient, relâchent désormais devant des touristes celles qu’ils capturent accidentellement. Une activité destinée à financer notamment des projets de développement communautaire.

 

Luths, olivâtres, vertes, imbriquées et caouannes. Chaque année, entre septembre et avril, ces cinq espèces de tortues marines fréquentent les côtes congolaises pour se nourrir, pondre et nidifier. Elles sont alors capturées accidentellement par les pêcheurs. Depuis 2005, Renatura, une ONG franco-congolaise, spécialisée dans la sauvegarde de la biodiversité, les observe.

"Avant notre arrivée, tous les pêcheurs ou presque consommaient ou vendaient les tortues qu’ils prenaient accidentellement dans leurs filets", explique Nathalie Bréheret, coordonnatrice de Renatura. Ce que reconnaissent volontiers les habitants de différents villages côtiers qui apprécient la chair "très délicieuse" de ces animaux. Par ailleurs, leur vente permettait de compenser les dégâts qu’ils occasionnent quand ils se prennent dans les filets. "Au moment de leur capture, les bobines, les plombs ou les flotteurs sont souvent détruits. Or, un filet coûte au moins 300 000 Fcfa (plus de 450 €)", explique Éric Mavoungou, jeune pêcheur de la Pointe Indienne, un village situé au bord de l’Atlantique, au nord de Pointe-Noire.

Mais, aujourd’hui, comme ses voisins de la Pointe Indienne et les habitants d’autres villages côtiers, Éric déclare avoir compris la nécessité de sauvegarder les tortues en raison de leur "imminente disparition". "Nous n’en vendrons plus. Nous n’en consommerons plus. Moi qui en étais friand, j’éprouve maintenant du dégoût à l’idée d’en manger", assure Robert Taty, ancien pêcheur, qui cite la Convention internationale CITES dite de Washington. Signée par 175 pays, dont le Congo en 1983, celle-ci encadre de façon très stricte la commercialisation des espèces menacées d’extinction.

Ce changement d’attitude résulte de l’activité de Renatura qui, ces quatre dernières années, sillonne la côte congolaise pour expliquer l’intérêt écologique de la sauvegarde des tortues marines. Elle organise des rencontres dans les écoles et avec des comités de village sur l’entretien des points d’eau, le respect de l’équilibre écologique de la mer et des rivières, etc. De plus, l’ONG finance la réparation des filets endommagés. Depuis 2005, forts de ce soutien, les pêcheurs ont libéré plus de 5 000 tortues marines qui sans cela auraient été vendues.

 

Trésor caché inépuisable ?

Début juin, les membres de l’Ong se sont mis d’accord avec quelque 1 200 habitants de cinq bourgades du littoral (Pointe Indienne, Bellelo, Bifoundi, Fouta, Nkoti), afin de lancer un "tourisme communautaire". Pour assister à la libération de tortues, quel que soit leur nombre, chaque touriste paye 10 000 Fcfa (environ 15 €). Sur cette somme, 6 000 Fcfa sont consacrés à la réparation des filets et le reste revient au comité du village pour financer des projets d’intérêt général.

Dans ces villages de la façade maritime congolaise, les besoins ne manquent pas. Autorité administrative, le chef de la Pointe Indienne, Dieudonné Mavoungou-Makaya, en énumère quelques-unes : "Nous n’avons pas de dispensaire. Les écoles n’ont pas assez de tables-bancs et nous payons difficilement le vacataire qui enseigne dans notre école primaire. Quant au forage, notre principale source d’eau, il fonctionne grâce à un moteur qu’il faut chaque jour alimenter en carburant." La proposition de Renatura arrive donc à point nommé. "Voilà un trésor caché, mais inépuisable ! Aussi longtemps que les tortues viendront sur nos côtes, elles nous procureront ce qu’il faut pour développer notre village", renchérit Mavoungou-Makaya.

Depuis juin, une centaine de touristes environ ont assisté, admiratifs, à la libération de tortues. Pour l’instant, l’ONG conserve les recettes y compris la part qui revient aux villages. Les chefs n’ont en effet pas voulu que pèsent sur eux "toutes les suspicions", comme le dit encore Dieudonné.

Les tortues ont aujourd’hui pour alliés leurs ennemis d’hier, les pêcheurs. De nouvelles menaces pèsent cependant sur elles. Ces derniers temps, toutes celles qui sont libérées portent des blessures sur la carapace, aux pattes ou à l’anus. Nathalie Bréheret émet plusieurs hypothèses, notamment celle d’une épidémie due à une pollution marine d’origine inconnue.

 

 

John Ndinga-Ngoma

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com