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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:03

(CRP/ Syfia) Ana Nardely Bouanga, 23 ans et mère de deux enfants, vend des légumes à Dolisie pour subvenir aux besoins du foyer. Son compagnon, en recherche d’emploi, admire ses efforts qui profitent à toute la famille.

De teint clair, assez grande, souriante, Ana Nardely Bouanga, 23 ans, est mère de deux enfants. Cette vendeuse vit en couple avec un jeune menuisier d’à peu près son âge, en quête d’emploi. Dynamique, elle semble n’avoir aucun complexe quand on la voit, une cuvette bleue remplie de légumes posée sur sa tête en direction du petit marché de la rue Sibiti, à Dolisie.

"J’ai débuté le commerce par la vente de foufou grâce à l’argent de mon mari. A l’époque,  il travaillait dans une compagnie sucrière. Malheureusement, mon commerce n’a pas marché. Ma mère m’a alors donné 20 000 Fcfa  (30 €). J’ai formulé le vœu suivant : ‘avec cet argent, j’irai de l’avant, le commerce prospérera, cette fois, je ne ferai pas faillite !", se souvient Ana.

Fille de parents maraîchers, la jeune femme raconte avec conviction que son commerce lui procure quelques bénéfices. "Je me lève à 4 heures du matin et je rentre à 18 heures. J’achète une planche de légumes de 15 000 Fcfa (23 €) qui me procure un bénéfice allant de 5 000 à 10 000 Fcfa (de 7,5 à 15 €). Je dépense 2 000 Fcfa (3 €) pour le repas journalier. Le reste est  thésaurisé", fait savoir la jeune femme. Elle ajoute : "De temps à autre, lorsque les légumes se font rares, je bascule vers d’autres denrées, pour maintenir le même rythme de vie."

"Penser au bien-être des enfants"

Ana semble déterminée à soutenir son conjoint jusqu’au bout. "Je trouve ridicule les filles qui trouvent qu’aider son conjoint est absurde. Il faut avant tout penser au bien-être des enfants. Je n’abandonnerais le commerce que le jour où mon conjoint aura à nouveau des moyens." Ana n’est pas la seule vendeuse chef de famille. Une solidarité règne parmi ces femmes. Lorsqu’un client s’arrête, une d’entre elles apporte la marchandise. Si celle-ci est insuffisante, la première fait signe aux autres d’apporter le reste.

Darris Batsona, mère de deux enfants et chef de famille elle aussi, témoigne des bienfaits qu’apporte ce commerce : "J’éprouve du plaisir à contribuer à l’éducation de mes enfants. Vivre à deux, c’est s’entraider." Plus tard, mademoiselle Batsona souhaite apprendre la coiffure avec l’argent qu’elle épargne. Une autre, Bervely Saturnin Kitodi, est fière d’être indépendante : "Grâce à ce commerce, je me prends en charge. J’assure aussi la scolarité de mes quatre enfants délaissés par leur père."

"Actuellement, ma compagne contribue beaucoup à la maison. Cette détermination me touche", reconnaît le partenaire d’Ana, Atias Bikouni. "Ana m’a remis 50 000 Fcfa (76 €) pour passer ma première session du permis de conduire. En cours de route, je me suis dit : ‘cette fille veut à tout prix que nous réussissions !’", se réjouit le jeune homme. Fier de sa conjointe, M. Bikouni se félicite de la maturité de la gestion financière dont fait désormais preuve Ana. "Ses actes m’encouragent et m’attristent à la fois…", confie-t-il, nostalgique de l’époque où c’était lui qui subvenait aux besoins de la famille.

"Les charges sont partagées"

Le beau-père de la jeune vendeuse, un ancien travailleur de l’Office national des postes et télécommunications (ONPT) à la retraite, Adrien Bikouni, félicite cette dernière pour cette entraide. Toutefois, il déplore le fait que les enfants sont parfois seuls lorsque le couple sort pour des occupations diverses.

Les autorités locales, à l’instar du directeur départemental de l’intégration de la femme au développement, Lucien Nzila, pensent que nombreuses sont les jeunes femmes qui, comme Ana, ignorent être des chefs de familles. Selon lui, il faudrait les répertorier et les encadrer. A ses yeux, les maris devraient être conscients que "l’apport de ces femmes dans le foyer leur est bénéfique à tous les deux. Les charges sont partagées. Ces femmes, ayant des activités génératrices de revenus, sont économiquement indépendantes."

Par moments, la courageuse Ana, aînée d’une famille de six enfants, est cependant fatiguée par toutes les tâches qu’elle assume au quotidien : "J’ai l’impression d’être venue accompagner les autres sur cette Terre... Les filles de mon âge dorment paisiblement… Moi, je réfléchis à la journée de demain…" Malgré tout énergique, Ana est déterminée à reprendre ses études de couture abandonnées quelques années auparavant.

Flore Michèle Makoumbou

Mai 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com