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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 08:33

(CRP/Syfia) A Bikakoudi, à environ 20 km de Brazzaville, Alfierine Nkodia alterne entre ses cours la Fac et le maraîchage, bravant les railleries de ses camarades.  Elle gagne ainsi argent et expérience et aide sa famille.

 

"Mes cinq sœurs et moi avons été élevées grâce au maraîchage. Et, depuis la mort de notre père, il y a un an, cette activité est devenue notre planche de salut. Elle nous fait vivre, ma famille et moi", fait savoir Alfierine Nkodia, 22 ans.

Cette étudiante en 3e année en Sciences et techniques de la communication (option relations publiques) alterne entre ses cours à la Fac à Brazzaville la semaine et le maraîchage avec sa mère le week-end à Bikakoudi, une bourgade à environ 20 km au sud de la capitale. Elle exerce cette activité sans aucune gêne, malgré les critiques de ses amies qui considèrent le maraîchage comme avilissant pour des universitaires comme elles.  "Par rapport à mon niveau, je ne me vois pas faire cela. Je préfère à la rigueur être vendeuse dans un magasin", affirme Marielle Nsoni, étudiante en 3e année de psychologie à l’Université Marien Ngouabi. 

Alfierine, elle, est fière de ne pas miser que sur les 135 000 Fcfa (205 €) de bourse allouée chaque trimestre par l’Etat aux étudiants à partir de la 2ème année, parfois au bout de plusieurs grèves... Le maraîchage lui permet de compléter ses revenus et de subvenir en permanence à ses besoins et à ceux de sa famille. Elle travaille ainsi sans relâche, même si cette activité est difficile.  

"Nous passons des heures, ma mère, mes sœurs et moi à enlever les mauvaises herbes sous le soleil. Cette épreuve me pousse à me battre à l’université afin d’aider ma mère de plus en plus faible", explique Alfierine. Elle voit même dans ce dur labeur une sorte de "stage" pour sa vie professionnelle future. "A Bikakoudi, je mets en pratique ce que j’apprends à la faculté : comment fidéliser un client, vanter ma marchandise pour le pousser à l’acheter, l’encourager à revenir sans lui forcer la main, etc. Et je m’en sors plutôt bien !"

Une première expérience concrète qui en appelle d’autres… "Il n’est pas toujours évident de trouver une entreprise qui prend des stagiaires, surtout lorsque ceux-ci en sont à leur première expérience professionnelle. J’espère que le maraîchage m’aidera quand je postulerai pour un stage en bonne et due forme."

 

Patiente et volontaire

Alfierine encourage ses camarades à l’imiter, car "avec la vente de tomates, légumes, ciboule, persil, etc.,  je peux avoir mon argent de poche en permanence et poursuivre mes études tranquillement." Un discours qui a du mal à convaincre certaines étudiantes arrogantes comme Irène : "Je ne me vois pas faire du maraîchage. J’aurai trop honte devant mes amies ! Je préfère me contenter de ma bourse. Et puis, il y a d’autres manières pour se faire des sous…"Allusion à peine voilée à la prostitution déguisée. Gilbert Bikouta, étudiant en 3e année de Droit lève l’ambigüité : "Beaucoup d’étudiantes préfèrent sortir avec des professeurs pour obtenir de bonnes notes et se faire entretenir !"

Alfierine se bat, elle, avec patience et volonté pour assurer seule son quotidien. "Grâce à cette activité, j'arrive à régler mes petites charges : nourriture, photocopies, bouquins, etc. Donc, le regard de mes camarades ne me pose aucun problème, car ce n’est pas mes diplômes qui vont me nourrir, payer ma facture d’électricité, mon loyer, ni assurer la scolarité de mes sœurs !"

Sa motivation est d’autant plus forte que les résultats financiers sont là. "Les grossistes nous facilitent la tâche en venant acheter sur le site, mais je réalise un bénéfice plus important quand je vends seule au marché Total. La planche d’endives, de ciboules, ou de carottes, vendue entre 31 000 et 38 000 Fcfa (entre 47 et 58 €) à Bikakoudi, me rapporte 61 000 Fcfa (93 €) ou plus au marché ici à Brazza. L’essentiel est d’être patiente", explique la jeune étudiante, déjà très mature.

A l’avenir, Alfierine se dit "déterminée" à obtenir sa licence et pourquoi pas continuer avec le maraîchage, mais aussi le marketing. Elle estime en effet que cultiver les légumes "ne doit pas être l’unique source de revenus" pour sa famille.

           

Annette Kouamba Matondo

Octobre 2014

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com