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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 07:59

(Syfia/CRP) Cinquante ans après l’indépendance, les organisations congolaises de la société civile connaissent une évolution en demi-teinte. Syndicats et associations ont obtenu des avancées significatives, mais ont en partie perdu la confiance de ceux qu'ils sont censés défendre.

 

"Le collectif de la santé (groupement d'étudiants, Ndlr) a facilité l’intégration dans la fonction publique de 617 collègues. Je leur ai donc confié mon dossier", confie un étudiant qui a requis l’anonymat. "Nous avons signé la troisième trêve sociale qui a apporté la paix dans les entreprises", se félicite Michel Souza, président de la Confédération syndicale des travailleurs du Congo (CSTC).

Le mouvement associatif et syndical, par ses plaidoyers et ses actions, obtient aujourd'hui des résultats plutôt encourageants. Il le doit en partie à ses prédécesseurs. Etanislas Ngodi, historien chercheur, distingue trois périodes clés de ce mouvement : "De 1960 à 1963, l’émergence des syndicats a provoqué la chute du président Fulbert Youlou. De 1964 à 1991, le parti unique prenait toutes les décisions. Depuis 1991, les contestations syndicales accompagnent la démocratie et facilitent le foisonnement des partis, des associations et des syndicats."

 

Profusion d'associations

Un responsable du ministère chargé du Travail reconnaît les victoires des syndicalistes du début des années 1960 : "Grâce à leurs plaidoyers, ils ont obtenu l’amélioration des salaires et certains avantages comme des indemnités et des primes pour les travailleurs du secteur privé." Daniel Mongo, secrétaire général de la Confédération syndicale congolaise (CSC), explique que le combat est toujours d'actualité : "Nous avons revendiqué et obtenu le droit de grève. Le salaire minimum inter garanti était dans les années 1970 de 700 Fcfa (1 €), il est passé en 2008 à 50 400 Fcfa (76 €) ! Les syndicats discutent en ce moment même de la nouvelle grille salariale et du classement des actifs (travailleurs fonctionnaires selon leurs diplômes, Ndlr) qui va aussi aboutir".

Les associations se sont engouffrées dans la brèche ouverte par les syndicats. Selon un responsable du ministère chargé du Territoire, en 1965, au moment du parti unique, "il y avait à peine quelques associations religieuses reconnues par l’État ". Il a fallu attendre la Conférence nationale pour que le monde associatif prenne son envol. "Depuis 1991, nos services reconnaissent, uniquement pour Brazzaville, 400 nouvelles ONG en moyenne par année. Notre mission principale est de délivrer les récépissés. Le suivi et le contrôle de leurs actions concernent leurs partenaires", indique la même source au ministère.

Peu accompagnées, beaucoup d'associations disparaissent donc rapidement, même si certaines ont une réelle utilité sur le terrain. "Nous accompagnons des victimes de violations de droits de l’Homme devant les tribunaux", expliquent, par exemple, Nina et Amandine, de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH).

 

Méfiance du grand public

Cinquante ans après leur naissance, syndicats et ONG manquent globalement de moyens et sont encore largement perfectibles. Dans leurs luttes, les syndicats semblent freinés par la lenteur de leur interlocuteur (l’État), le manque d'adhérents et donc de cotisations. Et, selon le diagnostic fait en 2009 par le PCPA Congo (Programme concerté pluri acteurs), les associations ont certes quelques réseaux, mais elles présentent plusieurs faiblesses : pas de relation formelle ni avec l’administration publique ni avec le secteur privé, pas de gestion de leurs membres, pas de plans d’action annuels avec des objectifs quantifiables…

La société civile congolaise doit surtout encore faire ses preuves aux yeux de beaucoup de ceux qu'elle est censée défendre. Un travailleur, en activité depuis 30 ans, martèle : "Les associations et les syndicats sont trop politisés. Ils ne défendent pas nos intérêts." Un autre travailleur va plus loin : "Je préfère ne pas intégrer ces structures, en partie corrompues". Plus mesuré, Philippe explique : "Je fréquente des mutuelles actives. Quand j'ai un problème, les autres membres m’assistent." D’autres, comme Patricia, qui a intégré une association de défense des artisans handicapés, cherchent à changer les ONG de l'intérieur et les rejoignent pour défendre leurs idées.

Flaure Thicaya

Août 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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commentaires

Marien NZIKOU-MASSALA 25/08/2010 15:43


je souhaiterais porter un rectificatif en ce qui est le salaire minimun inter garanti dans les années 1970 était de 7000Frs Cfa (10 euros) au lieu de 700 Frs Cfa (1 euro).


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com