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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 16:27

(Syfia/CRP) Dans les campagnes congolaises, des ONG multiplient les initiatives pour transporter des produits agricoles vers les grands centres de consommation. Paysans et commerçants écoulent ainsi plus facilement leurs produits. Les consommateurs y gagnent aussi. Mais, le manque de pistes rurales reste un obstacle à surmonter.

 

Espérance Moukoko est originaire de la Bouenza. Ce département, situé dans la vallée du Niari, entre Pointe-Noire et Brazzaville, sur la ligne de Chemin de fer Congo Océan (CFCO), est l'un des greniers du Congo Brazzaville. La plupart des produits agricoles consommés en ville en proviennent.

Comme d'autres paysans ou commerçants de son département, Espérance bénéficie aujourd'hui de l'aide de la Coopérative des commerçants transporteurs des produits agricoles de la Bouenza (CCTPAB). Cette ONG congolaise, basée à Pointe-Noire, a financé ces trois dernières années le transport de produits agricoles d'une centaine de paysans et de commerçants de différents villages de la région. Elle se charge des frais de manutention et de transport. "Nous mettons à la disposition des villageois des véhicules pour acheminer leurs produits jusqu'à la gare de départ. De là, nous empruntons des wagons du CFCO pour les transporter soit à Pointe-Noire, soit à Brazzaville. Les bénéficiaires de ces aides ne nous paient qu'après la vente de leur production. Ils ne remboursent que les frais que la coopérative a engagés pour le transport", précise Marcel Mampassi, président de la commission de contrôle et de vérification de la coopérative.

La CCTPAB tire ainsi une épine du pied aux cultivateurs et commerçants qui n'ont pas toujours assez de trésorerie pour avancer l'argent nécessaire pour écouler leurs produits. Certaines denrées pourrissent donc dans les campagnes. "Grâce à la coopérative, les 15 000 Fcfa (23 €) pour acheminer un sac d'arachides de 50 kg à Pointe-Noire ne sont plus un souci pour moi, car il y a des fonds disponibles. Je gagne du temps et j'écoule en temps réel. Cela m'encourage à produire plus et à faire fructifier mes revenus !", se félicite Espérance Moukoko.

 

Renforcer les liens producteurs-consommateurs

D'autres initiatives similaires existent. Depuis six ans, l'association Madingo-Kayes développement (MKD) organise chaque saison sèche une foire aux productions locales à Madingo-Kayes, une sous-préfecture située à quelque 60 km au nord de Pointe-Noire. "Nous faisons le ramassage gratuit d'environ 200 agriculteurs de leurs villages jusqu'à Madingo-Kayes. Chacun d'eux expose ses produits à la foire pendant au moins six jours", explique Zinga Mabio Mavoungou, président de MKD. Les visiteurs apprécient. "Je n'aurais jamais imaginé acheter un manioc de 3 kg à un prix aussi bas (100 Fcfa soit 0,15 €) !", se réjouissait, en septembre dernier, Titine, habitante de Pointe-Noire, à l'ouverture de la foire 2010. Une opportunité, aussi, pour les paysans : "Ces moments sont rares. Si cette foire était permanente, nous pourrions nouer des relations de fidélité avec les acheteurs", estime Antoine, un vendeur de vin de palme.

Au quotidien, les solutions durables manquent en effet cruellement et les producteurs sont souvent livrés à eux-mêmes… Il n'existe par exemple pas de bateau pour desservir à partir de l'embouchure du fleuve Kouilou la sous-préfecture de Kakamoeka, enclavée aux confins de la dense forêt du Mayombe. Dans cette même région, la localité de Nzambi est totalement coupée du reste du Congo à cause notamment du mauvais état de la route. Cela explique en grande partie les coûts de transport élevés. "Le montant dépensé ainsi dépasserait la recette des ventes... Il faut donc parfois marcher du village à Madingo-Kayes, ce qui décourage certains paysans", regrette Clémentine Djembo, présidente de Mères sûres-sûres, une association qui exploite des champs de manioc à Madingo-Kayes.

 

Premières pistes rurales

Les pouvoirs publics semblent conscients de ces difficultés. "L'aménagement des pistes rurales a commencé en 2010 à travers le Projet de développement agricole et de réhabilitation des pistes rurales (PDARP)", déclare Gervais Tchibinda, directeur départemental de l'Agriculture du Kouilou. Il ajoute que le département étudie des projets pour collecter et commercialiser les produits agricoles des villages. Comme l'Office des cultures vivrières (OCV) le faisait au début des années 1980. Plusieurs cultivateurs comme Albertine Tsingui regrettent que l'OCV ait fermé en 1988.

En l'absence d'un système national efficace de collecte et de commercialisation, les paysans sont obligés de vendre au prix imposé par les rares acheteurs.

 

 

John Ndinga-Ngoma

Février 2011

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com